12225 - Saint-Georges-de-Luzençon
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| Saint-Georges-de-Luzençon | |
|---|---|
| Informations | |
| Pays | |
| Région | Midi Pyrenées |
| Département | Aveyron |
| Canton | Millau-Ouest |
| Code INSEE | 12225 |
| Code postal | 12100 |
| Population | 1301 hab. (1999) |
| Nom des habitants | |
| Superficie | 4773 hectares |
| Densité | 27,25 hab/km² |
| Point culminant | 782 m |
| Altitude | 340/782 |
| Coordonnées (long/lat) | 02°59'11"E/44°03'55"N |
| Localisation | |
| Jaune = Arrondt ; bleu = canton ; rouge = commune (vert = commune partagée entre plusieurs cantons) | |
Sommaire |
H
istoire de la commune
Ce promontoire dominant la vallée du Cernon, voie d’accès au Larzac, ne pouvait que convenir à un habitat. Depuis quand ?
Près d’un millénaire avant notre ère, les Celtes ou Gaulois s’y trouvent installés.
Après la conquête romaine, et la paix qui s’inscrit de l’an 50 à 400, l’agglomération - le « vicus » gallo-romain à l’appellation inconnue – s’étale en aval, rive droite de la rivière.
Après 400, invasions et brigandages obligent à un repli sur la hauteur initiale, plus facile à protéger. Le christianisme s’y implante ; et les évêques de Rodez y acquièrent des droits.
Vers l’an 900, le petit bourg se fortifie mieux. Il prend le nom de Saint-George, de par l’influence et le rayonnement de deux saints Georges : le grand et le lointain d’Orient, un officier romain ; le petit et le proche, un évêque de Lodève.
Vers 1150, les Templiers y ont des possessions. Le tènement du Temple rappelle leur souvenir.
Comme tout le Rouergue, vers 1250, Saint-Georges passe dans la mouvance du royaume de France.
En 1317, à la création de ce nouvel évêché, l’évêque de Vabres conforte son pouvoir temporel sur le village, en plus de sa juridiction spirituelle. Par son « viguier » ou représentant personnel permanent, il domine et dirige la vie consulaire et municipale. Il s’y construit un petit château, sur la Placette, près de l’église.
En 1360, Saint-Georges comme tout le Rouergue, tombe sous la dépendance anglaise pour quelques années. Dans les pourparlers pour le départ des soldats anglais, l’évêque de Vabres, dans son château de Saint-Georges, joue un rôle prépondérant.
Avec les guerres de Religion, à partir de 1560, Saint-Georges demeuré catholique, subit de furieux assauts et de cruelles vicissitudes.
Après 1630, dans la paix civique revenue, l’agglomération s’étale hors des murs. C’est la nouvelle Place et le faubourg, ou « barry » du Temple.
La Révolution a diverses répercutions à Saint-Georges, notamment sur sa vie paroissiale, officielle et clandestine, mais sans trop d’excès. Les biens locaux de l’évêché de Vabres supprimé sont vendus aux enchères publiques.
Le XIXe siècle et le début du XXe siècle se déroulent sous la double influence conservatrice et progressiste en matière idéologique, deux conceptions qui s’affrontent, sans animosité outrancière. L’activité minière se développe, tandis qu’une nouvelle et vaste église est construite, une fontaine publique est érigée - l’une paraissant défier l’autre – Un grand bâtiment mairie-école publique est élevé de l’autre côté du Cernon, délaissant la Mairie Commune de la Placette. La vieille église romane de la Placette est démolie.
La guerre de 1914-18 voit tomber au front bien de jeunes Saint-Georgiens. Après c’est la fermeture des mines.
Lors de Seconde Guerre mondiale 1939-45, la maison éloignée des Tilleuls sera, dans le plus grand secret, un lieu de décisions importantes résistantes.
La libération s’effectuera dans un esprit compréhensif, quelles qu’aient pu être les opinions des uns et des autres.
La mutation économique qui s’amorce voit diminuer la population de Saint-Georges, passant de 1110 à 775. Elle remonte à 1350, ces dernières années, dans le développement péri-urbain de Millau et de l’axe Millau-Roquefort-Saint-Affrique. MAURY André
Saint-Genieys de Bertrand
Journée foraine de la Société d'Études Millavoises
Samedi 26 Juin 1993 à Saint-Geniez de Bertrand
I - Communication de l'Abbé Pierre, Edmond VIVIER, de Millau
NOTES SUR SAINT-GENIEZ de Bertrand
Pour ces simples notes sur Saint-Geniez de Bertrand, j'ai naturellement mis à contribution ceux qui ont touché le sujet, par exemple le chanoine HERMET, dans ces bénéfices du diocèse de Vabres, pour ce qui regarde surtout la paroisse, l'archiviste NOEL, dans ses châteaux de l'Aveyron, et pour le château, les ouvrages de Jacques MIQUEL. J'ai fait aussi appel à l'ami Pierre HERAIL, qui est, sans conteste, le meilleur connaisseur du passé de cette localité. Ajoutons à cela quelques notes personnelles sur les mines principalement, relevées souvent à l'occasion d'autres recherches.
Des origines de Saint-GENIEZ de Bertrand, on ne sait pas grand chose, ni plus ni moins que pour la plupart de nos villages Aveyronnais.
Disons un mot du nom. Son ancienne forme, dans les documents, était "Saint-GENIEZ de Vertenan". Vertenan, appellation qui reste attachée à des terrains situés un peu en amont et sur la rive droite de l'Avencou (renseignements P. Hérail) était, je pense, le nom originaire du lieu. Celui-ci, lorsqu'il devint chef lieu d'une paroisse sous le patronage de Saint-GENIEZ (greffier de profession, martyr d'ARLES dans les premiers siècles de l'église), dut être dénommé St-Geniez de Vertenan, comme d'autres paroisses devinrent St-George de Valserène, St-Amans de Bouysse, St-Amans de Bouffiac, St-Amans de Trousit, St-Martin de Pris etc...
De "Vertenan" on est passé à "Bertrand". D'aucuns ont paru s'insurger contre cette transformation, réclamer le retour à la forme primitive, comme s'il s'agissait d'une déformation abusive, ce serait, je pense, une erreur : de toute façon il est toujours vain de s'ériger arbitrairement contre des usages spontanés et immémoriaux. Mais surtout, cette transformation de "Vertenan" en "Bertrand" n'a rien d'abusif ; elle est le résultat de l'évolution normale. De même que Londinum a donné Londres, diaconum diacre, cophinum coffre, pampinum pampre, tympanum timbre, et ordinem ordre, etc... de même Vertenan a donné normalement Vertran ; d'autre part, on le sait, le V ancien tend, dans notre langue d'oc Rouergate, à devenir un B ; quant au D final, il n'est qu'une lettre parasite, attirée sans doute par l'homophonie avec le prénom Bertrand. J'ai d'ailleurs relevé les formes intermédiaires, les jalons de l'évolution : Verteran (1630), Berteran (1676), Berterant (1694), Berterand (1742, 1776).
A propos du nom de St-GENIEZ de Bertrand, le chanoine HERMET écrivait en 1929, que dans la région, on appelait aussi ce village "St-Geniez des Pérous", à cause d'une spécialité ou de l'abondance particulière de petites poires en ces lieux. . (comparer avec St-Geniez-des-Ers, allusion sans doute aux lentilles ; on connaît aussi, en Lévézou, St-Laurent-des-Raves).
INSTITUTIONS CIVILES ou POLITIQUES
Saint-Geniez a eu, dès l'époque féodale, ses Seigneurs. Mais, ici comme partout, la chose est loin d'être simple. Quiconque l'étudie pour la première fois, ne serait-ce, par exemple, qu'en feuilletant le troisième volume de l'Inventaire des Archives du Château de Vezins, édition H. BOUSQUET, dont une bonne partie concerne la seigneurie de Saint-Geniez, a l'impression de plonger dans un enchevêtrement quasi inexplicable : il y a divers degrés de seigneuries, il y a, dans un degré donné, des co-seigneuries, indivises ou non, et les transmissions, les ventes, les partages intervenus au cours des siècles, ne sont pas venus simplifier les choses, modifiant sans cesse le paysage féodal de la contrée.
En schématisant un peu, disons que la seigneurie haute, comportant l'hommage et les droits de toute justice, appartient à l'Evêque : l'Evêque de Rodez, puis celui de Vabres, après la création de ce dernier évêché en 1317.
L'Evêque seul gardait droit à l'hommage, mais pour la haute justice il semble bien qu'il l'ait eue en indivision avec la famille de seigneurs locaux, les CREISSELS puis leurs successeurs, ainsi qu'avec les PELEGRY. Ne nous étonnons pas d'avoir là-dessus, au XXème siècle, quelques incertitudes, car, dès 1356, la Notice Officielle des droits de l'Evêque de Vabres (citée par Hermet) avouait que les PELEGRY possédaient "certam partem" de la justice, sans oser préciser davantage.
Ces co-seigneurs exerçaient la justice par un juge, ils avaient un procureur juridictionnel, officiers qui ne résidaient pas en général sur les lieux, à la différence du baille, sorte d'officier de police local. Les fourches patibulaires, insigne de la haute justice, se dressaient sur "le Puech de VERDUS", au Larzac.
La famille de Creissels, qui fût peut-être la première à posséder la seigneurie et le château de St-Geniez, ne doit pas être confondue (comme Noël semble l'avoir fait) avec les vicomtes de Creissels. Il est possible qu'elle ait tiré son nom du lieu d'origine, Creissels, ou même qu'elle fût issue, par voie légitime ou naturelle, d'anciens seigneurs de Creissels, mais ces Creissels, tout nobles qu'ils fussent, n'eurent jamais aucun droit sur la vicomté de ce nom. Ils étaient appelés aussi, parfois, "de Montjaux". Ils eurent pour successeurs, au XVème siècle, les nobles RICARD, venus de Peyrelade, lesquels eurent pour héritiers les GARCEVAL, au XVIIème siècle. Comme, par ailleurs, les GARCEVAL avaient hérité des PELEGRY au début de ce même XVIIème siècle, ils réunirent sur leur nom tout ce qui, à St-Geniez de Bertrand, pouvait se posséder par indivis avec l'Evêque en matière de haute justice.
Au XVIIIe siècle, les biens des GARCEVAL, par suite du mariage de leur dernière héritière, passèrent aux LASTIC Saint-JAL, dont la dernière héritière, à son tour, par son mariage avec François de LEVEZOU de Vezins, apporta tous ses biens, y compris Saint-Geniez, à la famille de LEVEZOU de Vezins, qui le possédait encore à la Révolution.
La propriété la plus importante des seigneurs de Saint-Geniez était le château. Cette construction, dont on ignore naturellement les origines et l'état primitif, est, selon Jacques MIQUEL, spécialiste en la matière, injustement méconnue. Il est typique du château repaire, c'est-à-dire une maison seigneuriale fortifiée mais non entourée d'une enceinte propre et construite dans un site dépourvu de défense naturelle. Les bâtiments s'ordonnent autour de la cour centrale. En façade, la tour de gauche remplit la fonction symbolique de donjon (c'est en fait un grenier).
C'est du XVème siècle qu'il faut dater le splendide corps de logis, long de 10 mètres en façade et profond de 23, qui forme l'aile du repaire. L'église occupe le côté gauche, et en arrière un bâtiment moderne a remplacé une construction plus ancienne. La porte centrale de la façade était défendue par une archère canonnière (fin XVème siècle) et des mâchicoulis. De plus, une ceinture de ces mâchicoulis, dont le parapet, percé d'ouvertures rectangulaires, est pratiquement intact, couronne l'édifice, cernant même les échauguettes d'angle qui agrémentent cette massive construction. La porte déjà mentionnée est en arc brisé, surmontée de ce qui reste d'un écu armorié totalement mutilé. Des fenêtres et croisées Renaissance ont été ménagées, au XVIème siècle, dans le premier étage du corps de logis tandis que le rez-de-chaussée, comme il était d'usage, ne possède que de petites ouvertures.
Le château comporta un fossé, alimenté (autant qu'il pouvait l'être sans doute) par les eaux du torrent du Théron, affluent de l'Avencou.
La famille de VEZINS, ou du moins ceux de ses membres sur la tête de qui étaient le château et autres possessions, n'ayant pas émigré, ne fut pas spoliée de ses biens de droit civil par la Révolution (celle-ci ne lui fit perdre que ses droits et redevances de droit féodal). Elle vendit le château de Saint-Geniez, entre 1850 et 1860, à M. de GISSAC. Les de GISSAC, le revendirent en 1920 à la famille MAURY, qui l'habite actuellement. Il s'y trouvait, m'a dit Pierre HERAIL, des cheminées armoriées, dont certaines ont été vendues.
A noter que les seigneurs de Saint-Geniez possédaient, entre autres domaines, la métairie de Labro (jadis la Bercaduro = la Brèche), qu'ils baillaient à ferme. Ils avaient aussi un droit exclusif à un pigeonnier.
Voilà pour les seigneurs, leurs possessions et prérogatives. Quant à la population, actuellement réunie à la commune de Saint-Georges, elle forma jadis une commune "la communauté des habitants" comme on disait anciennement, fut administrée, à partir d'une époque inconnue, par deux consuls annuels. Elle possédait un four (en 1549, le seigneur du lieu et la charité Sainte Croix s'en disputaient la directe).
A la révolution, la commune fut maintenue, mais les maîtres de l'époque, sans doute peu dévots pour Saint Geniez, remplacèrent son nom, trop chrétien, par celui de Lavencou, emprunté au ruisseau qui arrose la localité. La commune appartint alors au canton de la Cavalerie, qui ne comprenait que la Cavalerie, l'Hospitalet du Larzac et Lavencou. Mais en 1800 la réorganisation administrative du premier Consul fit disparaître le canton de la Cavalerie, ainsi que la commune de Lavencou. Saint-Geniez recouvra son nom traditionnel et fut rattaché à Saint-Georges.
Sur l'importance de la population de Saint-Geniez, on sait qu'en 1349 la paroisse comptait 57 feux, mais le feu étant déjà à cette époque une simple unité fiscale, on ne peut tabler sur ce chiffre pour évaluer le nombre d'habitants. Outre l'agglomération principale, il y avait quelques hameaux ou "villages". Sénil, par exemple, en était un (aujourd'hui simple quartier de Saint-Geniez). Il y avait aussi Séral, Virazels, Las Pauses,...
Au XVIème siècle, les paroissiens interrogés (les chefs de famille seulement) pour la reconstruction de l'église étaient 26 en 1562, 31 en 1564. Plus près de nous, en 1868, le dictionnaire des lieux habités de l'Aveyron, indique, pour Saint-Geniez, 208 habitants ; pour Séral, 36 ; pour Virazels, 16.
Cette population, jadis, vivait, avant tout de la terre, par la culture et l'élevage (y compris sans doute le fromage ?) mais aussi par les mines. Il n'est pas question ici des mines voisines de Houille et d'Alun de Mayres et de Lavencas, qui étaient dans commune de Saint-Georges celles de Saint-Geniez étaient à Séral. Elles étaient exploitées dès le XIVème siècle au moins, d'après deux actes notariés de 1377 qui m'avaient fourni, en 1954, la matière d'une communication à la Société des Lettres (Pr. -Vx XXXVII, 1959, pp. 4 et 15). Par devant M° FONTES, notaire à Millau, noble Bermond de Luzençon, co-seigneur dudit lieu, concéda à perpétuité l'exploitation de mines de charbon, près de Séral, au dessus du pas de la Cluze, à deux habitants de Millau. Ceux-ci ensuite, passèrent contrat avec deux hommes de Saint-Geniez, qui se chargeaient de l'extraction. Ce sont, à ma connaissance, les plus anciens documents concernant l'exploitation des mines en Rouergue.
On trouve, plus tard, d'autres mentions de ces mines, ou "charbonnières", de Séral, dans l'inventaire de Vezins déjà cité, en 1487 (n°375), 1534 (n°188), 1549 (n°224), 1559 (n°279), 1625 (n°315).
Pierre HERAIL m'a précisé qu'à Séral on a extrait de la couperose, comme à Saint-Georges et Lavencas. Il y a quelques années, le groupe de randonneurs millavois Le Bartas a pu visiter les vestiges de ces mines, sous la conduite d'un jeune enseignant, qui nous montra notamment un puits ou prise d'air bien conservé et assez profond.
Ces mines comme toutes celles de notre région (Larzac, Vallée de la Dourbie, etc. . ) n'eurent jamais une grande importance. Le charbon pauvre, lignite, qu'on en extrayait, à une époque ou tout le monde se chauffait au bois, était destiné surtout aux forges, fours à chaux et autres artisanats. J'ignore quels furent les concessionnaires des mines de Séral à l'époque moderne et qu'elle fut leur prospérité.
Sans doute ces charbonnières étaient-elles logées à la même enseigne que celles de Saint-Georges, qui paraissent n'avoir enrichi aucun de leurs exploitants successifs. Elles ont fonctionné, m'a dit Pierre HERAIL, jusqu'après la guerre de 1914-18 et elles auraient repris un semblant d'activité pendant la guerre de 1939-45.
Outre les mines, il faut signaler que Saint-Geniez avait un moulin, comme toute localité possédant un cours d'eau. En 1562, c'était un moulin bladier à deux meules, dont le meunier était Pierre BALDOYN, du village de Sénil. Ce moulin appartenait au seigneur, qui le louait au meunier comme cela se faisait un peu partout (p. ex. en 1615, voir inventaire Bousquet, III, n°313).
Saint-Geniez sous l'ancien régime, possédait une école, dont le local était loué et le régent appointé aux frais de la communauté. On payait aussi un sonneur de la cloche et l'entretien de l'horloge.
INSTITUTIONS RELIGIEUSES : la PAROISSE
Saint-Geniez de Bertrand semble avoir été assez anciennement un prieuré dédoublé, c'est-à-dire ou le prieur et le curé étaient distincts. Le prieur, titulaire du bénéfice, l'administrait, percevait les revenus, assurait l'entretien du temporel mobilier et immobilier, et celui du curé, logement et nourriture, à l'aide d'une pension ou d'une portion dite congrue (= convenable) des revenus. Le curé (de cura, soin, curatus = celui qui a soin ou charge) avait la charge des âmes autrement dit l'administration spirituelle de la paroisse. Il en était encore ainsi en 1562, au début de la crise protestante. Mais ensuite, à partir du XVIIIème siècle, la paroisse eut un prieur-curé, le même personnage assurant les fonctions de prieur et de curé. On possède les noms d'un certain nombre de prieurs, de curés (v. liste donnée par HERMET, noms fournis par Maurice MIQUEL, mes notes personnelles). La liste des prieurs-curés des XVIIème et XVIIIème siècles est assez complète. Le curé fut aussi assisté de vicaires (appelés à l'origine secondaires, car le vicaire, alors, ou vicaire perpétuel, était le curé).
Sous l'ancien régime, quatre ouvriers (deux "vieux" c'est-à-dire de l'année précédente, et deux "modernes", de l'année présente) participaient à la gestion temporelle de la paroisse et à l'entretien d'une partie de l'église (la nef), l'autre, le choeur, étant à la charge du prieur.
A la Révolution, Saint-Geniez, ou plutôt Lavencou, eut un curé constitutionnel, Guilhaume GAZEL. Né à la Bastide Pradines en 1758, ordonné prêtre par "l'Evêque de paille DEBERTIER", en 1792, il fut nommé curé de Lavencou en 1794. Il se retira assez vite dans son village natal et, n'ayant pas mauvaise réputation, après le Concordat, réconcilié avec l'église, il reprit le ministère comme curé de Montégut, où il mourut à 80 ans en 1838.
On a la liste complète des curés de Saint-Geniez après la Révolution jusqu'en 1926, époque où la paroisse cesse d'avoir un curé résidant et fut desservie par celui de Saint-Georges.
En fait d'événements concernant la paroisse de Saint-Geniez de Bertrand, il y a lieu de citer un épisode assez curieux touchant un projet avorté de transfert de l'église. Il nous est connu par une liasse des Archives du château de Vezins (liasse 14, inventaire BOUSQUET III, n° 290). Outre son intérêt pour l'histoire de la localité, cette procédure renseigne sur les événements qui marquèrent dans le pays le début des guerres de religion, ainsi que sur le français approximatif qui se parlait ou s'écrivait en Rouergue, fin XVIème. Il n'en a que plus de saveur. En voici un résumé avec quelques extraits.
Donc, en Juin 1562, noble Raimond RICARD, seigneur de Saint-Geniez de Bertrand, avec l'autorisation de l'Evêque de Vabres, consulta le prieur, noble Guyon de RESSEGUIER et les paroissiens, la plupart assemblés un dimanche, devant l'église, à la sortie de messe, les autres trouvés chez eux en divers endroits, sur un projet de transfert de l'église et de la caminade (presbytère) qu'il avait conçu.
Les motifs en étaient que "l'esglise parrochielle que nos voyons illec seroit pousée en fort mal propice lieu, tant pour rayson de l'obscurité que luy rend le chasteau dud. seigneur que aussi pour le desgoust dez eaues pluviales que prenent leur cors vers lad. esglise en dédécoration du service divin. Et à obvier à cela auroit offert et offre de présent de faire hédiffier une autre esglise de mesmes grandeur, longueur, largeur et auteur, au Puech Arquinel et près du cemetière du présent lieu, que est le lieu beaucoup plus comode à tous les parrochiens et plus héminent et clerc, et ce à ces propres coust et despens, clef en main, en luy quictant icelle (église) qu'est là, pour la seurté et service de son chasteau ..."
Par devant le notaire Jean MONTET, de Saint-Georges, le prieur et les paroissiens donnèrent leur accord unanime, renchérissant même sur les arguments du seigneur en faveur du nouvel emplacement proposé, car le Puech Arquinel est "plus hault, plus cler, que les fenestres pourront estre de toutz coustés et en l'autre esglise ne y avoit veue que d'ung cousté, et estoit fort acquatique (humide), et icelle que se hediffiera là ... n'en sera poinct acquatique, ainsi sera fort clère et dévote pour rayson du lieu que est hault, duquel l'on verra facilement les nyvols (nuages) de loing quant le temps et l'air sera chargé d'ordure et tempeste, et plus facilement les prebstres et parrochiens y pourront donner ordre tant à sonner les cloches que affaire processions et faire oraisons à Dieu pour l'apayser et deffendre ; et davantaige, que sera auprès du cemetière, que n'y a qu'un chemin au milieu, que inclinera le monde plus facilement ... à prier Dieu pour les trespassés et le faire prier aux prebstres et pauvres de la parroisse ... " que la future église devrait être, comme la vieille, pavée (caladée, pasimentée), "emblanchie", et la caminade de même.
Tout le monde était bien d'accord et le seigneur, fort de l'autorisation reçue, n'avait plus qu'à mettre le projet à exécution. Malheureusement, le pays entrait alors dans la malheureuse période des "Troubles", ainsi que les contemporains appelèrent les guerres de religion. Ces événements non seulement contrecarrèrent la mise en train du projet, mais ils amenèrent le seigneur à réfléchir et à proposer une autre solution.
Voilà pourquoi, deux ans plus tard, le 9 avril 1564, "dimanche de Pasquettes qu'on chante en l'esglise à la messe l'introït Quasi modo geniti etc... " nous voyons la procédure recommencer. Par devant le même notaire, le même noble Raimond RICARD, seigneur du lieu, expose d'abord que "à cause des troubles et briganderies faictes ès esglises du Royaume de France par les sédicieux, larrons et voleurs, sous ombre de la nouvelle religion, ces deux ans passés", il n'a pu faire bâtir l'église et la caminade nouvelle sur le Puech Arquinel. Il a différé, dit-il, "tant pour crainte d'une démolition d'icelle église que des séditions ou meurtres que s'en fussent pu ensuivre"
Et l'on apprend à cette occasion que toutes les églises des environs ont été pillées ou ruinées par "les Huganaulx". Elles sont citées : "toutes les églises de la ville de Millau, celles de Compeyre, Creissels, Saint-Georges, Luzençon, Creyssac, Peyre, Comprégnac, Saint-Rome de Cernon, Tiergues, Olonzac, La Bastide Pradines, Saint-Pierre de Gourgas, Lapanouse de Cernon et autres lieux. Toutes celles du pays, donc, y sont passées, "fors que celle de ce présent lieu", car, disent les habitants, "grâces à Dieu, ledit seigneur de Sainct-Genieys les a si bien gardés et défendus qu'aucuns séditieux, larrons, voleurs ni brigands n'en ont pris ni touché cloche, croix, calices, reliques, livres ni autres ornements et joyaux"... de quoy à bon droit tous les paroissiens sont grandement tenus et obligés envers ledit seigneur... "
Mais en même temps, le seigneur fait remarquer que cette défense de l'église n'a été possible que parce qu'elle était toute proche du château. Et voilà pourquoi il s'est avisé que, si l'on construisait la nouvelle église et la caminade là-haut, sur le Puech Arquinel, qui domine le village et le château lui-même, les ennemis éventuels pourraient s'emparer de cette hauteur, d'où ils battraient facilement le château et tout le village "comme il est patent et notoire à le voir à l'oeil".
Aussi, le seigneur de Saint-Geniez, maintenant que "Dieu et le Roy de France ont fait qu'à présent y a bonne paix (on est après l'Edit d'Amboise), envisage-t-il de mettre à exécution le projet de nouvelle église et caminade, mais il propose de les construire ailleurs qu'au Puech Arquinel. Et il a trouvé le lieu idéal : au village de Senil, dans un sien beau jardin, dit "l'hort de Guinou", où il y a largement place pour bâtir l'église et la caminade et même faire un jardin pour le prieur, facilement arrosable avec l'eau de l'Avencou tout proche, "lieu bien plaisant et délectable", bien plan, environné de belles prairies. Et, de plus, cet emplacement n'est qu'à un jet de pierre de Saint-Geniez, ce qui permettra au seigneur d'en éloigner tout assaillant éventuel.
Devant de tels arguments avancés par noble RICARD, qui était évidemment, à Saint-Geniez, la plus haute autorité en matière de stratégie, et qui avait fait ses preuves en défendant déjà si bien l'église et le village, l'unanimité se fit, une fois de plus, pour approuver, chaudement, le choix du nouvel emplacement.
Tout était donc pour le mieux. Il ne restait plus à Messire Ramond RICARD qu'à trouver des maçons pour construire l'église et la caminade; Il les trouva et passa contrat avec eux. Mais nous n'avons pas ce contrat, ni les noms des maçons. Nous savons seulement que le prix-fait fut bien conclu, par un autre prix-fait qui en fut la conséquence et qui fut passé, le 21 janvier 1565 (n. s. ), au château de Saint-Geniez, devant CADARS, notaire de Creissels. Par cet acte, cinq habitants du village s'engageaient à faire manoeuvres, tout le temps que durerait la construction, aux maçons qui s'en étaient chargés. Les cinq manoeuvres engagés étaient Pierre DEVEZE, Barthélémi BALDI, André BERTRAND, Ramond RAOLS et Jean MONROZIE.
Les choses en étaient là, à la fin de la procédure que nous conservent les documents... et elles en sont toujours là, puisque l'église se trouve toujours, en cette fin de XXème siècle, au même endroit où elles se trouvait à la fin du XVIème.
On ne peut guère s'en étonner lorsqu'on songe à ce que vécut notre malheureux pays à cette époque. Nos gens de 1564, qui jouissaient de la paix d'Amboise et voulaient l'espérer durable, n'avaient rien perdu pour attendre. La paix définitive était encore loin, elle ne viendrait qu'après l'Edit de Nantes (1598) et même, pour beaucoup de localités, avec la paix d'Alès (1629). Les misères de ce temps durent faire oublier facilement les inconvénients de l'église "acquatique et obscure", on dut y remédier comme l'on put ou s'en accommoder. Et quand les hostilités eurent cessé, la seigneurie dudit lieu était passée des RICARD aux GARCEVAL et ces derniers ne résidaient pas à Saint-Geniez, puisqu'en 1636 on les voit louer leur château à des marchands de Millau (inventaire BOUSQUET, III n°317). Aussi ne durent-ils guère se soucier de reprendre le projet de construction d'une église et d'une caminade nouvelles, projet dont personne d'autre qu'eux ne pouvait se charger.
Pierre, Edmond VIVIER
II - Communication de Monsieur Maurice MIQUEL, de Saint-Georges de Luzençon
En PARCOURANT les REGISTRES PAROISSIAUX et NOTARIAUX
Au nom de la section du Cercle Généalogique du Sud-Aveyron, je vais maintenant évoquer succinctement les registres paroissiaux de Saint-Geniez de Vertenan, qui nous sont connus de 1673 à 1792, avec une partie manquante, celle de 1760 à 1781.
Ces registres sont déposés aux Archives Départementales de l'Aveyron sous les cotes 2E 235-1 et 2E 235-8. Grâce à l'obligeance de Monsieur Jean DELMAS, directeur des Archives Départementales de l'Aveyron, nous avons pu les photocopier et à l'heure actuelle ces photocopies reliées se trouvent à la mairie de Saint-Georges où tout chercheur peut les consulter à loisir.
Nous avons d'abord relevé les divers prieurs-curés qui se sont succédé dans cette paroisse :
- Le premier acte de Baptême du 19-08-1673 est signé Louis de MONTETY, et il signera son dernier acte en août 1687. Toutefois, par un acte du notaire REFREGIER de Saint-Georges, relevé aux archives Départementales sous la cote 3E 4586, nous savons qu'il avait été mis en possession de ce prieuré-cure, le 1er mars 1658, en remplacement de son oncle Pierre de MONTETY, prieur-curé, qui décéda le 13-01-1688 et sera enseveli dans l'église de Saint-Geniez.
- de septembre 1687 à mai 1690, les actes sont signés : BANCAREL prêtre.
- de mai 1690 à septembre 1744, c'est Pierre, Louis REFREGIER qui est prieur-curé. Toutefois l'on constate que dès 1738 il est secondé dans sa tâche, puisque de décembre 1738 à 1742 les actes sont signés par : GOUDAL prêtre ; de janvier à juin 1742 par : LOUSTAU vicaire et en juin et juillet 1742 par : GUIRAUD vicaire. C'est lui tout de même qui signe à nouveau d'une main tremblante, d'août à décembre 1742. Il décédera le 06-04-1745, à 82 ans dans sa maison de Saint-Georges après avoir reçu le saint viatique des mains de M° Louis BANCAREL, curé de Saint-Georges. Il reçut la sépulture ecclésiastique dans l'église de Saint-Geniez, l'acte ne précise pas l'endroit exact où il est enterré.
- de février 1743 à novembre 1746, les actes sont signés par : BARASCUD prêtre.
- de décembre 1746 à avril 1750, ils sont signés par : Pierre, Jean d'URRE de SANHES, qui deviendra par la suite prieur-curé de Comprégnac.
- en mai 1750, c'est Etienne OSTRY qui assure la succession jusqu'en 1789 ; mais il fut aidé d'avril 1784 à août 1788 par : LACOMBE prêtre délégué, et d'août 1788 à juin 1792 par : MONTOURSY vicaire régent, coadjuteur (A. D. C668). On peut penser que durant la période de 1760 à 1781 où les registres font défaut, c'était bien lui le prieur-curé. Sans doute est-il invalide car il se fit représenter par Mr le Chanoine CARRIERE, à l'Assemblée de la Sénéchaussée de Rodez, qui devait nommer les députés aux états généraux. Il dut refuser le serment constitutionnel ou du moins mourir entre 1789 et 1793 puisque le 20-08-1792 on voit apparaître la première signature d'un curé GAZEL. (Revue Historique du Rouergue N°11 de novembre 1929, page 267)
- L'on sait ensuite que le 14 germinal de l'an II (03-04-1794), le sieur Guilhaume GAZEL fut nommé curé intrus de Lavencou, ci-devant Saint-Geniez, qu'il avait été ordonné prêtre à Rodez le 3 mars 1792 par l'intrus DEBERTIER, après avoir passé 166 jours au séminaire constitutionnel. (R. H. R. N°11 de novembre 1929, p. 268).
Durant cette période qui couvre environ 100 ans, nous avons totalisé : 729 baptêmes, 177 mariages et 453 décès, mais ce dernier chiffre ne correspond pas à la réalité puisque, comme vous le savez, les enfants morts en bas âge ne sont jamais mentionnés.
La lecture de ces registres nous montre aussi l'importance de cette paroisse à cette époque-là, mais il faut bien remarquer qu'à Saint-Geniez lui-même se rattachent les hameaux : de Senil, Sérals, Virazels, Labro, Brouzes et Carbon.
Cette lecture nous permet aussi d'évoquer les familles dont les patronymes connus à la fin du XVIIème siècle existent encore de nos jours et nous sont familiers : les BERNAD, FABRE, MAURY, RAYNAL et PASTRE, cette dernière famille paraissant être la plus ancienne, puisque nous la trouvons mentionnée dans les archives de Vezins au XIVème siècle, tandis que les CABANIER, CALMES, ou GALTIER arrivent en cours du XVIIIème siècle.
Les faits marquants relatés dans les registres paroissiaux sont rares, on notera cependant le baptême d'une cloche le 06-02-1685, dont le prénom n'est pas mentionné. Elle aura pour parrain Pierre de MONTETY, ancien prieur, âgé de 83 ans et pour marraine Marie DELACROIX, épouse du sieur Jean RICARD, procureur d'office.
Ensuite une note du prieur-curé Pierre, Louis REFREGIER fait état d'une somme de SIX livres, distribuée à 21 pauvres de la paroisse soit : trois percevant DIX sols, certainement les plus nécessiteux et dix huit percevant CINQ sols.
Il n'y a pas de profession ou métier extraordinaire, comme partout ailleurs dans les autres paroisses on trouve des paysans, laboureurs, travailleurs, brassiers, cardeurs, cordonnier, meunier etc... mais on relève quand même dans l'acte de mariage du nommé LAURENS Bernard, le 21-02-1675 à Saint-Georges, la profession inattendue et qui a retenu toute notre attention, celle de "maître-joueur de aubois" (hautbois).
Aucun indice ne nous permet de savoir s'il avait des élèves à Saint-Geniez ou ailleurs et dans quel but on enseignait cet instrument.
Pour en savoir plus nous nous sommes penchés sur les registres notariaux de chez M° AUSSEL, notaire à Saint-Georges (A. D. A. 3 E 4488). Le 20-12-1704, nous trouvons Blaise FERRIEU de Creissaguet, maître-joueur de aubois, qui passe un contrat d'apprentissage avec Pierre TIQUET de Comprégnac. Il devra "apprendre à jouer du Aubois dans l'espace d'une année pendant laquelle, ledit FERRIEU sera tenu de nourrir et administrer la dépense nécessaire audit apprenti, comme aussi lui montrera et enseignera deux fois par jour à jouer dudit Aubois, sauf pendant le travail des moissons durant lesquelles ledit apprenti sera tenu de moissonner les bleds avec ceux que son maître lui indiquera et le produit de ce qui sera gagné pendant ledit temps par ledit apprenti sera partagé à égales parts avec son maître".
Un autre acte du 28-03-1698 passé chez M° POUJADE, notaire de Creissels (A. D. A. 3E 6778) nous donne un peu plus de précisions. Il intéresse un maître violon et un joueur de Hautbois. L'apprentissage durera deux ans. Il s'agit de Guilhaume RAYNAL de Saint-Georges qui passe les conventions suivantes avec Claude ROUGET, M° joueur de violon et de hautbois, de Lapanouse de Cernon. Ce dernier s'oblige "d'enseigner le métier de jouer sur le Aubois les choses et airs nécessaires pour s'accorder avec les violons et basses de violes". Suit alors la liste de toutes les circonstances où le maître emploiera l'élève, "dans toutes les fêtes votives, les jours de mariages et les deux carnavals des deux années et ce tant pour profit de son métier que de l'argent qu'il sera capable de gagner en faisant ledit métier". Enfin aux fêtes votives ledit ROUGET le nourrira ou le fera nourrir. Pour les deux carnavals ledit RAYNAL payera sa dépense et si ledit ROUGET ne l'emploie pas il jouera ce qu'il voudra hautbois ou autre. Pour se payer ledit ROUGET prélèvera la moitié de l'argent gagné par l'apprenti.
On peut supposer que c'est Claude ROUGET qui a certainement appris le métier du Hautbois à Blaise FERRIEU, puisque le 27-04-1682 on le trouve à Lapanouse de Cernon, comme parrain du 4ème enfant dudit ROUGET. A moins qu'ils ne soient parents.
Il me semble avoir lu dans mes premiers temps de recherches, qu'au XIXème siècle le Saint Sacrement lors de certaines processions, était escorté par des joueurs de flûtes ou de hautbois, mais malheureusement je n'ai rien noté à cette époque là. Peut-être quelqu'un parmi vous pourrait apporter des éclaircissements sur ce sujet.
Je tiens à signaler que la maison de Blaise FERRIEU à Crayssaguet a été vendue par ses descendants, il y a environ deux ans, à une famille qui nous vient du Département de la Sarthe, que Madame est professeur à l'école de musique de Millau et donne des cours de musique à Crayssaguet. La tradition musicale suit donc son cours dans cette maison.
Avant de terminer je vous ferai part d'une anecdote qui vient confirmer l'ancienne appellation locale de Saint-Geniez des Pérous, relevée par le chanoine Hermet et dont nous a parlé Mr l'abbé VIVIER : (Traduction de l'Ofiroulat, Texte original paru dans l'Ormanac Roergas, 1909 p. 13).
Lou mèro de Sent-Ginieis-lous-Pérous
Le maire de Saint-Geniez des Pérous (Saint-Geniez de Bertrand) était plein de bonne volonté, mais il lui arrivait quelquefois d'employer l'argent de la commune à des entreprises mal justifiées, pour avoir l'air de faire quelque chose.
Une année, un conseiller alla le trouver pour lui dire que la plate-forme de la vieille tour qui porte l'horloge du village était tellement pleine de chardons qu'ils risquaient de disjoindre les pierres et de causer peu à peu la ruine de l'édifice tout entier. - J'y aviserai, répondit le maire.
Et sans tarder, il commanda au charpentier d'établir sur la tour une poulie capable de monter deux cents kilos, ce qui fut fait dans l'après-midi.
Le lendemain matin, tout le village s'assembla au pied de la tour et chacun se demandait ce qu'on voulait faire, quand on vit venir l'âne du marchand ambulant, le ventre sanglé par une large et forte ventrière. On le leva au moyen d'une longue corde passée dans la poulie, jusqu'au sommet de la tour.
Pendant l'opération l'âne se mit à braire, tant qu'il pouvait : - Il a peur, disait l'un. - Il voit les chardons et il a hâte de les manger, disait l'autre.
Enfin, il y arriva et il ne lui fallut pas grand temps pour nettoyer la place, je vous en réponds.
- Voilà une affaire réglée, dit le maire.
- Un bon administrateur ne doit rien laisser perdre.
L'opération n'avait coûté que cinquante francs. (d'avant 1914)
Après cette évocation succincte de la vie paroissiale de Saint-Geniez de Vertenan, j'ai maintenant le plaisir de remettre à Monsieur Michel FABRE, représentant Monsieur le maire de Saint-Georges et à notre président Monsieur Georges GIRARD, un exemplaire des registres paroissiaux de Saint-Geniez de Vertenan, décryptés et mis au propre par la section du Cercle Généalogique du Sud-Aveyron. Je profite de la présence de Madame et Monsieur TASQUE, de Béziers pour dire que ce sont eux qui les ont décryptés et au nom de tous je les remercie pour ce travail fastidieux qu'ils accomplissent avec autant de passion que de désintéressement. Je leur remets donc un exemplaire, ainsi qu'il en a été convenu par les responsables du groupe. Maurice MIQUEL
III - Communication de Monsieur André MAURY de Saint-Georges de Luzençon
COMPTES et COMPORTEMENT d'un CURE de Saint-GENIEZ de BERTRAND dans les ANNEES 1900
Je dois la totalité de la présente communication à Eugène CROS, ancien maire de Saint-Georges, héritier par sa famille maternelle des papiers utilisés, qu'il a bien voulu me confier, et dont je le remercie vivement.
Dans les années 1900, l'abbé Paul FABRE ( ) est curé de cette petite paroisse de Saint-Geniez de Bertrand, alors une communauté de 250 âmes environ, nichée dans ce cirque verdoyant au pied du Larzac.
Originaire du Lévézou, Paul FABRE a été très heureux d'être nommé, en 1891, à 44 ans, par l'administration diocésaine de Monseigneur BOURRET, promu cardinal deux ans plus tard en 1893. Paul FABRE s'est ainsi rapproché de sa soeur, mariée au docteur de la commune de Saint-Georges-de-Luzençon, dont dépend Saint-Geniez-de-Bertrand.
Ses livres de comptes nous révèlent l'existence matérielle de ce prêtre. Tout y est noté, minutieusement, au fur et à mesure. Et au delà de ces simples annotations domestiques, bien des aspects de la personnalité de cet ecclésiastique nous apparaissent. De même nous sont livrés pas mal de clichés socio-économiques de ce temps.
Quels sont les émoluments de ce curé du lieu ? Nous sommes encore en régime concordataire. Il reçoit de l'Etat, chaque trimestre, 250 francs soit 1.000 francs par an.
En plus, il perçoit quotidiennement les honoraires de messes. Ses paroissiens, pourtant peu fortunés dans l'ensemble, lui en procurent généralement suffisamment. Ce n'est qu'assez rarement qu'il en sollicite des curés voisins, de son doyen de Saint-Rome-de-Cernon, ou du secrétariat de l'Evêché. Parfois même, il lui arrive d'en céder.
Les honoraires de messes sont alors à 2 francs. Cela lui fait donc 60 francs par mois. Et en général davantage, car il y a les mariages, les enterrements, les services de neuvaine, de demi-année, d'anniversaires, aux tarifs plus élevés, même s'il en reverse une partie à l'Evêché.
Cette réversion est compensée par le produit de l'offrande de ces diverses cérémonies mortuaires, réservée au curé. Et après les baptêmes, les mariages, il y a souvent quelque don. C'est, en moyenne, mensuellement, près de 100 francs par mois d'honoraires, de casuel ou de dons. Au total donc environ, annuellement, 1.200 francs
Ces 1.200 francs, ajoutés aux 1.000 francs de l'Etat, donnent 2.200 francs, ce qui n'est pas négligeable. Par mois, cela fait 180 francs, logement et jardin assurés.
A titre de comparaison, un très bon journalier, travaillant 25 jours par mois, à 5 francs la journée, gagne 125 francs par mois. Même s'il est nourri en partie, il doit payer son loyer, nourrir femme et enfants. Et encore, il n'est pas sûr de travailler tous les jours.
Notre curé, certes, doit payer sa servante, d'âge canonique s'entend. Il lui donne 420 francs par an, soit à peine 1F20 par jour, nourriture et logement en plus. Il lui reste quand même près de 1.800 francs par an, soit 150 francs par mois, pour son entretien et celui de sa servante.
C'est lui qui tient directement la dépense. Il ne donne aucune avance à sa bonne. Celle-ci doit lui rendre compte chaque fois, et lui rendre intégralement la monnaie, si elle effectue elle même un achat, ce qui est rarissime.
Passons vite sur ses achats de légumes secs, riz, tapioca, macaronis, olives, sucre, etc... , pour constater que ce digne ecclésiastique n'a pas l'âme d'un jardinier. Il achète très régulièrement du jardinage ; et aucun achat de graines ou de plants ne figure dans ses comptes. Il ne plante pas non plus ses pommes de terre. Là encore, pas d'achat de pommes de terre de semence. Par contre, l'acquisition de ces tubercules revient souvent sous sa plume.
Il aime tous les fruits : fraises, pommes, poires, prunes, raisins, noix, qu'il acquiert la plupart du temps chez ses paroissiens. Il apprécie aussi les châtaignes qu'il fait venir par sac de son Lévézou natal. Il les déguste volontiers avec du vin nouveau, qu'il se procure chez un viticulteur de ses paroissiens, ou que ces derniers lui donnent.
L'achat de pâtisserie est assez régulier, tant en gâteaux frais que secs. Chaque année, il est acheteur de coings pour sa provision d'hiver de pâte de coing, gelée et eau de coing.
Même s'il tue, chaque année, un porc gras, il s'offre assez souvent de la viande de boucherie. Il prend soin, chaque fois, de noter s'il s'agit de boeuf, de veau, de mouton, d'agneau ou de porc frais.
S'il se paye habituellement des cornichons pour agrémenter ses viandes, il ne doit pas savourer la moutarde que l'on ne voit jamais sur ses livres de comptes.
Quant aux volailles, notre bon curé en mange fréquemment. S'il ne jardine pas, il adore élever poules, canards, pigeons, qu'il nourrit avec du son, du grain, du maïs, ou de la farine spéciale. Aussi n'achète-t-il jamais des oeufs.
Il fait venir son huile par bonbonne, surtout pour la saucisse de cochon. Pour ses salades il préfère l'huile de noix.
Paul FABRE n'aime pas beaucoup le poisson frais, ni celui de mer, ni celui de rivière. Il ne s'en procure presque jamais. Par contre, la morue, mets traditionnel du Vendredi et des jours maigres de carême, est mentionnée ponctuellement dans ses comptes. Il apprécie aussi les sardines sèches, ou "gendarmes" dans le langage populaire.
La cuisine se fait au feu de bois. L'abbé fait régulièrement l'emplette de fagots de bois sec et de sarments de vigne à ses paroissiens.
Pour se chauffer l'hiver, il utilise bois et charbon : cheminée et poêle.
Le vin, et le bon vin, tiennent une assez large place dans l'ordinaire de ce pasteur de Saint-Geniez. Il n'achète que rarement, et encore par petites quantités, du vin à ses paroissiens. Sans doute ne le trouve-t-il pas assez bon ? Il faut qu'il y soit obligé, dans l'attente d'un arrivage. Par grosses barriques, il le fait venir d'Agde. . En décembre 1896, par exemple, il en reçoit 382 litres, pour 164 francs 65. Et un tel achat se retrouve l'année d'après, à la même époque. Notre homme boit en moyenne son litre de bon vin courant chaque jour.
Entre temps, mais en bien plus petites quantités, il fait rentrer en petits fûts du Bordeaux, du muscat de Frontignan, du Malaga, qu'il met aussitôt en bouteille, car un achat de bouteilles, de bouchons, ressort simultanément sur ses comptes, avec une fois l'acquisition d'un petit entonnoir.
En Août 1898, le vin ayant fortement baissé, il profite de l'aubaine et en reçoit 648 litres.
En 1901, Paul FABRE, pour son vin rouge courant, change de région de provenance. Il abandonne Agde. C'est de Clermont-l'Hérault qu'on lui livre 672 litres de vin.
Le vin blanc, vin de messe ou de table, a évidemment place dans sa cave. Il l'achète par 100 litres à Agde.
Paul FABRE ne dédaigne pas non plus l'alcool, notamment le rhum et l'eau-de-vie de marc de pays, qu'il achète de temps à autre, et parfois en assez grande quantité pour le faire bien vieillir ; et ensuite le déguster ou le faire déguster, car il a l'hospitalité généreuse. C'est ainsi qu'en mars 1901, il se procure 33 litres d'eau de vie de pays pour 48 francs 50.
Il ne faudrait pas pour autant faire trop vite de notre curé, très aimé dans sa paroisse, un alcoolique. Pratiquement tous les hommes de ce terroir consomment autant d'alcool.
Ce goût assez marqué de l'alcool chez le curé FABRE est tempéré, assez rarement il faut le dire, par l'achat de bouteilles d'eau de Vals, après peut-être quelques libations trop copieuses, car l'homme d'assez forte corpulence paraît être un assez grand mangeur et buveur.
Il aime le café et même quelquefois le thé, qu'il confectionne surtout pour sa soeur, l'épouse du docteur DURAND, de Saint-Georges, en visite à Saint-Geniez.
L'achat de tabac figure dans ces comptes, encore qu'il ne semble pas être un gros fumeur ; ou encore les frais de coiffeur qu'il désigne sous le terme de perruquier.
Dans ces colonnes, la part du pauvre n'est pas oubliée, avec de petites aumônes régulières. Une fois il paye le cercueil d'un mendiant mort à Saint-Geniez, et officie gratuitement pour ses obsèques.
S'il a ses pauvres attitrés, il a aussi ses emprunteurs, mais ses intérêts sont faibles, parfois même inexistants.
Il n'oublie pas ses petits clercs qu'il rétribue en menue monnaie et sucreries ; ni le facteur et son calendrier.
Chaque fin d'année figurent les mêmes rubriques. Il y a acquisition d'une belle dinde et de truffes. Autant pour les truffes que pour les bonnes oeuvres de fin d'année : 5 francs pour les unes et les autres. Puis notre abbé savoure, ou distribue autour de lui : figues, chocolat, bonbons au chocolat, dragées, oranges, biscotins. Par contre, il ne doit pas parmi ces friandises de fin d'année aimer les dattes, car ce fruit exotique ne figure jamais sur ses livres.
L'achat de bougies, de pétrole pour l'éclairage revient souvent, comme celui d'allumettes, surtout dans les mois d'hiver.
En janvier c'est l'achat du cochon. Un porc de 150 kilos environ, qui lui coûte de 100 - 110 francs à 180 selon les années, soit de 5 à 9 honoraires de messes. Le tarif de l'égorgeur est toujours de 1 franc, ainsi que celui de la femme venant l'aider toute la journée à confectionner toute cette charcuterie. Quand, à la fin de l'été, il a fini de savourer la saucisse de son cochon, il en achète chez le charcutier.
En ce mois de janvier Paul FABRE se procure un agneau. Et, en ces mois d'hiver, il soigne aussi sa gorge et ses rhumes en achetant des pastilles de miel.
Chaque année, sur le livre de comptes, à l'ouverture de la chasse, il y a l'annotation d'un lièvre. Et très souvent, avant la fermeture, un second apparaît. A cet effet, une année, il doit faire réparer son tourne-broche et le "flambadou" ou capucin.
Par sa table notre curé fait bien figure de notable dans sa petite paroisse de modestes paysans, de journaliers, d'ouvriers mineurs aux mines de Sérals ou de Saint-Georges, tous plutôt désargentés. En ce temps concordataire, le proverbe populaire se vérifiait bien à Saint-Geniez :"Aucun Dominus Vobiscum n'a fait encore mourir de faim"!
Mais il y a plus que les indispensables nourriture du corps. Et celle de l'esprit, dira-t-on ? Cet ecclésiastique ne nous apparaît pas du tout comme un intellectuel.
Sur le plan théologique, il n'achète, chaque année, que le livre exigé par les conférences du doyenné. Très minutieux, il le fait ensuite relier après usage.
Au plan spirituel, il se contente sur plusieurs années d'un "Mois de Saint-Joseph". Par contre, il aime parcourir les "Annales de Lourdes" et celle de "L'oeuvre de la Sainte Enfance".
Outre l'indispensable "Revue Religieuse", hebdomadaire de l'Evêché, et l' "Ordo diocésain", n'entrent dans son presbytère comme journaux et publications que "L'Union Catholique" de Rodez, de parution quotidienne, et "La Croix de l'Aveyron" hebdomadaire. Quant à "La Croix de Paris", il s'y abonne très irrégulièrement. Par contre, il est très fidèle à "La Libre Parole", cette publication à l'antisémitisme très marqué. Il participe à l'élan missionnaire de l'époque par un abonnement à "La Propagation de la Foi"
De temps à autre, il fait venir quelques minces publications, tel un "Rouergue illustré" ; et pendant quelques mois, il reçoit "le Dimanche littéraire".
Notre homme est assez épistolier, car les rubriques "papiers à lettres", "cartes de visites", timbres, encre, figurent très régulièrement dans les colonnes de ses agendas.
S'il n'est pas jardinier, Paul FABRE est quelque peu bricoleur. Des clous et quelques outils paraissent dans ses comptes ; de même que l'acquisition d'un niveau. Il confectionne un garde-manger et remplace lui-même les carreaux cassés.
L'abbé est attentif à la bonne tenue de son presbytère. Il fait refaire les matelas et rempailler les chaises. Il change les rideaux trop usagés de la cuisine, fait réparer le buffet de sa salle à manger ou sa grande pendule. Il récupère et utilise un encadrement pour une gravure qui lui plaît. Il fournit à sa laveuse un baquet tout neuf et une grande lessiveuse. Il veille toujours à avoir à l'avance du savon bien sec. Il achète une nouvelle lampe à pétrole à suspension. Il renouvelle par douzaines, serviettes de table et de toilette ; ainsi que des draps de lit par l'achat d'une grande surface de toile "ni trop fine, ni trop grossière". Il commande un édredon à plumes, bien chaud. Il ne semble pas utiliser le bonnet de nuit, article qui ne tombe pas sous sa plume.
Il remplace vaisselle cassée par la venue de nouveaux plats, pots, assiettes, bols, cafetières, sucrier, qu'il désigne globalement sous le nom de "terraille". Il renouvelle les casseroles ou encore un balai, il apprécie les toiles cirées, ce qui ne l'empêche pas, assez fréquemment de faire confectionner une belle nappe blanche, pour recevoir confrères ou invités familiaux. Pour ces grandes occasions, il fait aider sa servante par une ou deux femmes de la paroisse.
S'il entretient bien sa maison, il soigne aussi sa garde-robe. Il sait commander soutane, douillette, chapeaux, barette, camail, souliers, pantoufles, chemises, gilets de flanelle, bretelles, culottes; L'hiver, il porte des galoches.
Sa famille ou sa servante doivent lui tricoter gilets ou chaussettes, car la rubrique laine apparaît chaque année dans ses dépenses. Il fait durer ses souliers ; les notes de réparations du cordonnier sont régulièrement inscrites. De même utilise-t-il pas mal de cirage, les chemins étant boueux et ses souliers crottés ou poussiéreux. Et pour sa toilette, il se sert de savonnettes, et bien sûr de savon à barbe, faisant affûter de temps à autre son "grand rasoir-couteau"
Notre curé est encore attentif à renouveler son stock d'hosties, à payer ses contributions et ses journées de prestations sur les chemins de sa paroisse. De même, pour ses comptes personnels avec l'Evêché, tout est noté de la part qu'il reverse. Quand il bine, c'est-à-dire quand il célèbre une seconde messe, ce qui est le cas le dimanche, il ristourne à l'Evêché l'honoraire de la seconde messe.
Nous ignorons la tenue de sa comptabilité paroissiale, avec les quêtes ; ou encore celle de la fabrique ou patrimoine paroissial, chargé de l'entretien de l'église de Saint-Geniez. Ces documents sont peut-être aux Archives Diocésaines. Nul doute que l'une et l'autre soient tenues avec la même rigueur.
Ses déplacements aux environs de sa paroisse sont assez fréquents. Il va très régulièrement visiter sa soeur, son beau-frère DURAND le docteur, et ses deux nièces Pauline et Manou, à Saint-Georges, où il aime faire les achats les plus courants. A l'occasion des journées d'Adoration Perpétuelle, il se rend à tour de rôle dans les paroisses voisines. Il note chaque fois, les frais de déplacement.
Très fidèle aux retraites sacerdotales du Grand Séminaire de Rodez, il n'oublie pas d'inscrire le prix du voyage, de la pension et des divers achats. Sa joie est grande d'aller, en plein été, dans sa propriété familiale des Crouzets, paroisse de Mauriac, Commune de Saint-Laurent du Lévézou, dont il est co-propriétaire avec sa soeur de Saint-Georges, et qui est louée à un fermier. Une chambre est là pour le recevoir, dans la maison de maître. Il laisse l'entière gestion du domaine à son beau-frère de Saint-Georges, le médecin, qui encaisse les fermages, acquitte les impositions, assure l'entretien des bâtiments.
Paul FABRE lui abandonne sa part du revenu restant pour aider l'éducation de ses deux nièces. Il laisse volontiers son offrande à la paroisse de Mauriac, à laquelle il est très attaché.
Son grand voyage est Lourdes, dont il ramène chapelets, médailles, images, pieux souvenirs, sans oublier "les cailloux du Gave". Il s'offre une excursion dans les Gorges du Tarn ; et de temps à autre, il participe à la journée des anciens du Petit Séminaire Saint-Pierre, près Rodez.
Par sa minutieuse comptabilité, l'abbé sait à tout moment où il en est de son avoir.
L'abbé vit bien. Il est assuré du lendemain. Sa trésorerie est large, qu'il conserve presque en totalité chez lui dans son presbytère, dans quelque cachette. Il ne cherche pas à la faire fructifier, ou très peu, pour une minime part, année par année.
Par contre, en 1904, sentant venir l'orage de la Séparation entre l'Eglise et l'Etat, il songe à un avenir peut-être plus problématique. Alors, il se préoccupe de faire fructifier ses économies. A cette fin, il commande "le livre conseil du Capitaliste".
En Mai et Juin 1904, il place la somme de 2. 000 francs à la Société Générale de Millau, dont une partie en titres Russes, il comptabilise ensuite intérêts et coupons. Il adhère à une ligue de Défense Sacerdotale, où l'aspect financier n'est pas négligé.
En 1905, intervient la Séparation. Fini le traitement de 1. 000 francs par an de l'Etat. Toutefois, comme il a cotisé par ce traitement, depuis déjà de nombreuses années, en vue d'une retraite, il touche de l'Etat une retraite annuelle de 250 francs, le quart de son traitement d'avant. A cela s'ajoute une compensation annuelle de 175 francs de la part de l'Evêché. Au total donc 425 francs, soit les 42, 50 % de son ancien traitement officiel.
Pour maintenir son pouvoir d'achat, il obtient ou impose de sa servante une baisse de son salaire. Et son beau-frère lui rétribue désormais sa part sur les revenus de la ferme des Crouzets, soit environ 400 francs par an. Par contre, il doit cotiser, assez lourdement, à une caisse de retraite diocésaine. Pour en constituer le premier capital, il doit verser 300 francs.
A quelque chose près, avec une baisse quand même, le train de vie de notre bon curé se maintient donc.
Comme auparavant, il continue d'aller de temps en temps à Lourdes, d'acheter son cochon, de manger sa dinde truffée à Noël et de distribuer les mêmes étrennes à ses nièces et à ses petits clercs. Il conserve les mêmes abonnements de journaux, avec en plus la "Revue de Rome". Depuis la Séparation, ce prêtre de formation gallicane se rapproche de Rome, même s'il conserve farouchement le rabat campé sur le col de sa soutane, signe de gallicanisme, abandonné par le jeune clergé.
Et quatre ans après la Séparation, en 1909, il effectue un placement de 500 francs à la Société Générale de Millau. Il s'achète de beaux chandeliers personnels en argent, un solide sac de voyage en cuir, et change ses lunettes car sa presbytie progresse.
En janvier 1910, à l'âge de 63 ans, notre brave curé se retire près de sa famille à Saint-Georges, dans une petite maison en location, où il apprécie l'éclairage électrique. A la même époque, son beau-frère le docteur abandonne lui aussi sa profession. Avant de quitter sa paroisse, Paul FABRE s'achète un calice personnel de 115 francs, renouvelle son jeu de bréviaires, et verse 1. 000 francs à la Société Générale.
Il aménage son nouvel intérieur : descentes de lit, rideaux. Il fait forger de beaux landiers pour sa cheminée, après avoir fait rentrer et débiter un stock de bois. Toujours soucieux de sa garde-robe, il se fait confectionner une soutane d'été et divers vêtements.
Pendant quelques temps, il conserve sa servante, au gage annuel encore comprimé. Puis, il fait tenir son intérieur, quelques heures par jour, par une personne du village, Eulalie, qu'il paye à la semaine.
L'abbé qui ne s'était pas intéressé au jardinage pendant son ministère, préférant acheter ses légumes, y consacre maintenant du temps. Est-ce pour mieux occuper ses loisirs ou par nécessité économique devant la baisse, relative, de son pouvoir d'achat ? Après avoir fait grillager son jardin, il se procure pelle, pioche, bêche, râteau, arrosoir, du fumier, des plants et semences.
Dans son nouveau petit budget de retraité, de nouvelles dépenses figurent, toutes à son honneur. Il verse son denier du culte et il effectue régulièrement des dons à la paroisse de Saint-Georges. .
En juillet 1914, il est à Lamalou-les-Bains pour une cure.
Dans sa retraite Saint-Georgienne, il voit la guerre de 1914-1918. Alors, il place ses nouvelles économies en Bons de la Défense ; et pour mieux être informé des opérations militaires, il s'abonne à "l'Echo de Paris".
Après la guerre, il subit les méfaits de l'inflation. Son capital en banque est fortement dévalué ; ses intérêts aussi. Et les titres du gouvernement Impérial de Russie envolés ! Sa retraite d'Etat n'est guère revalorisée. L'Evêché se montre beaucoup plus restrictif à l'égard des prêtres retraités. Par contre, les honoraires de messes sont bien relevés au cours du jour.
Avec l'âge, Paul FABRE requiert le médecin du village, le docteur LAFON, qui a pris le relais de son beau-frère. Il a des frais de pharmacie. Et pour lire plus facilement, il a plutôt recours à des lorgnons qu'à des lunettes.
Paul FABRE décéda au printemps 1932, à l'âge de 85 ans.
Le dépouillement attentif de ses livres de comptes m'a paru éclairer bien des aspects économiques de ces décennies écoulées. Et la lecture de cette communication au coeur même de son ancienne paroisse m'a semblé un hommage mérité à ce si charmant village de Saint-Geniez-de-Bertrand.
André MAURY
Complément trouvé sur Internet au sujet du violon
A ce sujet," notes prises après lectures";
Ménétriers, nom qu’ils cessèrent de prendre et qu’ils changèrent en joueurs d'instruments hauts et bas. Cette séparation,avait eu lieu en 1397. Les nouveaux règlements de la société furent approuvés par Charles VI, le 24 avril 1407. Le roi des ménétriers, devenu plus tard ROI des VIOLONS, exerça son empire sur la France jusqu'en 1773, où Guignon, le dernier roi de cette espèce, voulut bien abdiquer. Les roi de France avaient successivement confirmé la charge de roi des violons par des ordonnances.
CERCLE GENEALOGIQUE du SUD-AVEYRON
Assemblée Générale à l’Hospitalet du Larzac
9 septembre 2001
LES MINES DE CHARBON DU LARZAC ET DE LA DOURBIE
par Jean DELMAS, directeur des Archives Départementales de l’Aveyron
Le Causse du Larzac et le Causse noir renferment entre le niveau bajocien et le niveau bathonien une couche de charbon ou plus exactement de stipites qui a particulièrement attiré l'attention des géologues et celle des exploitants en période de guerre et de difficulté économique : charbon de puissance calorifique exceptionnelle, il aurait sans doute donné lieu à une exploitation plus organisée, si les couches n'avaient été difficiles d'accès et d'extraction (0,50 à 0,80m. d'épaisseur). En outre quand le chemin de fer qui aurait pu lui fournir des débouchés plus faciles vint à proximité (Millau, L'Hospitalet, Nant-Comberedonde), il favorisa au contraire l'arrivée du charbon des centres houillers, si nombreux au sud du Massif Central :Alès, Graissessac, Carmaux, Aubin-Decazeville. Aussi cette exploitation fut-elle limitée aux besoins de l'économie locale et réservée à la population du voisinage, ce qui permit de fournir à celle-ci du travail en temps de crise, voire, pour certains, d'échapper au S.T.O..
La Série S des Archives départementales de l'Aveyron et le précieux inventaire dressé par Rouire en 1946 permettent de faire le tour des ressources du sous-sol. On trouve d'abord Saint-Georges de Luzençon et Saint-Geniez de Bertrand, où l'alun attira en premier l'attention des géologues (société fondée en 1785 par Fr. de Morlhon avec les conseils de Chaptal). Les galeries s'avançaient jusqu'à 550 m. A côté, Creissels ne donna pas ce que l'on espérait. En revanche, la mine du Mas-Nau (concession en 1850) avait une production annuelle de 1500 à 1660 tonnes par an. Elle fut exploitée en 1917 par le Société des Charbonnages de Millau. On trouvait sur la rive droite de la Dourbie la concession du Monna, celle de la Roque Sainte-Marguerite (1830), qui alimenta vers 1900 l'usine à gaz de Millau, et celle de Gardies (1859-1934) sise dans la commune de Revens (Gard), mais dont le débouché était essentiellement aveyronnais, puisqu'un téléphérique transportait sur la route de Millau à Nant, les 1200 tonnes de production annuelle. La mine la plus importante était celle des Moulinets (Nant), sur la rive gauche de la Dourbie (concession 1860, reprise en 1900), avec une production de 3000 tonnes par an et une commercialisation par charrettes dans l'Aveyron, le Gard et l'Hérault (jusqu'à Montpellier!). Plus haut, sur la rive droite, à la limite du Gard et de l'Aveyron et proches de Cantobre, on trouvait la concession de Balmarelesse (1855) avec les mines des Plos et de Saint Sulpice, et enfin la concession de Barjac (Saint-Jean-du Bruel).
Enfin sur le plateau du Larzac on avait quatre concessions : les Liquisses (1824) dont les terrils et quelques départs de galeries sont encore visibles. On y pénétrait par des puits dotés de grand treuils de bois. Des problèmes d'aération et d'infiltration nuisirent malheureusement à leur exploitation. A La Cavalerie (1835), au contraire, les failles naturelles facilitaient l'écoulement des eaux et les galeries étaient saines. En outre le charbon profitait du trafic du vin du Languedoc en Aveyron par le Larzac, puisque les charretiers avaient leurs charrettes disponibles dans la descente. Mais le camp militaire créé au début du siècle n'était pas compatible avec une exploitation charbonnière. A cette concession s'ajoutaient au nord et à l'ouest celles du Jonquet et de Lescure (Lapanouse-de Cernon).
Le bassin du Larzac ne présente pas seulement l'originalité géologique (c'est le seul secteur en France où la houille stipite a été exploitée) et économique que l'on a indiquée au début. Il figure aussi parmi les régions où l'exploitation a été la plus ancienne : ainsi la mine de Saint Geniez de Bertrand a été exploitée au moins depuis 1377 : on y rechercha d'abord la couperose ou vitriol (sulfate divers). Elle fit l'objet à la fin du XVIIIe siècle d'une véritable activité industrielle à laquelle il faut rattacher, ainsi qu'on l'a dit, le nom du grand chimiste Chaptal. Le secteur minier des Liquisses est connu depuis le XIVe siècle, mais on s'intéressa sans doute d'abord au minerai de fer, qui était à proximité. Les autres mines ont été au moins exploitées depuis les XVIe et XVIIe s. On voit que pour le domaine du roi, le gouverneur général des Mines de France était représenté à Millau par un commis général très vigilant (Le Mas Nau, 1561). On voit que les ordres religieux (abbaye de Nant, Hospitaliers du Larzac) ou les grands seigneurs (les Roquefeuil) accordaient des concessions auxquelles celles qu'autorisera l'Etat au XIXe siècle se ressemblent comme des filles. On y voit des prospecteurs, comme un certain Roche de Nant, acquérant une réputation de géologues sur le tas, des sociétés à petit nombre d'associés, mais déjà bien organisées, et distinguant les fonctions : mineurs, manoeuvres, transporteurs, forgeron ; charbon de forge, charbon de four à chaux... On y voit apparaître et mettre en pratique dès 1619 le principe du congé de maladie payé par les associés ! C'est peut-être un des plus anciens cas en France. A l'originalité géologique et économique, s'ajoute dons une originalité sociale et humaine, qui donne à ce domaine de notre histoire un intérêt exceptionnel.
Fondation d'une société de Secours Mutuels
Conformément au titre III de la loi du 29 juin 1894, il est institué pour les ouvriers et employés des mines de Saint-Georges de Luzençon une Société de Secours Mutuels qui prend le titre de Société de Secours de Saint-Georges de Luzençon. Les statuts ont été approuvés le 8 septembre 1895 Conseil d'administration : Président : BERNARD Eugène Secrétaire : ALDEBERT Alexis Trésorier : GINIER Eugène Membres : ARGUEL Benoît, ARNAL Pierre, COMBES Eugène, FOURCADIER Hippolyte, TEYSSIER Joseph, VEYRIER Justin Pour l'exploitant le régisseur des mines : E.GINIER
Démographie
| Année Nombre |
1794 1032 |
1801 - |
1806 1 696 |
1820 2 089 |
1831 1 653 |
1841 1 693 |
1851 1 710 |
1861 1 655 |
1872 1 746 |
1876 1 653 |
| Année Nombre |
1881 1 627 |
1886 1 507 |
1891 1 433 |
1896 1 426 |
1901 1 365 |
1906 1 337 |
1911 1 322 |
1921 1 113 |
1926 1 040 |
1931 1 100 |
| Année Nombre |
1936 1 003 |
1946 964 |
1954 861 |
1962 861 |
1968 827 |
1975 777 |
1982 1 027 |
1990 1 144 |
1999 1 301 |
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Repères géographiques
LUZENCON
La chapelle de Luzençon est implantée sur la butte témoin de Luzençon. Cette position exceptionnelle a vraisemblablement été occupée dès la plus haute antiquité, bien que les archéologues n’aient jamais trouvé quelque vestige que ce soit. Mais il reste encore de bien maigres indices d’un système complexe de fortifications du Moyen Age qui accentuent ses escarpements naturels. Le magnifique panorama qui se déploie sur 360°justifie le qualificatif d’exceptionnelle appliquée à la situation de cette chapelle témoin d’un passé prestigieux.
C’est donc sur cette plate-forme terminale orientée nord-sud que la chapelle a été bâtie, de sorte que le chevet, orienté approximativement vers l’est, et surtout le fond de la nef, ont exigé des fondations profondes, tandis que le rocher affleure au milieu de l’édifice.
Erigée à la fin du XIème siècle, elle fut d’abord et fort longtemps chapelle seigneuriale. Dans son ouvrage « Vestiges romans du département de l’Aveyron » (inédit), le Chanoine Débat nous apprend que les trois travées de la nef pourraient remonter à la fin du XIème siècle, tandis que le chevet pentagonal aurait été construit au début du XIIème en remplacement d’un autre plus ancien. Des aménagements et des restaurations sont intervenus par la suite : une chapelle latérale a été ouverte au XIVème siècle et une autre au XVIème. Profitant de la déclivité du terrain, il semble que le sol de la dernière travée ait été aménagé en chapelle funéraire ; la voûte en berceau brisé est portée par des arcs latéraux adossés aux murs et supporte elle-même une tribune.
Après la restauration du XVIème siècle, la chapelle fut ouverte au peuple (selon les renseignements fournis par M. du Bourg de Luzençon), ce qui entraîna peut-être le déplacement de la porte d’entée de la façade nord à la façade sud. On a observé en effet que la voûte de la chapelle nord prend naissance sur un corbeau dont le rôle décoratif ne s’explique pas si une porte n’a pas été, primitivement, percée à cet endroit.
La première destination de la chapelle et son exposition à tous les vents expliquent son aspect massif de forteresse. Par contre, la disparité de mode de construction et de matériaux des différentes parties de l’édifice, chevet, dernières travées, pignon ouest, ne manquent pas d’intriguer les visiteurs et de susciter bien des hypothèses.
Renée MIQUEL
LUZENCON
C H A P E L L E S a i n t – M A R T I A L
Saint-Martial, apôtre d’Aquitaine, est fêté en Rouergue le 30 juin.. (cf Graduel Romain)
Au début du cartulaire des donations faites au monastère de Vabres, Aïgo sixième abbé, parle du culte de Saint-Martial en honneur dans le pays depuis le milieu du 9ème siècle où, le 3 novembre 862, dix religieux du Périgord vinrent s’installer fuyant les invasions des Normands.
Le comte Raymond de Toulouse et son épouse Berteiz leur avaient donné une métairie et ses terres ; donation confirmée par l’Empereur Charles le Chauve. Aussitôt le père Abbé Adalgise construisit un monastère, (le premier sur les possessions des comtes de Toulouse), avec une église où les moines purent honorer leurs saints patrons auxquels était dédiée l’Abbaye ; parmi ces patrons, se trouve nommé Saint-Martial.
Le nom de Saint-Martial et sa dévotion furent donc pratiqués dans le Vabrais dès le début du 10ème siècle. (cf documents sur les origines chrétiennes du Rouergue du cardinal Bourret, 1887)
Les comtes de Toulouse ayant Luzençon parmi leurs possessions, il n’est pas étonnant que leur chapelle castrale soit dédiée à Saint-Martial.
Renée MIQUEL
Quelques desservants connus de la chapelle de Luzençon
Relevés de Pierre HERAIL, d’après les archives Du BOURG de Luzençon
1424 – FASSOU Guilhaume
1504 – LAFON François, capella de Luzençon, et MAURY Guilhaume
1546 – JEAN George, capella de Luzençon, et FASSOU Guilhaume
1547 – PAGES Antoine, MAURY Jean, Gilibert de SENEGRA, prêtre et Jean AFFRE, curé de St-Georges
1555 – RIBIE Blaise
1558 – CAZES Jean, capella de Luzençon,
1570 – VIDAL Jean, capella de Luzençon,
Quelques rares mariages célébrés à la chapelle de Luzençon, relevés sur les registres paroissiaux de St-Georges, par Maurice MIQUEL
03-06-1635 - DAURES Jean avec REBOUL Marie, (lieu non mentionné)
10-09-1691 - BOUSQUET Mathieu, d’Auriac avec MIQUELLE Elisabeth, de Luzençon 23-11-1695 - SALGUES Pierre, de Barruques, psse de St-Beauzély, avec FRAISSE Marie, de Luzençon. 05-02-1711 - BOLOYS François, de Peyre, avec PEYRE Marie, de Creyssaguet.
05-02-1711 - CALMES Jean, de St-George avec JEANTE Marie, de Luzençon.
26-11-1744 - SOULANET François, de Ste-Eulalie du Larzac avec FALGUEYRETTES Marie, de Creyssac
Nota : de 1691 à 1744 ce sont des curés BANCAREL qui signent les actes
LE COLLIER DE LUZENCON
Trouvé dans la sépulture n° 7 de la chapelle
(carrés A1, B1, C1; Z du plancher- 149)
La sépulture n° 7 est la mieux conservée; il subsiste des traces importantes du fond du coffre en bois ainsi que des alignements de clous de fer.
Le squelette est posé sur le dos : la main droite sur le plexus, la gauche sur le haut de l'abdomen; la tête est inclinée vers la droite et la mâchoire inférieure décrochée; la colonne cervicale est fortement voûtée vers l'avant.
La qualité de cette sépulture ressort non seulement du soin avec lequel le cadavre fut disposé, mais encore du riche mobilier trouvé sur place. Sur le même doigt de la main gauche étaient passés deux anneaux, l'un en argent portant une "foi" gravée (deux mains unies, symbole de fidélité utilisé en héraldique) entre deux feuilles d'acanthe. L'autre, plus modeste, est en bronze, sans traces visibles de dorure; de chaque côté du chaton ovale à trois stries obliques, l'anneau porte trois tores. A l'arrière de la tête, deux épingles à tête en bronze argenté, très modernes de forme, fixaient peut-être un linge ou le linceul.
Autour de la tête et sur le haut du thorax, les éléments d'un collier de 38 perles s'étaient relativement dispersés lorsque le lien qui les unissait s'était rompu. Ces perles ont été fabriquées dans des matières nobles : jais, agate, jaspe, ambre et nacre, les unes seulement tournées et polies, les autres taillées à facettes ou même en forme de mûre. Un petit anneau d'or, ouvert, faisait office de fermoir.
(Extrait du rapport de fouilles réalisées en 1981)
Les Châteaux
Sur cet espace plutôt étroit sont amoncelées les ruines de trois châteaux. Le principal occupait tout à fait la crête de la colline, sur l’emplacement actuel de la construction portant la table d’orientation. On voyait encore il y a quelques années seulement, les assises de base formant un carré de 30 mètres de côté. De par sa position, il devait, dans le principe, inclure le donjon du système de défense, tour carrée, la plus élevée des trois tours typiques existant dans les châteaux, tour de guet servant d’ultime retranchement éventuel mais aussi d’habitation du seigneur du lieu. Il pouvait avoir une vingtaine de mètres de hauteur et des murs très épais ( 1m.50). Bien sûr ce donjon avait plusieurs étages et l’entrée se situait au niveau du 1er étage comme c’était le cas pour tous les donjons. Souvent le rez-de-chaussée où l’on descendait de par l’intérieur était une cave, une prison le cas échéant. Corbeaux, mâchicoulis, clefs de voûte aux armoiries des Luzençon, pierres de cheminées : aucun de ces vestiges n’est en notre possession.
A côté de ce château ancien se situe la chapelle castrale dont l’abside extérieure est un très joli spécimen du style romano-byzantin de nos campagnes, présentant tous les caractères de l’architecture du Xème siècle. (voûte plein-cintre). Le reste de cette chapelle a été souvent remanié. Il est à noter que chaque château, demeure seigneuriale possédait en ses murs sa propre chapelle, oratoire aménagé dans une pièce.
A l’heure actuelle nous voyons les ruines d’une seconde forteresse qui avait la forme d’un rectangle flanqué de trois tours cylindriques : deux du côté de la vallée et la troisième au milieu de la face opposée.
Enfin, sur une petite hauteur située en avant de la colline, vers le nord, s’élevait un troisième château qui servait de poste avancé, désigné sous le nom de Rocan, hauteur qui porte, de nos jours la statue du Sacré-Cœur ; en effet, dans ce bel amas de pierres on peut distinguer encore, un semblant de muraille organisée ; il n’en faut garder que le souvenir d’une sentinelle postée en avant-garde et qui a été la première à disparaître lors des guerres civiles de religion.
Autour de ces ruines vénérables il en est de plus humbles qui furent celles des habitations de familles plus simples, les unes sises dans « l’enclos » protégées par les murailles, les autres sous les murailles, à l’extérieur. Ces murailles étaient percées de trois portes ouvrant sur trois côtés opposés : au nord « lou portal vielh », à l’ouest « lou portal dels Randals » et vers l’est « lou portal del pous » face à Saint-Georges. Les compoix font état de huit familles vivant à l’intérieur de l’enceinte fortifiée : Alric :2 familles, Aldebert, Malet , Miquel :2 familles, les seigneurs et co-seigneurs dans leurs diverses demeures.
Hors les murs, sous les murailles ou près des « portals » 21 familles répartissaient leurs maisons en trois faubougs ou barrys : les Berniès, (vergers), face à Saint-Georges, la Compayrie, face à Bel-Asile, et les Randals, face à Creyssac.
Luzençon relevait des comtes de Toulouse et faisait partie des domaines de l’ancienne et puissante familles des Prévinquières qui eut l’honneur d’avoir un représentant à la 1ère croisade : Bernard de Prévinquières. En 1216 l’évêque de Rodez acheta l’un des châteaux de Luzençon. Raymond VII, comte de Toulouse seigneur du lieu, compléta le domaine de l’évêque par une donation faite en 1231 ; en retour, l’évêque de Rodez lui inféoda la montagne de Vernéjols, avec permission d’y construire une ville nouvelle.
Luzençon eut ses croisés et ses chevaliers de l’ordre du Temple cités dans divers actes : Pons de Luzençon, maître du Temple en Rouergue en 1140 ; frère Aimé de Luzençon, chevalier de St Jean de Jérusalem, qualifié de commandeur de Luzençon ; en 1193 ; Bermond de Luzençon, commandeur de Trinquetaille, Templier, en 1206 ; frére Raymond de Luzençon, Templier en 1208, commandeur à Arles ; frére Bermond de Luzençon, Grand Prieur de St Gilles, commandeur de Trinquetaille en 1211 ; frére Bertrand de Luzençon, commandeur de Manosque en 1151 ; Raymond de Luzençon est reçu dans l’ordre du Temple en 1240 ; en 1353 est cité Pons de Luzençon marié à Vierne de Cantobre.
Nous connaissons de par son testament (1270) Doulce de Luzençon, fille de Astorg de Prévinquières, épouse de Raymond de Saint-Félix, issu d’une importante famille de milites (guerriers de profession) ; il est présent lors de transactions importantes ou lors de partages de portions de seigneurie entre plusieurs familles de la même souche. Les nombreux coseigneurs étaient amenés à ces partages et les désaccords inévitables nécessitaient divers arbitrages relatés dans plusieurs actes.
En 1317, le pape Jean XXII forma l’évêché de Vabres et Luzençon en fit partie sous l’autorité de Pierre d’Olargues auquel tous les seigneurs possédant une partie plus ou moins grande du territoire de Luzençon vont rendre hommage. Ainsi en 1353, on trouve : noble Bernard de Prévinquières, chevalier ; noble Bringuier de Luzençon, damoiseau qui acheta des possessions à de nobles héritiers éloignés du lieu; noble Novarre de Montoulieu petite fille de Guillaume d’Aurel jadis coseigneur de Luzençon ; Bringuier de Bertrand, damoiseau. Cette famille disparaît car Bringuier marié à Hélix de Luzençon fille de Pons, n’a pas de descendance et lègue ses biens en 1399 à son neveu, de Guitard, (par ses descendants la coseigneurie, au XVIème passera à Athon d’Albaret qui habite le château du Rocan).
Nos contrées passent ensuite sous la domination des Anglais contre lesquels se battront les seigneurs de Luzençon ; pertes occasionnées et armements entraînent des dépenses qui obligent certains coseigneurs à vendre leurs possessions ; ainsi s’agrandissent celles des Prévinquières plus riches, ils deviennent plus puissants. En 1387, Hélix de Luzençon , fille unique de Bernard, apporte par son mariage avec noble Bernard, ses possessions et son nom à la famille des Lévézou qui en 1485, échangera sa seigneurie ; celle-ci passera dans la famille de Tubières.
Après les luttes contre les Anglais vinrent celles contre les Protestants : guerres civiles où les seigneurs requièrent l’aide, souvent forcée, de leurs vassaux, pour se défendre ; ce que fit Raymond de Prévinquières en 1555 pour fortifier et garder son château de Luzençon. Mais en 1574, du Ram et de las Ribes s’emparent du Rocan ; ils n’iront pas sur la colline de Luzençon qui ne sera prise qu’en 1621 par le duc de Rohan. Les calvinistes occupent les lieux jusqu’en 1622 où le 28 mai , le prince de Condé ordonne que la destruction des murailles et le comblement des fossés soient effectués sur toute la juridiction de l’évêché de Vabres ; à Luzençon, ce sera fait en 1628.
Les biens des Prévinquières tombent par exécutions testamentaires successives, dans la famille de Farges de Pézénas en 1620. Il n’y eut que trois filles qui dispersèrent les biens dans d’autres familles. Ceux des Tubières passent dans la famille des Julien de Pégayrolles qui les conservent jusqu’à la Révolution. Finalement les Sambucy achèteront petit à petit toutes les coseigneuries et reformeront la seigneurie.
Les ruines de ces châteaux et murailles ne subsistèrent pas très longtemps après leur démantèlement car les pierres furent réemployées sur place, à la construction de nouveaux bâtiments ou à l’agrandissement et à la réparation de maisons ayant subi les outrages du temps et des guerres ; les matériaux étant sur place se révélaient peu coûteux.
Jusqu’à la Révolution la seigneurie de Luzençon resta dans la mouvance de ses propriétaires pour lesquels elle ne fut plus qu’un titre.
Renée MIQUEL
L’ E P E E de L U Z E N C O N
Si ,comme Excalibur ou Durandal cette épée n’est pas auréolée de légendes, elle s’enveloppe cependant d’un grand mystère. Aucun nom prestigieux n’est gravé sur son métal rouillé, elle est tout simplement « l’épée de Luzençon ».
Très vieille et « roide épée chevaleresque », elle apparaît rongée par la rouille, sans garde, avec un pommeau branlant et une fusée dégarnie. Elle a perdu son fourreau et sa pointe ; sa gouttière est effacée et ses tranchants élimés.
Qu’importe ! Telle qu’elle est, elle reste un témoignage de la vie qui se déroulait au temps des châteaux forts, sur la colline de Luzençon, et peut ouvrir la porte aux rêves. Des mains de quel valeureux chevalier est-elle tombée pour rester ensevelie pendant des siècles sous les éboulis du fier château, finalement vaincu ?
C’est en effet, à Luzençon que, en 1967, Monsieur Louis Puel agriculteur, la découvrit « dans l’éboulis du château, au-dessous de la tour aux vestiges encore visibles, quatre ou cinq mètres vers le nord-est, en bordure d’un petit sentier ». Elle était enveloppée « dans une gaine de peau de bouc dont il restait des poils, adhérant au métal rouillé. En la mettant au jour , la peau était si pourrie qu’elle fut détériorée par la pioche ».
En 1967, cette épée, « en acier tranchant des deux côtés, d’une longueur de 90 cm.» avait encore sa garde. Les notes et le croquis grandeur nature, laissés par Pierre Hérail, nous montrent une garde plate de 12cm. sur 3,5cm ; la section n’a pas été signalée. La poignée est des plus courtes, 7cm. seulement ; la fusée qui l’entoure est totalement dégarnie. Le pommeau en forme de couvercle s’orne d’une pièce d’acier, losangée et décorée d’une double rayure gravée en bordure. Au centre, un bouton de cuivre en losange est percé de quatre trous décoratifs. Ce genre de pommeau était très répandu entre les années 980 et 1120.
Ces différentes caractéristiques permettent une datation approximative : l’épée de Luzençon aurait été façonnée au début du XIIème siècle ( 1100 ?).
Nous tenons à remercier Rémi Puel qui a répondu aimablement à toutes nos demandes, et à saluer encore une fois la mémoire de Pierre Hérail ; ils ont permis la réalisation de cette page documentaire.
Renée MIQUEL
Saint-GEORGES
Sant Jordi dé Val Séreina, jusqu'au milieu du 17ème siècle,
La Vallée Pure à la Révolution
EGLISE de la Placette
La petite église de la Placette, au clocher hexagonal et d’inspiration Romane fut très endommagée, notamment à l’époque des conflits religieux.
Sa chapelle attenante avait été fondée par les Seigneurs de Luzençon. (Brenguier Bertrand, époux d’Hélix de Luzençon demande par testament de 1399 à y être enseveli), et fut ruinée par les Anglais.
Elle fut relevée en 1548 par Jean Baumel, prêtre à Lodève, originaire de Vialgues et dédiée à Saint-Fulcrand Le 17 octobre 1660 transmise « ruinée et démunie par suite des guerres vieilles » y fut érigée par devant le prieur des Dominicains de Millau, la confrérie du Saint Rosaire de Notre Dame.
Au cours des siècles suivants elle subit bien des réparations, modifications et aménagements : - Le 11 juin 1656 reconstruction du clocher à trois piliers sur le fond de l’église avec deux fenêtrages arc-boutés pour la cloche. - Le 17 septembre 1696 installation d’un «orloge » - Le 25 avril 1727 mise en œuvre de procédures de réparations et d’agrandissement - Le 8 septembre 1728 construction de la porte de l’église en bois de noyer et vitrage des fenêtres de la nef. - Le 25 septembre 1802 on « raccommode » les escaliers de l’horloge « pourris par vétusté » - Le 31 mai 1823, projet d’agrandissement, à l’aspect du midi, entre la chapelle et le clocher et de construction d’une sacristie supportant une tribune.
L’église disparaît en 1903 après avoir côtoyé pendant une quarantaine d’années, l’église actuelle (construite en 1858)
Renée MIQUEL
POT en TERRE CUITE NOIRE
dit « PEGAU » en ARCHEOLOGIE MEDIEVALE
Au cours de travaux effectués sur la Placette dans l’après-midi du 22 août 1991 fut mise à jour une dalle de pierre bleue.
Elle recouvrait une sépulture contenant un squelette humain d’âge adulte, la tête orientée vers Luzençon et les pieds vers Ménascle.
Assez bien conservé, gisant sur le dos et reposant sur un lit de chaux recouvert de cendres. Le crâne en partie détruit et l’absence des mâchoires inférieure et supérieure indiquaient une mort violente.
A ses pieds était déposé un pot de terre cuite noire, empli de terre du pays contenant cinq doigts du pied et la première vertèbre cervicale.
A l’entour de cette sépulture plusieurs ossements humains attesteraient l’emplacement du cimetière de l’ancienne église.
(D’après le témoignage de Pierre HERAIL, 1910-1999)
Illustrations, photos anciennes
Familles notables
Quittance et descharges des comptes et pièces justificatives des consulats de S-George despuis l’année 1647 jusques et inclus 1665 faix aux sieurs auditeurs d’iceux
L’an mil six cens soixante neuf et le quatrième jour du mois de décembre, avant midy, régnant notre souverain prince Louis par la grace de Dieu Roy de France et de Navarre ; constitué en personne Pierre AUSSEL et Pierre BERTRAND, deux des consuls modernes du lieu de St-George en Rouergue, lesquels en conséquence de la délibération prise en corps de communauté qui les habilite à faire la descharge des comptes et pièces justificatives d’iceux cy après déclarée, ainsi qu’ont dict de gré, ont déclaré et confessé avoir eu et effectivement prins et retiré des mains de M°Jacques ALDIGUIER, procureur de la présente ville de Millau, faisant tant pour soy que pour les sieurs Reymond SOLAGES, bourgeois du lieu de la Cavalerie, et Pierre VIVIER, aussy bourgeois dudict St-George, absens, comme tous trois ayant esté nommés conjointement pour procéder à l’audition et closture des comptes des consulats et collecteurs des années ci-après , spécifiée et déclarée : ledit M°ALDIGUIER, y présent stipulant et acceptant ; en premier lieu les comptes et pièces justificatives d’iceux, (1)
de Jacques AUSSEL, Jean RAYNAL et François JEAN, consuls l’année 1647 d’André SAMBUCY, Pierre ALRIC et Géraud GALTIER, consuls l’année 1648 de Jean JEAN, Guilhaume FERRIEU et Pierre VIVIER, consuls l’année 1649 donnés par Pierre SAMBUCY, en seul tant pour lui que pour ses collègues, consuls l’année 1650 Jacques VIVIER, Guilhaume ROFFIAC et Pierre CAZES, consuls l’année 1651 Jean CAZES, Jean RAYNAL et Jean AFFRE, consuls l’année 1652 Jacques AUSSEL, Guilhaume JEAN et Jean MANIER, consuls l’année 1653 George VIVIER, Jean GALTIER et André JEAN, consuls l’année 1654 Blaise LACROIX, François JEAN et Bernard MARCOURELLES, consuls l’année 165 Pierre SAMBUCY, Amans GALTIER et Guilhaume ROFFIAC, consuls l’année 1656 Pierre VIRENQUE, Pierre JEAN et Jacques RAYNAL, consuls l’année 1657 Anthoine REFREGIER, Pierre GOYRAN et Jean AFFRE, consuls l’année 1658 Jacques VIVIER, Pierre MAURY et Barthélémy CROS, consuls l’année 1659 François JEAN, Jean GUALTIER et Jean MARCOURELLES, consuls l’année 1660 George VIVIER, Pierre BERTRAND et George AFFRE, consuls l’année 1661 Pierre AUSSEL, Guilhaume FERRIEU et Jacques RAYNAL, consuls l’année 1662 Pierre LACROIX, Estienne GUERS et Jean MARCOURELLES, consuls l’année 1663 André SAMBUCY, Guilhaume FERRIEU et Reymond RAYNAL, consuls l’année 1664 Anthoine MONTETY, Louis MAURI et Jean CAZES, consuls l’année 1665
Avec toutes les pièces justificatives des comptes de tous les consulats, comme des autres précédamment nommées et particulièrement spécifiées. Et ce pour les remettre dans le coffre de ladite communauté, avec les susdites pièces, y jointes conformément à la susdite délibération de tout quoy comme reçu ainsin que dict est après l’avoir deuement vérifié, en ont quitté et quittent les susdits ALDIGUIER, SOLAGES et VIVIER et ont promis de leur en faire tenir quitte, tant deues de leur susdit comptable, communauté dudit St-George que tous autre qu’il appartiendra; ayant déclaré ledit AUSSEL, par l’acceptation desdits comptes et des pièces justificatives d’iceux et de closture mises au pied d’un chacun des susdits comptes, n’entendre et faire aucun préjudice pour ce qui le concerne en cas il se trouvera (grefué) par la susdite closture examen de compte ou autrement pour en pouvoir résilier ou appeler sy bon lui semble ; et aussi à suite de cette descharge, retiré en seul, tous les comptes et pièces justificatives d’iceux, pour les remettre audit coffre commun, d’autant que ledit BERTRAND, son collègue, à dict ne s’en voulloir scharger.
Et à mesme instant, estant intervenus Pierre LAFON et Anthoine GUALTIER, consuls modernes du lieu de Luzençon, aussi deuement habilités par délibération de leur communauté à faire mesme quittance de descharge que les consuls de St-George, pour ce qui les concerne, ainsi qu’ont dict ; de gré ont déclaré et confessé, avoir eu et réellement retiré, des sus nommés ALDIGUIER, SOLATGES et VIVIER, auditeurs aussi nommés par leur dite communauté, à l’effet d’examiner, ouyr et clorre les comptes des consuls et collecteurs des années cy après déclarées. Ledit M°ALDIGUIER, qui a deslivré lesdits comptes et pièces, comme les ayant en son pouvoir, y présent, stipulant et acceptant, tant pour soy que pour lesdits SOLAGE et VIVIER, absents.
En premier lieu, les comptes et pièces justificatives d’iceux (1) de :
Reymond LAFON, Jacques RAYNAL et Anthoine ALRIC, consuls l’année 1642 Joseph JEAN, Charles ROUCH et Ambroise CALMES, consuls l’année 1645 Jean ALDEBERT, Jean Roffiac et Jean LAFON, consuls l’année 1646 George RICARD, Anthoine TALY et Reymond MIQUEL, consuls l’année 1647 Reymond LAFON, Jacques RAYNAL et Anthoine GAVEN, consuls l’année 1648 Joseph JEAN, Charles ROUCH et Noël MIQUEL, consuls l’année 1649 Ambroise CALMES, Pierre JEAN et Fulcrand LAFON, consuls l’année 1650 André MIQUEL, Anthoine TALY et Jean ALDEBERT, consuls l’année 1651 George RICARD, Pierre JEAN et Jean ROFFIAC, consuls l’année 1652 Gabriel ROUCH, Jean PELISSIER et André ALDEBERT, consuls l’année 1653 Reymond LAFON, consul l’année 1654 Joseph JEAN, Anthoine GUALTIER et Jean BROUILLET, consuls l’année 1655 Jacques MIQUEL, Charles ROUCH et Jean VIVIER, consuls l’année 1656 Pierre VIRENQUE, collecteur l’année 1657 George RICARD, Michel FERRIEU et François CALMES, consuls l’année 1658 Reymond ALRIC, Pierre ALDEBERT et Reymond MIQUEL, consuls l’année 1659 Barthélémy BRETON, Michel ARSIS et Anthoine GUALTIER, consuls l’année 1660 Joseph JEAN, Ambroise CALMES et Charles ROUCH, consuls l’année 1661 Pierre JEAN, Jacques RAYNAL et Jean ALDEBERT, consuls l’année 1663 Pierre MALET, François CALMES et François ALRIC, consuls l’année 1664 Jean CAUBY, Michel FERRIEU et Anthoine GUALTIER consuls l’année 1665 Avec ceux de Pierre CAZES, leur exacteur ladite année.
De tous lesquels susdits comptes, ensemble des pièces justificatives d’iceux et des closture à un chacun d’eux misre au pied comme (recries) et le tout ayant esté retrié par les susdits consuls modernes de Luzenson, en présence de moy notaire et tesmoings qui ont prins et effectivement retriés ainsin que dict est des mains dudict ALDIGUIER, pour les remettre dans le coffre commun de ladite communauté de Luzenson, les ont quittés, ensemble les susdicts SOLAGES et VIVIER et promis de leur en tenir quittance pour ce qui les concerne, et de leur faire aussi tenir quittance, soit envers ladicte communauté comptable que tous autres que besoin sera. Et pour cet esfect les susdicts consuls ensemble ceux dudict St-George en premier lieu nommés en ont obligés chacun en droit foy, les biens de leurs communautés avec les leurs propreset tous soubmis et hyppostéqué à la rigueur de la cour royalle dudict Millau et de messieurs les esleus du haut Rouergue et autres du présent Royaume, et ainsi l’ont juré, mesme par espres déclaré par les consuls de Luzenson avoir comme ceux dudict St-George, vérifié les comptes à eux deslivrés sus spécifiés de complets de pouvoir y consigner, ainsi qu’ont pareillement dict et recognu et de tout ce dessus, les dites parties en ont requis acte, à moy notaire Faict et récité audict Millau dans la maison d’habitation dudict M°ALDIGUIER, présens François ROUCOULY, praticien, et Anthoine GAILHAC, M°ganties dudict Millau soubsignés avec ledict AUSSEL, lesdicts BERTRAND, Pierre LAFON et Anthoine GUALTIER, consuls modernes requis de signer ont dit ne scavoir, le susdict M°ALDIGUIER, s’est aussi soubsigné et moy Jean SEVERAC, notaire royal héréditaire dudict Millau, réservé par sa majesté en la dite ville, soubsigné.
- ROUCOULY SEVERAC notaire royal
(1) plus les comptes et pièces justificatives d’iceux, (phrase qui revient chaque année devant les noms des consuls)
Texte trouvé dans les archives de M°CALMELS à Millau, et traduit par Maurice MIQUEL
Quand un ingénieur Aveyronnais se penchait sur les crues de la Somme (d’après le dossier de Jean-Charles de Sambucy aux Archives Nationales)
En 1798, Jean-Charles de Sambucy est un très jeune et très brillant ingénieur des Ponts et Chaussées. Originaire de Saint-Georges-de-Luzençon, il a effectué toutes ses études supérieures techniques à Paris, au plus fort de la Révolution. Son père, l’aristocrate Jean-Baptiste de Sambucy, n’ayant pas émigré, n’a pas été trop ennuyé, de même que son fils, bien que jeune noble. Ils y perdent simplement un temps la particule.
Pendant toute sa scolarité, Jean-Charles de Sambucy est reconnu comme un sujet très doué, sérieux, appliqué, compétent et qualifié. Ses deux premiers postes, à Rodez en 1794 et à Annecy l’année suivante, confirment ces qualités. Au point que le ministère lui demande de reprendre des études encore plus approfondies, notamment en matière hydraulique. La direction Nationale des Ponts et Chaussées a en vue pour lui un poste délicat dans le département de la Somme, afin de mieux réguler les eaux de la rivière du même nom .
En mars 1798, Jean-Charles de Sambucy parvient à Amiens, aux ordres de l’ingénieur en chef du département. Il est destiné, avec obligation de résidence, au secteur très sensible d’Abbeville/Saint-Valéry, c’est-à-dire à l’embouchure de ce petit fleuve côtier qu’est la Somme. S’il doit aussi s’occuper de la voirie de ce territoire, son attention doit en priorité s’exercer sur la Somme.
Le nouvel ingénieur note « que l’étude des débits de ce cours d’eau et de la protection de ses crues exigera de longues années d’observations variées ». D’emblée, il trouve des localités ou des quartiers sur des terrains très tourbeux, donc marécageux, trop proches de la rivière. Il songe à l’édification de digues. Il s’y attache.
A l’embouchure proprement dite, il se penche très attentivement et longuement sur une meilleure connaissance des mouvements de la mer, des variations des marées, de la direction des vents. Simultanément il se documente sur les plus importantes inondations de la Somme. Au XVIIIème siècle, il relève « les folies » de la Somme en 1716, 1718, 1784, soit plusieurs dans le siècle et deux très rapprochées. Et ne parlons pas de la fameuse crue « millénaire » en 1658 qui inonda les deux tiers d’Abbeville, « avec une notable perte de biens de ses habitants ».
L’ingénieur spécialiste n’est pas sans savoir que la Somme, à son origine dans l’Aisne, suit la même rigole que l’Oise prenant naissance dans le même bassin, avec parfois de curieuses et importantes vidanges naturelles de nappes pouvant influencer brutalement le débit de la Somme, avec un long étalement de ses eaux sur ses rives. Jean-Charles de Sambucy voudrait canaliser le Somme pour mieux la contenir, de Saint-Valéry à Abbeville et jusqu’à la mer. Il lance un projet qui ne sera réalisé que plus tard, en 1835.
Pour un plus grand développement économique de la région, Jean-Charles se préoccupe beaucoup d’une bien meilleure navigation sur la Somme. Il préconise et réalise un nouveau chemin de hallage depuis Amiens jusqu’à Abbeville. Il s’investit avec ténacité pour deux importantes écluses à Picquigny et Saint-Valéry, « écluses doubles à deux portes soutenant les eaux à deux niveaux », ce qui est nouveau.
Jean-Charles de Sambucy a une excellente réputation. Des préfets et ingénieurs en chef départementaux voudraient se l’attacher. Lui-même, toujours célibataire, désirerait se rapprocher de ses vieux parents à Saint-Georges. Deux postes lui sont offerts en Corrèze et dans le Tarn. Mais des pressions très fortes font qu’il demeure dans la Somme, avec un congé pour retrouver un peu sa famille. Son action est même portée à l’attention particulière de Napoléon.Il lui faudra encore attendre quelques années son transfert à Rodez, en 1810, avant que Napoléon ne l’envoie en Italie auprès de sa sœur Elisa qui sollicite un ingénieur de grande qualitépour ses possessions Italiennes. Là, elle lui fera épouser une nièce de son mari, une sémillante Corse, jeune veuve d’un fringant colonel tué au combat. Mais là est une autre histoire !
Texte relevé sur la Revue du Rouergue N° 66 de l’été 2001, avec autorisation de l’auteur
Les maires
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| Robert CROS | 2001 - | - |
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Les notaires
A savoir pour vos recherches généalogiques
Horaires d'ouverture de la mairie
Tous les jours de 9h à 12h et 14h 17h plus le samedi matin 9h-12h
Dépouillements des registres paroissiaux
Ils ont été traduits par le Cercle Généalogique du Sud-Aveyron et sont reliés en cahiers.
Plus table des Familles
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Remarques
Bibliographie
GRADUEL ROMAIN à l'usage des paroisses
Graduel propre du diocèse de Rodez et de Vabres.
Fêtes de novembre.
19. - Saint Saturnin, Evêque de Toulouse et Martyr;
Fêtes de décembre.
1. - Saint Eloi, Evêque de Noyon et Confesseur. 5. - Saint Dalmas, Evêque et Martyr. 10 - TRANSLATION DE LA SAINTE MAISON DE LORETTE; 12 - Sainte Eulalie, Vierge et Martyre. 17 - Saint Lazare, Evêque de Marseille et Martyr.
Fêtes de janvier.
15 - Sainte Tarcisse Vierge. 23 - EPOUSAILLES DE LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE. 28 - Saint Cyrille d'Alexandrie, Evêque et Docteur. 29 - Saint François de Sales, Evêque et Docteur, Patron du Clergé du diocèse de Rodez;
Fêtes de février.
6 - Sainte Geneviève, Vierge. 9 - Saint Tite, Evêque et Confesseur 13 - Saint Fulcran, Evêque de Lodève et Confesseur. 14 - Saint Raymond de Pennafort, confesseur. 19 - Saint Georges, Evêque de Lodève et Confesseur. Le vendredi après les Cendres, LA COURONNE D EPINES DE N.-S. J.- C. Le vendredi après le 1er dimanche de Carême LA LANCE ET LES CLOUS DE N.-S. J.-.C.
Fêtes de mars.
1. - Les Saints Anges Gardiens. 6 - Sainte Alvère, Vierge et Martyre. 11 - Saint Grégoire de Nysse, Evêque et Confesseur. 20 - Saint Cyrille de Jérusalem, Evêque, Confesseur et Docteur.
Fêtes d'avril.
- Le vendredi après le 2ème dimanche de Carême, LE SAINT SUAIRE DE N.-S. J.-C.
- Le vendredi après le 3ème dimanche de Carême, LES CINQ PLAIES DE N.-S. J.-C.
- Le vendredi après le 4ème dimanche de Carême, LE PRECIEUX SANG DE N.-S. J.-C.
3 - Sainte Marie Egyptienne, ni Vierge, ni Martyre. 13 - Saint Justin, Martyr. 17 - Saint Robert, Abbé. 26 - Notre Dame de Bon Conseil. 28 - Saint Africain,Evêque et Confesseur. 29 - Notre-Dame de Grâce. Le 4ème dimanche après Pâques, FETES DES SAINTES RELIQUES de l'église-cathédrale de Rodez et de tout le diocèse. Fêtes de mai.
11 - Saint Mamert, Evêque et Confesseur., de Vienne. 12 - Saint Epiphane, Evêque et Confesseur., de Salamine. 13 - SS. Nérée, Achillée,Domitille et Pancrace, Martyrs. 14 - Saint Paul de la Croix, Confesseur. 15 - Saint Pierre, Martyr. 16 - Saint Jean Népomucène, Martyr. 20 - Saint Baulize, Martyr. 22 - Saint Yves, Confesseur. 24 - Notre Dame Auxiliatrice. 28 - Saint Germain, Evêque et Confesseur, de Paris. 29 - Saint Maximin, Evêque et Confesseur, de Trêves. 30 - Saint Augustin, Evêque et Confesseur, de Cantorbéry.
Fêtes de juin.
1 - Saint Clair, Evêque et Martyr? 3 - Sainte Clotilde, Reine de France. 8 - Saint Médard, Evêque et Confesseur., de Noyon. 13 - Saint Hilarian, Martyr. 16 - SS. Cyrice et Julitte, sa mère, Martyrs. 17 - Saint François Régis, Confesseur. 18 - Bienheureuse Germaine Cousin, Vierge. 28 - Saint Irénée, Evêque et Martyr. 30 - Saint Martial, Apôtre d' Aquitaine.
Fêtes de juillet.
3 - Commémoraison de Saint Paul. 4 - Saint Léon, Pape et Confesseur. 5 - Saint Florège,Evêque et Confesseur. 7 - SS. Cyrille et Méthode, Evêques et Confesseurs. 9 - Notre Dame des Prodiges. 13 - Saint Eugène, Evêque et Martyr. 16 - Saint Hilarin, Martyr. 21 - Sainte Trojécie, Vierge.
" - SS. Victor et ses Compagnons, Martyrs.
31 - Saint Germain, Evêque et Confesseur. d'AUXERRE.
Fêtes d' août.
9 - Saint Ignace, Confesseur. 11 - Sainte Philomène, Vierge et Martyre. 13 - Sainte Radegonde, Reine et Veuve. 14 - Saint Félix, Martyr. 16 -Saint Roch, Confesseur. 18 - Saint Hyacinthe, Confesseur. 19 - Saint Louis, Evêque et Confesseur. 20 - Saint Léonce, Evêque et Confesseur. 21 - Saint Sévère, Abbé. 25 - Saint Ared, Confesseur. 26 - Saint Privat, Evêque et Martyr. Le dimanche dans l'octave de l'Assomption, FETE DU COEUR TRES PUR DE
LA BIENHEUREUSE VIERGE MARIE;
Fêtes de septembre.
1 - Notre Dame du Secours. 2 - Saint Antonin, Martyr. 3 - Sainte Procule, Vierge et Martyre. 4 - SS. Genès, Martyrs. 6 - Saint Julien, Martyrs. 9 - Saint Loup, Evêque et Confesseur de Soissons. 18 - Saint-Féréol, Martyr. 21 - Sainte Fauste, Vierge et Martyre. 22 - SS. Maurice, Victor et ses Compagnons, Martyrs. 25 - Saint Thomas de Villeneuve, Evêque et Confesseur. 28 - Saint Exupère, Evêque et Confesseur.
Fêtes d'octobre.
6 - Sainte Foi, Vierge et Martyre. 2ème dimanche d'octobre, LA MATERNITE DE LA B. VIERGE MARIE. 11 - Saint Firmin, Evêque et Confesseur, d'Uzès. 13 - Saint Géraud, Confesseur. 3ème dimanche d'octobre, LA PURETE DE LA B. VIERGE MARIE. 16 - SS. Grat et Ansut, Martyrs. 20 - Saint Caprais, Evêque et Martyr. 4ème dimanche d'octobre, LE PATRONAGE DE LA B. VIERGE MARIE. 21 - Sainte Ursule et ses Compagnes. 23 - Saint Edouard, Confesseur. 24 - Saint Raphaël, Archange. 25 - SS. Crépin et Crépinien, Martyrs.
Fêtes de Novembre.
4 - SAINT NAAMAS, Confesseur. 4 - SAINT AMANS, EVEQUE DE RODEZ ET PATRON DU DIOCESE. 13 - SAINT DALMAS, EVEQUE DE RODEZ ET CONFESSEUR.
Concordat cum originali :
- Rhutenis, die 6 Junii 1887.
- + ERNESTUS, Episc. Rhutenentis et Vabrensis.
Graduel romain, à l'usage des paroisses, contenant les messes des dimanches et fêtes, la messe des morts, et un choix de messes ad libitum, conforme au chant grégorien traditionnel, et publié par la commission ecclésiastique de Digne. Approuvé et adopté par les diocèses d'Aire, Aix, Ajaccio, Alger, Annecy, Auch, Avignon, Belley, Bordeaux, Carcassonne, Carthage, Chambéry, Constantine, Digne, Fréjus, Gap, Marseille, Metz, Monaco, Montpellier, Moutiers, Nice, Oran, Rodez, Saint-Four, Saint-Jean-de- Maurienne, Tarbes, Viviers, etc.
Vu et permis d'imprimer : Bordeaux, le 18 janvier 1861.
- +Ferdinand Cardinal Donnet. Archevêque de Bordeaux.
MIQUEL Renée






