59350 - Lille

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Lille
Blason de Lille
Informations
Pays Drapeau de la France    France
Région Nord-Pas-de-Calais
Département Nord
Canton Lille-C
Code INSEE 59350
Code postal 59800
Population 184 857 hab. (1999)
Nom des habitants les Lillois / Lilloises
Superficie 3018 ha hectares
Densité hab/km²
Point culminant 43m
Altitude 18m/43m
Coordonnées (long/lat)
Localisation

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Jaune = Arrondt ; bleu = canton ; rouge = commune
(vert = commune partagée entre plusieurs cantons)


Sommaire

H
istoire de la commune

Le nom flamand de Lille est Rijsel.

Histoire ancienne

Les rives de la Deûle sont régulièrement habitées à partir de la fin de la préhistoire. Les fouilles archéologiques ont permis de retrouver des traces de vie au Mésolithique, au Néolithique, à l'âge de bronze, à l'âge du fer, puis à l'époque gallo-romaine. Vers 475 av. J.-C., les ancêtres des Lillois vivent dans des fermes isolées ou des petits hameaux regroupant des exploitations agricoles.

Au début du 1er siècle, le territoire lillois n'est desservi par aucune grande voie qui relie les cités entre elles, mais uniquement par des routes secondaires.
Du 1er siècle av. J-C. au Ve siècle ap. J-C., on recense plusieurs zones d'habitat. La plus dense se trouvait sur la rive orientale de la rivière : de part et d'autre de l'actuelle rue Solférino, entre l'Eglise du Sacré-Cœur et le boulevard Vauban.

Naissance d'une ville

Au IXe siècle, Isla est, sans doute, uniquement composée d'une zone d'habitat et d'un port, que l'on situe vers l'îlot Comtesse.
On y perçoit des taxes sur la vente des marchandises. Déjà, le futur rôle commerçant de Lille se profile.
À partir de 830 et jusque vers 910, les Vikings déferlent sur la Flandre. Face à des pillards très mobiles, il faut organiser la défense localement. Ceci est révélateur de l'impuissance du pouvoir royal de Charles le Chauve. La conséquence immédiate est la montée en puissance de l'aristocratie terrienne. Le système féodal a, au moins, le mérite de protéger les populations dans ces temps troublés.

À la fin du Xe siècle, Lille n'est pas encore une ville mais, elle grossit déjà aux dépens de ses voisines : Fins, Wazemmes et Esquermes.

Moyen-Age

Les premières allusions à Lille, dans les textes, remontent au milieu du Xe siècle. Lieu de pouvoir, avec la résidence des comtes de Flandre, on y frappe la moneta islense, la « monnaie de Lille ».
L'essor démographique, parti des villages voisins, va bientôt gagner la ville. Lille ne cesse de grandir. Elle absorbe l'ancien village de Fins et son église Saint-Maurice. Elle crée de nouvelles paroisses au Sud (Saint-Sauveur) et au Nord (Sainte-Catherine, Saint-André, Sainte-Marie-Madeleine).

Les Lillois sont sans doute environ 30 000 au milieu du XIIIe siècle. Cet essor s'explique par un développement économique sans précédent : le grand marché régional se tient à Lille. On y vend et on y achète les produits agricoles d'un plat-pays très riche. On y trouve aussi des draps. La foire annuelle attire des marchands de l'Europe entière.

Entre France & Bourgogne

L ille est riche et sa position au cœur des marais de la Deûle en fait un verrou entre la Flandre et le royaume de France. Elle attire la convoitise des puissants : le roi de France veut la soumettre à plusieurs reprises (avant et après la bataille de Bouvines en 1214), les soldats anglais aussi, pendant la Guerre de Cent Ans. Et enfin les ducs de Bourgogne (devenus comtes de Flandre) s'approprient Lille entre 1369 et 1477.

Sous Philippe le Bon, Lille est repeuplée, couleur reconstruite, embellie. Car, au XIVe siècle, Lille a souffert. Les guerres, les pestes, les famines ont fait des ravages. Le XVIe siècle marque son renouveau. L'enceinte est agrandie, le nouveau Palais Rihour sort de terre, des églises sont rebâties au goût du jour. Son dynamisme séduira son nouveau maître, Charles Quint, quand Lille tombe dans son escarcelle en 1506…

Beau XVIe siècle

Lille recueille les bienfaits du retour au calme sous le règne de Philippe le Beau (1482-1506).
Sa tradition textile se renforce avec l'essor de la fabrication d'étoffes légères.
Elle s'impose au XVIe siècle sur un marché dopé par la demande de la clientèle française et européenne.

Conséquence logique de ce dynamisme, sa population augmente. Elle étouffe bientôt dans les limites de ses murs. Mais la peste rôde. Sous Charles Quint, elle frappe Lille six fois ! Devant l'ampleur des désastres, on pare au plus pressé. Les maisons infestées sont marquées d'une croix. Les suspects de peste ne peuvent circuler qu'en tenant à la main une verge blanche de 3 à 4 pieds de long pour servir de préservation aux gens sains

Lille pourtant résiste. Son élan vital, porté par ses manufactures, n'est pas brisé par ces pertes. Ce qui fait dire à Louis Guichardin dans sa Description des Pays Bas (1567) : Lille est belle et riche ville, pleine de bons édifices, de grande noblesse et de grand nombre de gros marchands menant grande fabrique.

Lillois Français

Malgré Eux

L ille est restée fidèle à l'Eglise quand, à la fin du XVIe siècle, catholiques et protestants se déchirent.

Elle entre dans un XVIIe siècle plutôt prospère, marqué par une grande activité artistique. Les Lillois commandent des toiles aux maîtres de la toute proche école d'Anvers : Rubens, Van Dyck et Jordaens.

Dans les rues, les demeures de pierre et de brique remplacent progressivement les maisons de bois. On voit fleurir des décors surchargés de fruits, de feuillages, de cornes d'abondance ou de têtes d'angelots.

En août 1667, Lille est rattachée à la France. Elle n'apprécie guère, mais Louis XIV est suffisamment subtil pour désarmer la méfiance des bons sujets flamands.
Dès 1670, Vauban s'attaque à la construction de la citadelle et inspire l'agrandissement de la ville avec de nouveaux quartiers au nord-ouest.

Au Temps des Lumières

La vocation commerciale de Lille s'affirme, plus que jamais, au XVIIIe siècle. Elle n'a plus le privilège d'être la seule autorisée à confectionner tous les tissus et souffre de la concurrence des villes voisines. Sa manufacture lainière s'effondre, mais Lille est sauvée par la diversification de ses activités : dentelleries, raffineries de sucre, fabriques de faïence… Mais si les négociants vivent dans l'opulence, le petit peuple souffre. On sait ici ce que pauvreté veut dire.

Le XVIIIe siècle est le siècle des Lumières, pourtant Lille ne s'emballe pas pour leur philosophie. Ici, on ne badine pas avec la foi catholique et les usages. De là à dire qu'on y manque d'ouverture intellectuelle?
L'accueil favorable réservé à la franc-maçonnerie témoigne du contraire. Les Lillois sont curieux : ils goûtent sans modération les plaisirs de la musique et du théâtre…

La Révolution

A la veille de la Révolution de 1789, la prospérité de Lille est en trompe-l'oeil. Le textile souffre de la concurrence anglaise et les faillites se multiplient. Le chômage progresse. Malgré les émeutes et l'agitation, Lille n'aura pas véritablement de révolution populaire.
La bourgeoisie libérale prend le pouvoir. Mais l'état de grâce de la nouvelle municipalité ne va pas durer.
Le climat politique se dégrade et le terrible hiver 1790-1791 annonce l'arrivée d'un contre-pouvoir. Il sera beaucoup plus radical. Là dessus, la guerre. Le 20 avril 1792, l'Assemblée Législative, à Paris, déclare la guerre aux Pays-Bas autrichiens.
Lille sera en première ligne. Le 29 septembre, à 15 heures, commence le bombardement. Le siège de Lille durera jusqu'au 6 octobre… Mais Lille tient bon. Pour la saluer, la Convention vote à l'unanimité le fameux décret : Lille a bien mérité de la patrie.
La colonne de la Déesse est le témoignage de cette reconnaissance.

Puissance lilloise

Entre 1800 et 1850, Lille bascule dans le monde de l'industrie. Elle entre dans le monde contemporain. Ralentie par la crise révolutionnaire, la vie économique redécolle pendant la première moitié du XIXe siècle.

Longtemps dominée par le négoce, Lille voit le textile s'imposer comme le moteur de sa puissance économique. Délaissant la laine, désormais chasse gardée de Roubaix et de Tourcoing, la ville se spécialise dans le travail du lin et du coton. Ces deux secteurs, en 1850, emploient 85 % des travailleurs lillois. Leur vie est terriblement dure : 80 à 90 heures de travail par semaine pour des salaires de misère, le travail des enfants omniprésent, des logements sordides et insalubres…

Au printemps 1847, 60 % des ouvriers lillois sont au chômage.

La colère gronde, la révolte n'est pas loin. Elle éclatera le 12 mai. C'est encore une émeute de la faim, sans idéologie révolutionnaire, sans conscience de classe. Bientôt, il en ira tout autrement…

Puissance Industrielle

Entre 1850 et 1914, Lille vit l'irrésistible montée de sa puissance industrielle.

Son activité textile est l'une des toutes premières du monde.
Logiquement, autour du textile, d'autres filières industrielles, complémentaires, apparaissent.
L'essor est foudroyant. La métallurgie de transformation devient rapidement le deuxième fleuron de l'économie lilloise. La capitale des Flandres, grand foyer de commerce, est aussi une grande consommatrice. Ses industries alimentaires se taillent la part belle, mais la palme revient à la confection.

Les premières fabriques de vêtements, fondées dans les années 1850, connaissent un essor constant et prodigieux. Conséquence de la flambée industrielle : les Lillois sont de plus en plus nombreux (75 000 en 1850, 220 000 en 1901). La proche banlieue de Lille connaît un essor considérable, comme Hellemmes dont la population est multipliée par onze en soixante ans !

Ville tout en contrastes

Au XIXe siècle, les classes dirigeantes sont toutes puissantes, le prolétariat nombreux et pauvre : la fracture sociale est nette.
9 % de la population détient 90 % des richesses.
Les industriels et les professions libérales connaissent une expansion considérable.

Le contraste avec la situation de l'immense majorité de la population lilloise est saisissant. Les ouvriers ne sont pourtant pas les plus à plaindre car, dans ces années-là, on voit apparaître un sous-prolétariat à la dérive : veuves d'ouvriers, chômeurs, retraités sans pension… La fin du XIXe siècle marque la montée de la classe moyenne : artisans, employés et fonctionnaires sont l'embryon d'une société en transformation.

Malgré les inégalités sociales, une grande unité se révèle : riche ou pauvre, le Lillois aime sa ville. Il y règne une énergie exceptionnelle pour penser, vivre et survivre. C'est ainsi que des hommes et des femmes vont se rassembler pour défendre la liberté, la justice et la solidarité. Et c'est par ce chemin difficile que Lille atteindra sa grandeur.

Après la Guerre

Avec la proclamation du second Empire commence à Lille le combat pour la liberté, symbolisé par une famille : les Legrand, véritables pionniers de la République. Ce mouvement recrute largement dans la bourgeoisie, les classes moyennes et populaires, ce qui explique sa réussite. Face aux graves problèmes sociaux que connaît Lille, deux mouvements vont naître : le patronat chrétien et les débuts du socialisme.

Philibert Vrau est le premier patron chrétien à développer dans son usine une politique sociale avancée. Mais ce paternalisme suppose des ouvriers dociles…

L'engagement socialiste est profondément différent. Au début des années 1880, il porte trois noms : Gustave Delory, Gustave Jonquet et Henri Ghesquière ; tous issus de familles ouvrières très pauvres.


Création de l'Internationale

création à Lille de l'Internationale
Le 23 juillet 1888, lors d'une fête organisée par la chambre syndicale des marchands de journaux au cabaret « A la liberté », rue de la Vignette, Pierre Degeyter interprète une nouvelle chanson qu'il vient d'écrire, « L'Internationale ». Qui peut alors prédire que ce chant deviendra sous peu l'hymne du prolétariat du monde entier ?


Les Dates

1100

  • 1144 • Fondation de la paroisse Saint-Sauveur

1200

  • 1213 • Siège de Lille par Philippe Auguste.
  • 1235 • Charte accordée à la ville par la comtesse Jeanne de Flandre.

1300

  • 1312 • Transfert « perpétuel » de la châtellenie de Lille profit de la France.
  • 1384 • Lille bourguignonne.

1500

  • 1542 • Premiers calvinistes.
  • 1555 • Répression antiprotestante - Exécution des Oguier.
  • 1581-82 • Coups de main des Hurlus contre Lille.

1600

  • 1618-21 • Agrandissement de Lille vers le nord-est.
  • 1667 • Siège et prise de Lille par Louis XIV.
  • 1667-70 • Construction de la citadelle.
  • 1670 • Agrandissement de Lille avec la création des quartiers de Saint-André et de La Madeleine.
  • 1684 • Construction de la porte des Malades (porte de Paris).

1700

  • 1708-13 • Prise de la ville et occupation par les Hollandais.
  • 1714 • Création de la chambre de commerce.
  • 1776 • Décision du Conseil du roi imposant en Flandre la liberté de fabrication dans les campagnes.
  • 1789 • Préparation des états généraux - Emeutes provoquées par la cherté des vivres - Fondation de la Société populaire - Dissolution du Magistrat.
  • 1790 • Installation de la première municipalité élue - Fête de la Fédération sur l’Esplanade.
  • 1791 • Suppression de la paroisse Saint-Pierre et mise sous scellés de Notre-Dame de la Treille.
  • 1792 • Massacre du général Dillon - Proclamation de la Patrie en danger par la municipalité - Siège de Lille.
  • 1794 • Dissolution de la Société populaire.

1800

  • 1804 • Lille, chef-lieu du département du Nord.
  • 1819 • Fondation de l’Echo du Nord.
  • 1824 • Ouverture du cours de chimie confié à Frédéric Kuhlmann.
  • 1846 • Inauguration de la ligne de chemin de fer Lille-Paris.
  • 1858 • Décret impérial annexant Wazemmes, Moulins-Lille, Esquermes et Fives à Lille.
  • 1892 • Grandes fêtes du centenaire du siège de Lille.
  • 1896 • Création de l’université de Lille. Première municipalité présidée par un socialiste.

1900

  • 1914 • Bataille de Lille - Début de l’occupation allemande.
  • 1918 • Lille délivrée par les Anglais.
  • 1936 • Grèves dans les usines de Lille - Suicide de Roger Salengro.
  • 1940 • Nouvelle bataille de Lille - Lille occupée par les Allemands.
  • 1941 • Fondation du journal clandestin La Voix du Nord.
  • 1944 • Bombardements de Lille-Délivrance et de Fives-Lille. La ville libérée.
  • 1951 • Exposition textile internationale - Inauguration du port de Lille.
  • 1955 • Augustin Laurent maire de Lille.
  • 1956 • Début de la rénovation du quartier Saint-Sauveur.
  • 1967 • Fusion des chambres de commerce de Lille, Roubaix et Tourcoing - Inauguration de l’autoroute Lille-Paris - Naissance de la Communauté urbaine présidée par Augustin Laurent.
  • 1973 • Pierre Mauroy élu maire de Lille - Création des premières « mairies de quartier ».
  • 1977 • Association Lille-Hellemmes.
  • 1983 • Inauguration de la première ligne du métro VAL entre les Quatre-Cantons et l’hôpital B.
  • 1989 • Pierre Mauroy, président de la Communauté urbaine - Constitution d’une SEM pour l’aménagement du quartier des gares.
  • 1993 • Le TGV-Nord arrive à Lille.
  • 1994 • Inauguration du tunnel sous la Manche et de la gare de Lille-Europe.
  • 1995 • Lille candidate française pour l’organisation des Jeux olympiques de l’an 2004.
  • 1996 • Création du Conseil communal de concertation composé de 120 membres élus ou cooptés par les associations.
  • 1998 • Lille désignée avec Gênes « ville européenne de la culture » en 2004.

1999 • Yves Durand, maire de Lomme, propose l’association de sa ville avec Lille.

Patrimoine historique

Lille a conservé de nombreux édifices, civils et religieux, de son riche passé :
la Citadelle, l'un des plus beaux exemples de l'architecture militaire du XVIIe siècle, édifiée par Vauban ;
La Vieille Bourse, vestige de l'occupation espagnole qui témoigne si bien du mélange des deux cultures, française et flamande ;
<la Grand Place, haut lieu de l'animation lilloise, et sa Déesse, symbolisant la résistance contre les Autrichiens en 1792 ;
La Porte de Paris, la rue de la Monnaie où étaient frappées les pièces…

  • Histoire et Dates : Source site de la Mairie

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