Belgique - Ronse (Renaix)

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Ronse
( Renaix )
Informations
Pays Drapeau de la Belgique    Belgique
Région Flandre
Province Flandre orientale
Code postal 9600
Population 23770 hab. (2002)
Densité hab/km²
Nom des habitants Renaisiens
Superficie 3493 ha
Point culminant Mont de l'Hotond
Altitude 150 m
Coordonnées (long/lat) 50°45′N, 3°36′E
Localisation

Sommaire

H
istoire de la commune

Dessin de Gaston Duplouich (Vaast ou Vedastus du Plouich ou Duplouich), dans l'ouvrage de Sanderus : "Flandria illustrata", la ville de Renaix vers 1641-1644

Histoire de la ville de Renaix

A titre d'indication bibliographique, disons que la première étude scientifiquement valable de l'histoire de Renaix a été publiée, en français, en 1856 par Gustave et Léonard Battaille ("Recherches historiques sur la ville de Renaix", par G.L.B***, publié à Gand). Ensuite, l'histoire de la ville de Renaix a été écrite surtout par le Docteur Oscar Delghust, qui fut bourgmestre de Renaix. Son œuvre principale, écrite en français, "Renaix à travers les âges" (partie 1 : "Des origines jusqu'à la fin de l'Ancien Régime" et partie 2 : "La conquête française, le Consulat et l'Empire, le Royaume des Pays-Bas") a été publiée en 1936 et 1948. Une réédition de l'ouvrage a été effectuée en 1975. L'édition de 1899 de "Renaix à travers les âges", moins élaborée sur divers aspects de l'histoire de la ville, couvre cependant aussi les événements importants du XIXème siècle. Par ailleurs, une étude fort intéressante de Guy Gadeyne, en français, traite un aspect très important de l'histoire de la ville «Aperçu de l’histoire de l’industrie textile à Renaix jusqu’en 1900». Cette étude a été publiée dans les Annales de Renaix (C.H.A.R.T.I.), tome XXV, 1976.

L'histoire de Renaix plonge dans la nuit des temps, puisque les collines entourant la ville conservent la trace d’activités humaines au Paléolithique. Au Néolithique, la région était peuplée d’agriculteurs et d’éleveurs de manière permanente. Divers fragments de construction témoignent aussi d’une occupation de la région de Renaix durant la période romaine. Le véritable noyau urbain de Renaix peut être daté du milieu du VIIe siècle, lorsque Saint Amand - ou l’un de ses successeurs - y bâtit une église et un monastère en l’honneur des Saints Pierre et Paul. Renaix et son monastère furent donnés par Louis le Débonnaire à l’abbaye d’Inde (Cornelismünster, près d’Aix-la-Chapelle). Celle-ci vendra ses possessions renaisiennes durant le XIIIe siècle. Les reliques de Saint Hermès arrivèrent à Renaix durant le IXe siècle. A cette époque troublée par les raids vikings, les moines durent s’enfuir plusieurs fois de Renaix. Le monastère fut brûlé en 880 par les Normands. Les reliques de Saint Hermès furent récupérées en 940 et placées dans une crypte romane en 1089. L’église Saint Hermès qui fut ensuite bâtie fut consacrée en 1129. Le pèlerinage en l’honneur de Saint Hermès, invoqué pour la guérison des maladies mentales, soutenait l’économie locale. Ne dit-on pas encore aujourd'hui "Saint Hermès guérit les fous des environs et laisse les habitants de Renaix tels qu'ils sont..." ?

Renaix obtint de son seigneur, Gérard de Waudripont, avoué de l’abbaye d’Inde, les privilèges d’une ville en 1240. Jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, la seigneurie de Renaix - puis baronnie en 1549 - comprendra une enclave d'environ 5 hectares au cœur même de la ville urbaine, la "Franchise de Renaix", qui était administrée par le Chapitre de Saint Hermès, avec une totale indépendance juridique et fiscale, et qui avait sa propre justice. Il existait aussi une petite enclave, dépendant du Hainaut, et sans grande importance car située dans le territoire rural de la ville : la "seigneurie et franchise de Landenbourg" (ou "Audenbroeck").

Renaix était une ville très florissante dès le milieu du XIIIe siècle et particulièrement au XVe siècle et au XVIe siècle. Son économie était fondée sur la fabrication et la préparation de draps. La ville fut brûlée et pillée le 26 mars 1478 par les troupes françaises. Vers le milieu du XVIe siècle, Renaix devint un important foyer calviniste dans les Pays-Bas espagnols. Les troubles religieux du XVIe siècle, avec la terrible répression du Duc d’Albe, obligèrent nombre de tisserands et foulons renaisiens à quitter définitivement la ville pour la Hollande (à Leiden, etc.) l’Allemagne (à Emden surtout, Treysa, etc.) et l’Angleterre (notamment Sandwich). L’incendie du 21 juillet 1559 finit de ruiner la ville. Renaix profita ensuite de la période de paix sous les Archiducs Albert et Isabelle pour se relever (début du XVIIe siècle). C’est à cette époque qu’y fut construit l’un des plus beaux châteaux (détruit en 1823) des Pays-Bas méridionaux pour le Comte Jean de Nassau-Siegen, baron de Renaix depuis 1629. La peste de 1635-1636 rendit la ville presque déserte. Malgré la contestation du Roi d’Espagne, Renaix fut annexée à la France de 1680 à 1700.

Durant la période autrichienne, le 31 mars 1719, un terrible incendie réduit à nouveau la ville en cendres. Grâce à la ténacité de ses habitants, Renaix put reprendre son rang parmi les villes, l’industrie et le commerce toujours fondés sur le textile .

La victoire de Fleurus le 26 juin 1794 permit à la France d’occuper le pays, puis de l’annexer. Renaix dut faire face à d’importantes réquisitions, les Finances de la ville furent pillées par les Français. En 1796, l’ancienne administration de Renaix fut supprimée et l’on créa une « municipalité ». La législation française s’appliquera dorénavant à Renaix jusqu’à la chute de l'Empire napoléonien en 1815.

En 1798, la « Guerre des Paysans », réaction à la conscription militaire imposée par les Français, coûtera la vie à plusieurs dizaines de Renaisiens. Des notables furent emprisonnés à la Bastille à Paris, d'autres à Gand, et cinq prêtres furent déportés à l'île d'Oléron. En 1799, Renaix comptait environ 10 000 habitants, mais la misère était extrême : un tiers de la population vivait dans la pauvreté.

L'amalgame de la Belgique avec le Royaume des Pays-Bas en 1815 durant jusqu'à la Révolution belge de 1830. Ce fut une période de relative prospérité pour Renaix. D'importants travaux de distribution d'eau furent entrepris, dont la fontaine avec l'obélisque de la Grand Place en sont un vestige. Le cimetière, situé entre les églises Saint-Hermès et l'ancienne église Saint-Martin, fut déplacé en dehors de la ville. Le superbe château de Renaix fut malheureusement démoli à partir de 1823. Mais Renaix fut à la pointe du sentiment national belge en 1830. Ainsi, d'après Oscar Delghust, les Renaisiens furent les premiers en Flandre à arborer le drapeau national, et des Volontaires renaisiens prirent part aux combats pour l'Indépendance nationale. La bourgeoisie de Renaix fut pourtant, pendant plusieurs années, partagée entre "Orangistes" (partisans de Guillaume des Pays-Bas) et "Patriotes" (partisans de l'Indépendance belge).

En 1840, dans le nouveau Royaume de Belgique, plus de 55 % de la population de Renaix vivait d’une activité liée au textile. La mécanisation engendra une grave crise économique à Renaix durant les années 1845 à 1855. La pourriture de la pomme de terre, maladie apparue à Renaix à partir de juillet 1845, rendit la misère extrême. Le typhus, apparu en août 1847 toucha Renaix particulièrement en décembre de cette année et durant l'hiver 1848, frappant plus de 1200 personnes. La fièvre thypoïde refit son apparition en 1855.

A cette époque, beaucoup de Renaisiens quittèrent Renaix pour les usines textiles du Nord de la France (Lille-Roubaix-Tourcoing) ou pour des travaux agricoles en France (Somme, Oise, …).

Un événement marquant est à signaler en 1861 : le 1er septembre de cette année-là, le chemin de fer fut exploité entre la ville de Gand, importante cité cotonnière, et Saint-Ghislain, près des centres houillers du Hainaut. Renaix se situant au milieu de ce tracé, elle fut mise en contact avec ces villes et ainsi, par ce réseau, avec toutes les villes importantes du pays.

Le choléra fit son apparition à Renaix en 1866 et 53 habitants en moururent.

A partir de 1870 environ, l’industrie textile renaisienne fut sur la voie d’une grande prospérité. C'est ce qu'on a coutume d'appeler le "Miracle de Renaix" : une ville sans ressources particulières, sans matières premières, sans voies de communications exceptionnelles, qui par la seule volonté de ses habitants devint l'un des principaux centres textiles du pays, et qui donnait le "la" de cette industrie dans toute la Belgique et bien au-delà. Une richissime bourgeoisie en naquit également. Ci-contre figure la photographie du personnel de l'entreprise de teinture et d'apprêts Thomaes frères et soeur, prise vers 1893.

En 1881 se produisit le scandale des "Frères des Bonnes Oeuvres" : il s'agissait d'un établissement d'enseignement dirigé par des religieux qui furent condamnés par la justice à des peines de prison (de trois jours de prison à plusieurs mois) pour mauvais traitement envers les enfants. A cette époque de guerre scolaire et de polémiques virulentes entre Libéraux et Catholiques, cette malheureuse affaire fit les gros titres de la presse libérale.

Le "décollage" de l'industrie textile renaisienne ne se fit pas non plus sans heurts dans la dernière partie du 19ème siècle. Les "Troubles de Renaix" du 4 mars 1886, dont on trouvera une relation plus bas sur la présente page, sont liés au développement de cette industrie. Mais il y eut aussi d'autres événements douloureux. Ainsi, le 30 mars 1895, un affrontement entre des ouvriers grévistes, menés par des orateurs socialistes gantois, et la Gendarmerie qui tira sur la foule, fit un mort et plus de 20 blessés graves. Le lendemain, toutes les demandes des grévistes furent satisfaites, et la violence fut unanimement imputée aux forces de l'ordre.

Le 4 août 1914, l’annonce des hostilités jeta la stupéfaction à Renaix. De nombreux Renaisiens furent mobilisés. A ceux-ci s’ajoutèrent 107 volontaires de guerre.

C’est le dimanche 23 août 1914 que les Allemands pénétrèrent dans Renaix. A leur arrivée, ils abattirent Georges De Smet, télégraphiste à la gare de Renaix. D’autres actes contraires aux lois de la guerre furent commis par la soldatesque allemande, mais cependant, Renaix ne connut heureusement pas les malheurs d’autres villes belges telles Dinant, Louvain, Termonde.

Durant toute la Grande Guerre, la ville fut englobée dans la zone arrière du front – « l’Ettapengebied » - et à ce titre, Renaix fut placée sous commandement militaire allemand. Renaix était alors une zone de repos et de services médicaux pour les troupes allemandes.

Le bourgmestre Oscar Delghust sera arrêté par les Allemands en 1917. Les échevins Cyr Cambier et Oscar Thomaes assumèrent successivement les fonctions du bourgmestre.

L’hiver 1916-1917 fut très pénible car à partir du 30 décembre, suite aux intempéries, une grande partie de Renaix fut inondée (le "Steenbrugge", qui est l’actuelle place Aimée Delhaye, le Brul, etc.).

Durant cette Guerre, plus de trois mille trois cent hommes furent réquisitionnés par les Allemands, de nombreux jeunes Renaisiens furent déportés en Allemagne.

C’est l’Armée anglaise qui libéra Renaix lors de la glorieuse offensive de la Libération : la 31ème Division, sous le commandement du Major Général J. Campbell, du XIX Corps d’Armée, commandé par le Lieutenant Général Sir Herbert Watts, qui faisait partie de la IIème Armée Britannique, commandée par le Général Sir Herbert Plumer, libéra la ville peu avant l’Armistice du 11 novembre 1918. C’est en effet le 9 novembre 1918 que les premières troupes de reconnaissance anglaises arrivèrent à Renaix pour la libérer le 10 novembre. Ainsi, la ville fut épargnée par les troubles qui se produisirent un peu partout dans la partie de la Belgique dont les Allemands devaient encore se retirer. Les Allemands, en fuyant la ville, avaient cependant commis de forts dommages au chemin de fer, à la « passerelle », aux ponts de la rue de Saint-Sauveur qu’ils avaient systématiquement fait sauter.

La période de "l'entre-deux-guerres" fut assez prospère pour Renaix, malgré les conséquences de la grande crise de 1929. Cette crise entraîna des faillites retentissantes et de très graves difficultés pour les caisses mutualistes ouvrières. Cependant, les belles maisons construites à Renaix à cette époque témoignent du fait que cette crise fut surmontée.

La Seconde Guerre mondiale commença à Renaix par un bombardement allemand le 10 mai 1940 vers 14 h 30. Il y eut dix tués et huit blessés. Un autre bombardement eut lieu le 12 mai. Un autre bombardement encore, le 17 mai, visait les états-majors belges et anglais établis au Collège. Le 18 mai, les militaires belges et anglais quittèrent la ville. Le 19 mai, des avions allemands mitraillèrent une colonne de réfugiés : on déplora 19 tués. Le 20 mai, les Allemands arrivèrent à Renaix. Durant tous ces jours, Renaix fut traversée par un flot de réfugiés. L’acte de capitulation de l’Armée belge fut signé le 28 mai 1940 au château d’Anvaing, village distant de 8 kilomètres de Renaix. La « Campagne des 18 jours » avait coûté la vie à vingt soldats renaisiens. D’autres moururent en captivité, d’autres enfin tombèrent dans les rangs de l’Armée alliée durant la guerre.

Durant toute cette Guerre, comme partout ailleurs, Renaix souffrit du manque de vivres, eut à utiliser des timbres de ravitaillement, subit le travail obligatoire en Allemagne, eut ses réfractaires, ses collaborateurs, ses Résistants, ses lâches, ses héros et ses attentistes. De nombreux Résistants renaisiens perdirent la vie, victimes de leur patriotisme et de leur idéalisme : ils furent torturés et assassinés dans les geôles nazies ou ne revinrent pas des camps de concentration. Mais d’autres Renaisiens s’engagèrent aussi pour le Front de l’Est dans la « Waffen SS » ou encore dans la « Légion Wallonie » de Léon Degrelle.

Finalement, le 3 septembre 1944, en début d’après-midi, les armées anglaises de la 2ème Armée britannique du Général Dempsey libérèrent Renaix, sans s’y attarder, en fonçant sur Bruxelles, qui fut libérée le même jour. Les Allemands avaient quitté précipitamment Renaix non sans y semer la mort et la désolation, en abattant plusieurs personnes qui se trouvaient en rue, notamment le petit Eric Zonneman, âgé de neuf ans, qui avait à la main les couleurs nationales belges.

A partir de cette date, toute la région était libérée. Cependant, le 5 septembre, une colonne allemande en retraite remonta du Borinage vers l’Est, semant la terreur sur son passage par de nombreux assassinats de civils. Elle fut bloquée dans des fermes à Wodecq, petit village situé à une dizaine de kilomètres de Renaix. La Résistance de Renaix et d’Ellezelles décida d’agir afin d’empêcher cette colonne de continuer plus avant son œuvre de mort. Malheureusement, avant que la colonne allemande n’ait été réduite par l’armée régulière, 24 Résistants renaisiens ou de la Région des Collines tombèrent sous les balles ennemies, lors des combats proprement dits ou lâchement fusillés ou achevés par les Allemands. L’émotion fut très considérable à Renaix.

Après la Libération, et durant près de deux ans, se produisirent à Renaix comme dans bien des villes de Flandre, des actes de mauvais gré. Il y eut des mises-à-sac de maisons de collaborateurs, des dizaines d'attentats à la bombe, etc. Ces actes, certes inacceptables, étaient cependant compréhensibles : ils traduisaient l'écoeurement d'une frange de la population renaisienne face au sort bien trop clément à ses yeux faits aux inciviques, aux collaborateurs et aux dénonciateurs ainsi qu'à l'ingratitude extrême des pouvoirs publics belges envers les Résistants, devenus presque suspects, et envers leurs veuves ou leurs veufs, et leurs orphelins. Il est vrai aussi que profitant de ce climat délétère, des "résistants" de la toute dernière heure ou d'autres personnes peu recommandables commirent des crimes de pur droit commun, ce qui ajoutait à la confusion.

La seconde guerre mondiale fut aussi à l'origine d'une douloureuse affaire dont il est presque impossible de parler sans passion à Renaix aujourd'hui : l'affaire du "Bourgmestre de Renaix". Léo Vindevogel, né à Petegem (près d'Audenarde) en 1888 et ayant suivi ses études d'instituteur à Saint-Nicolas-Waes, fut affecté dans une école à Renaix peu avant la première Guerre mondiale. Volontaire de Guerre en 1914, il fut titulaire de huit chevrons de Front et de la Croix de Guerre. Ensuite, à Renaix, il s'impliqua dans la politique locale - il fut échevin en 1921 – puis nationale – il devient membre de la Chambre des Représentants en 1925. Catholique flamand, il fut à l'origine de la scission du parti catholique renaisien, scindé entre son "Katholieke Vlaamse Volkspartij" (Parti Populaire Catholique Flamand, défendant des thèses flamandes "pointues", "flamingantes" au sens politique du terme, et s'appuyant sur la classe ouvrière flamande) et le "Patria" (Parti catholique "traditionnel" dans lequel se retrouvaient notamment les industriels catholiques renaisiens). Il s'opposait ainsi notamment aux socialistes renaisiens - majoritaires au conseil communal - mais aussi à la bourgeoisie industrielle renaisienne, fortement francisée. Le 2 janvier 1941, il devint bourgmestre de Renaix, nommé à ce poste par les autorités d'occupation nazies. Le légitime bourgmestre (socialiste) de Renaix, Eugène Soudan, retenu en France à l'époque, était dans l'impossibilité d'agir, et il fut même déporté plus tard à Buchenwald. Le Conseil communal cessa aussi de se réunir en 1941. Durant son mandat, fin 1943 Léo Vindevogel réchappa de peu à un attentat de la Résistance, dont l'auteur principal n'était lié - il faut le dire - ni de près ni de loin à la bourgeoisie francophone de Renaix. Cet attentat résultait notamment de la décision de Léo Vindevogel d'obliger près de 400 Renaisiens à monter la garde jour et nuit à certains endroits de Renaix. Cette garde civile obligatoire fut très mal ressentie par de nombreux Renaisiens, d'autant plus que les collaborateurs et tous les proches de l'Ordre Nouveau étaient dispensés de ces prestations. En 1944, à la Libération, Léo Vindevogel fut arrêté pour collaboration. Jugé en 1945 par le Conseil de Guerre, il fut condamné à la prison à vie. Il fit appel. Mais pour son malheur, la Cour statua sur l'appel lorsque toute l'horreur des camps nazis se révélait par la libération des camps. Condamné à mort, Léo Vindevogel fut fusillé à Gand le 25 septembre 1945, seul membre de la Chambre des Représentant à subir ce sort, et alors que des collaborateurs bien plus impliqués que lui s'en tiraient à meilleur compte. C'est pourquoi certains y virent la main de l'establishment francophone belge et c'est pour cette raison qu'il est considéré par le Mouvement flamand comme un martyr de sa cause.

La prospérité de l'industrie textile avait été certes interrompue par la première guerre mondiale, mais elle commença à décliner après la seconde guerre mondiale. Ce déclin fut très sensiblement ressenti dans les années 1960. La décadence de l'industrie textile se produisit durant les "Golden Sixties", ce qui permet d'éviter de trops grands drames sociaux pour les ouvriers et employés de cette industrie. La ville sortit néanmoins paupérisée de cette période de déclin.

Cette paupérisation eut une influence notable sur le prix des immeubles dans ce qui constituait l'habitat ouvrier de la ville du début du XXème siècle. L'immigration à Renaix de populations maghrébines et de personnes défavorisées venant du Hainaut fut une des conséquences des prix et des loyers très modestes de cet habitat vétuste. Et prenant prétexte du fait que ces populations immigrées parlaient surtout le français, les "facilités linguistiques" pour les francophones furent mises en accusation par des politiciens visant à éliminer toute trace de ce qui fit l'originalité de la ville. Cette offensive contre les facilités se poursuit toujours, sous le généreux mais fallacieux prétexte de "mieux intégrer" les nouveaux arrivants. Ainsi, en juillet 2008, le bourgmestre de Renaix rendit publique une lettre adressée au Premier Ministre, dans laquelle il exigeait la fin des facilités pour les francophones. Tous les maux de Renaix proviendraient des facilités, car les populations défavorisées sont attirées par la riche Flandre et ses prestations sociales, disait-il. Comme si la Wallonie offrait moins de protection sociale que la Flandre au point d'attirer des Hainuyers !... Comme si les facilités dans d'autres communes belges les avaient paupérisées ! D'autres raisons étaient citées, certaines flirtant avec la xénophobie, mais jamais sa propre gestion - alors qu'il occupe ce poste depuis bien longtemps - ne fut mise en cause. Il est évidemment plus facile d'accuser quelque chose d'extérieur que de se remettre en cause.

De nos jours, la ville de Renaix, située au coeur des "Ardennes flamandes" et de la "Région des Collines", est un centre commercial qui dispose d’atouts touristiques, tels la crypte - une cathédrale souterraine - et la magnifique collégiale Saint-Hermès, ainsi que des superbes paysages. L'important Musée du textile retrace toute l'évolution de cette industrie à Renaix et possède de nombreux métiers à tisser anciens en ordre de marche. Le Musée de Renaix et du folklore, situé dans l'ancienne "Maison des Espagnols", fait revivre l'histoire des Renaix également dans ses aspects populaires avec la reconstitution d'un estaminet, de métiers artisanaux disparus (sabotiers, forgerons, ...). Le parc de l'Arbre de Malander, aménagé par René Péchère, mérite également une halte.

Le "Lundi des Fous", (ou "Bommelsfeesten", les fêtes des Bommels ou des Bonmoss), carnaval remontant au Moyen-Age, se tient au début du mois de janvier, le premier lundi après l'Epiphanie (mais le grand cortège carnavalesque des "Bommels" a lieu le samedi précédant ce lundi pour des raisons liées à la "modernité"...). Le lien suivant donne plus de précisions sur les fêtes des Bommels : http://www.bommelsfeesten.be/

Le "Grand Tour de Saint Hermès" - ou le "Fiertel"- curieuse procession de 33 km, datant également du Moyen-Age, se déroule le dimanche de la Trinité : les reliques de Saint Hermès, dans un reliquaire en argent abrité dans une châsse, sont portées le long des limites de la ville, suivies ou précédées de plusieurs centaines de marcheurs. Le dimanche de la Trinité est également le premier jour de la Kermesse (fête foraine) du printemps, qui s'installe sur la Grand-Place.

On ne peut aussi oublier de mentionner que les collines entourant Renaix se prêtent admirablement bien aux courses cyclistes. Le "Tour des Flandres" (le "Ronde"), la course "Het Volk" et bien d'autres courses encore passent par le territoire de Renaix. Cependant, la ville de Renaix est surtout connue dans le monde du cyclisme par le championnat du monde de 1963 qui se termina par la "trahison de Renaix" : Rik Van Looy, l'idole des foules, le tout grand favori, fut trahi par son propre équipier sur la ligne d'arrivée, malgré toutes les consignes d'équipe. La consternation du public fut immense et est restée gravée dans la mémoire de tous les spectateurs renaisiens. Un autre dénouement malheureux fut celui du championnat du monde de 1988. Claudy Criquielion, le grand favori, originaire de la région proche de Renaix, fut poussé, lors du sprint de l'arrivée sur les pentes de la Cruche (ou "Kruisberg" en néerlandais), par un autre concurrent - déclassé ensuite - dans les barrières de protection. Renaix fut le théâtre du championnat de Belgique cycliste en 1983, et Lucien Van Impe, un grimpeur d'exception, y fut sacré. Les championnats de Belgique de 1988 et de 2007 (1er juillet) s'y sont tenus.

Par ailleurs, Renaix est une ville flamande située sur la frontière linguistique, qui a toujours été largement ouvertes aux influences picardes et en a acquis un caractère particulier de bilinguisme. Administrativement, depuis la fixation de la frontière linguistique en 1963, la ville est néerlandophone avec des facilités pour les Francophones. Ces "facilités" consistent essentiellement pour les particuliers à pouvoir obtenir tous les documents administratifs en français et à pouvoir effectuer toutes les démarches administratives dans cette langue.

Mentionnons aussi qu'un des personnages profondément ancré dans l'âme renaisienne est "Tavi", que l'écrivain Valère Depauw a merveilleusement rendu dans ses ouvrages écrits en néerlandais. Le lecteur francophone pourra cependant apprécier, malgré un certain désenchantement dû à la traduction, le livre "Tavi" traduit par Willie Verspeyen en 1939.

Enfin, le dialecte renaisien (het "Ronssies"), malheureusement de moins en moins usité à Renaix, a trouvé un ardent défenseur en la personne de Maurice Bouchez, auteur d'un remarquable dictionnaire Renaisien-Néerlandais publié en 1998 : "'t Ronssies in guiren en kluiren".

Le nom de la ville de Renaix

En latin, dans les manuscrits anciens, la ville de Renaix est désignée par des noms très divers. Ainsi, on trouvera notamment Ronoeum, Ronnacum, Rotornacum, Rodenacum, Rodnasce, Rothnasce, Rotnacum et Rotnacum in Flandria ainsi que Rothnacum. Ce dernier nom de Rothnacum sera cependant d'utilisation la plus commune. De là dériveront "Rothnaci" et "Rothnacensi" pour qualifier un Renaisien dans des actes privés ou dans des registres paroissiaux écrits en latin.

En flamand, puis en néerlandais, on trouvera Roncen, Ronsen, Ronsse et enfin Ronse. Le nom Ronsse était encore très utilisé jusqu'au début du XXème siècle.

En langue romane, puis en français, la ville est nommée Rosne, Ronay, Rosnays, Rothnais, Ernay, Renez, Renay et enfin Renaix.

Toutes ces différentes orthographes se retrouvent dans des actes écrits parfois aux mêmes époques. Il s'agit souvent d'un choix purement arbitraire du scripteur.

Ainsi, depuis plus de mille ans la ville de Renaix se nomme officiellement Ronse ou Renaix. Cependant, une résolution d'épuration linguistique des toponymes a été votée par le Parlement flamand en 2006. Cette résolution, visant à supprimer tout caractère officiel aux appellations françaises des villes et communes flamandes, est rendue effective par le Gouvernement flamand. Le beau nom de Renaix ne subsistera dès lors plus que dans le cœur des nombreux Renaisiens, flamands ou francophones, et des enfants de Renaix, où qu'ils soient dans le monde, qui tous, comme leurs ancêtres ayant vécu, aimé et souffert à Renaix, savent ce que tolérance, générosité et ouverture aux autres veulent dire.

Les armoiries et le drapeau de la ville de Renaix

Depuis le XIIème ou le XIIIème siècle et jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, la ville de Renaix fit usage, sur des sceaux notamment, d’armoiries qui peuvent être décrites, en langage héraldique, dans les termes suivants :

« d’or, à l’aigle éployée de sable, armée, becquée et lampassée de gueules ; tenant : une femme sauvage nue au naturel ».

ce qui, dans le langage profane du généalogiste, veut dire :

sur un blason de fond jaune figure un aigle noir à deux têtes, le corps droit et les ailes déployées, les pattes écartées, la queue descendante verticalement avec, en rouge, les griffes, les becs et les langues. Le blason est tenu bien droit par une jolie femme entièrement nue et ne cachant rien de ses charmes, de couleur chair, brune ou blonde de cheveux, une ou deux mains posées sur le dessus du blason, et dessinée à droite du blason.

L’usage de ces armoiries, comme tout ce qui rappelait la féodalité, fut balayé par la tourmente révolutionnaire de la fin du XVIIIème siècle.

Sous l’Empire, en 1811, un dossier fut introduit à Paris pour que la ville de Renaix fasse, à nouveau, usage des armoiries qui étaient les siennes depuis des siècles. Mais le projet représentant l’aigle et la jeune femme, fut refusé par l’administration française : l’Aigle, décrété comme étant un symbole impérial, était réservé à Napoléon ! La chute de l’Empire empêcha qu’un projet de blason représentant Saint Hermès terrassant le Diable ne soit attribué à Renaix. Le tenant de l’écu, la jolie femme, était cependant maintenu dans ce projet de blason français.

En 1815, lorsque les Belges furent amalgamés avec les Néerlandais, un dossier reprenant les armoiries de Renaix fut introduit pour être approuvé par le Gouvernement hollandais.
Las, le puritanisme protestant fut choqué par le tenant de l’écu : la jolie sauvage fut impitoyablement éliminée, malgré les protestations de la ville de Renaix. Si encore, elle était hypocrite et tentait de se cacher ! mais non, il s’agit d’une jeune sauvage … Et en compensation - si l’on peut dire - l’écu fut surmonté d’une couronne de marquis. Cette couronne, dont personne ne peut rationnellement expliquer l’existence, est le pur produit de l'administration hollandaise.

Après l’indépendance de la Belgique, la ville de Renaix se contenta, pour des raisons pratiques et d'économies, de reprendre les armoiries qui avaient été concédées sous le régime hollandais.

Et depuis toutes ces années, une ridicule couronne de marquis défigure le blason de Renaix alors que la jolie sauvage a disparu, pour toujours peut-être, au paradis des généalogistes et des héraldistes.

La représentation graphique du blason qui figure tout en haut de cette page se garde bien de montrer la couronne de marquis.

Sur tout ceci, on lira les intéressantes considérations de feu le regretté héraldiste Henri Bockstal dans les Annales de Renaix ainsi que dans l'ouvrage "Rothnacum 1129-1979" édité par "Renaix Philatélique Ronse" en 1979.

Il reste encore à traiter du drapeau de Renaix, car en effet, la ville possède son drapeau qui n'est pas la simple reproduction des armoiries de la ville.

Le drapeau de Renaix est plus récent. Il est de dimensions classiques. Il est divisé verticalement, en son milieu, en deux parties égales. Il reprend les couleurs de Renaix : le vert au guindant et le blanc au battant. La moitié verte du drapeau, proche de la drisse (bride par laquelle le drapeau est hissé), contient en son guindant (moitié du drapeau le plus proche de la drisse) supérieur (c'est à dire en son canton), le blason officiel de la ville mais sans la couronne de marquis, tel que ce blason est décrit ci-avant. Ce blason officiel est approximativement d'un tiers de la hauteur du drapeau. La partie blanche composant le battant est laissée vierge.

Célébrités renaisiennes et Renaisiens remarquables

Signalons aussi la naissance à Renaix de certaines personnes de renom :

  • Cornelius Le Lorimier, d'une famille notable à Renaix, miniaturiste du XVIe siècle, auteur notamment d'un superbe Missel en 1514 (Voyez les Annales de Renaix de 1983).
  • Hermès Van Winghene, professeur en droit à l'Université de Louvain en 1526, puis conseiller du Conseil privé de l'empereur Charles-Quint, et qui est mort à Bruxelles le 2 mars 1573.
  • vers 1515 le compositeur Cyprien de Rore, mort à Parme en 1565 (Voyez les Annales de Renaix 1981, 1983),
  • le 23 juillet 1871 le docteur Ovide Decroly, célèbre médecin, psychologue et pédagogue, mort à Uccle (Bruxelles) le 13 septembre 1932, fils de Jean-Baptiste, né à Valenciennes en 1834, et de Justine Soret, née à Renaix en 1841 (Voyez les Annales de Renaix, 1966, 1972, 1981). Son portrait figure ci-contre,
  • le 20 octobre 1855 l'ingénieur Frédéric Bruneel, concepteur de la Jonction Nord-Midi à Bruxelles (Voyez les Annales 1966),
  • le 20 avril 1848 l'ingénieur Gustave Royers, concepteur de l'écluse "Royers" à Anvers, mort à Anvers le 30 mars 1923, fils de Jean-Baptiste Royers, architecte de la ville de Renaix, et de Julie Portois (mariés à Renaix le 1er juillet 1847, fille de Emmanuel Portois-Velghe, échevin à Renaix) (idem),
  • le 28 septembre 1842 le minéralogiste et géologue Alphonse François Renard, mort à Ixelles le 9 juillet 1903. Il était le fils de Bonaventure et de Hortense Allard (celle-ci morte en 1898). D'abord prêtre, jésuite, il quitta l'ordre, puis quitta aussi l'église catholique pour épouser à Londres le 21 mars 1901 Henriette Van Grobbelschroy, une institutrice. Le scandale fut immense. Il fut même admis à une loge maçonnique. Mais tout ceci ne doit pas occulter sa carrière scientifique. La "renardite" est un minéral qui a reçu son nom (idem et Annales 1976 et 1978),
  • le 24 mars 1856 le docteur Émile Dubois-Havenith, dermatologue, vulgarisateur hors pair, mort en 1918, fils de Josse Dubois, régent à l'école moyenne de Renaix, et de Marie Colette Vandevelde, (idem),
  • le 23 octobre 1860 le chanoine Edmond Puissant, archéologue, collectionneur d'art, dont les collections forment le musée Puissant à Mons, mort à Mons le 7 mai 1934. Il était le fils de Félix Charles Puissant et de Désirée Josèphe Bruneel (elle-même fille de Marie-Anne Bruneel-Belyn)(idem),
  • Le 18 octobre 1748 le lieutenant feldmaréchal Louis Ferdinand Mondet, qui servi l'Autriche et qui mourut à Gratz en Styrie en 1819 (Voyez les Annales 1965),
  • le 5 novembre 1734 le docteur Jean Baptiste Luc Planchon, savant médecin, fort honoré, mort à Tournai le 1er septembre 1781, fils de Charles Gabriel Planchon, médecin à Renaix, et de Marie Joseph Le Hon. Il avait épousé Marie Célestine Joseph Thiery, née à Péruwelz et morte à Tournai fin août 1794 âgée de 63 ans (idem),
  • le 28 février 1832 le peintre Auguste Delfosse, qui fut notamment honoré du "Prix de Rome", mort à Renaix le 25 mai 1899 (idem),
  • le 4 décembre 1880 l'avocat, bâtonnier du barreau de Bruxelles, parlementaire, ministre à plusieurs reprises, ministre d'Etat, professeur d'université et bourgmestre de Renaix Eugène Soudan, qui mourut à Uccle (Bruxelles) le 3 octobre 1960 (Annales de Renaix 1962). Son portrait figure ci-contre.
  • le 13 août 1913 Henri Richard Van Butsele, fils d'Achille et de Helena Florens, ordonné prêtre à Bruges le 22 mai 1937, qui sera missionnaire au Pakistan, sous le nom de Père Frank-Joseph, et qui mourut à Maryabad au Pakistan le 2 novembre 1953 alors qu'il priait dans l'église, frappé d'un coup de poignard au coeur par un musulman fanatique.
  • le 13 mars 1905 le compositeur, carillonneur et professeur Ephrem Delmotte, mort à Ostende le 19 juillet 1997, qui fit beaucoup pour le renouveau du folklore de la ville (voyez l'ouvrage qui lui est consacré par Adelin Devos et André Onijn, publié en 2005).
  • le 7 avril 1912 l'écrivain autodidacte Valère Depauw, nés de parents tous deux originaires de Lierde-Saint-Martin, qui écrivit notamment le livre "Tavi" en 1937. Il quitta Renaix en 1938. Il mourut à Brasschaat en 1994.

Mentionnons aussi comme Renaisien remarquable :

  • Léon Fouquet, né à Barnes (Londres) le 12 novembre 1918 et mort le 12 février 1977, d'une famille renaisienne depuis plusieurs siècles. Boxeur de très grand talent, il se mesura le 2 février 1947 à Marcel Cerdan pour le championnat européen des poids moyens mais malheureusement, il se fit surprendre après 126 secondes sur le ring et fut mis knock-out. Il fut également très actif dans la Résistance renaisienne et fut maintes fois honoré pour son héroïsme.

D'autres personnages connus vécurent à Renaix :

  • Pieter Titelmans, doyen du Chapitre Saint Hermès, né à Hasselt vers 1501, fils d'Arnould Titelmans, brasseur, et de Helmiet van Muysel. Il fut nommé inquisiteur délégué pour la Flandre en 1545. Il était surnommé "l'inquisiteur sans pitié". Il mourut à Courtrai le 3 septembre 1572 (Annales de Renaix 1964),
  • Etienne (ou Stéphane) Modeste Glorieux, né à Saint-Genois le 3 mai 1802, prêtre, créateur d'institutions charitables, fondateur de la Congrégation des Sœurs de la Miséricorde et de la Congrégation des Frères de Notre-Dame de Lourdes, fils d'Etienne Joseph Glorieux, originaire de Dottignies, et de Rosa Buyssens, née à Saint-Genois. Il mourut à Smetlede le 25 novembre 1872 (Annales de Renaix 1965).

Localisation et patrimoine architectural

Pour une carte de Renaix au XVIIIe siècle, voyez la "Carte de Cabinet des Pays-Bas autrichiens 1771-1778" dite "Carte de Ferraris", rééditée en 1965, et pour une carte du noyau urbain de Renaix en 1719, voyez notamment l'ouvrage sur l'incendie de Renaix de 1719 dans la section "A savoir pour vos recherches généalogiques".

Pour une description complète de la ville du point de vue architectural, voyez l'importante étude (en néerlandais) consacrée à Renaix dans la série "Bouwen door de eeuwen heen in Vlaanderen" ("Bâtir en Flandre à travers les siècles"), tome "Canton de Renaix", paru en 1998.

Un des fleurons du patrimoine architectural renaisien, la "villa Carpentier", oeuvre de Victor Horta, qui avait conçu jusqu'au mobilier, a fait l'objet d'une publication en 2004. De nombreuses habitations construites durant l'entre-deux-guerres (Art Déco, Style international...) sont toujours existantes à Renaix, et un intéressant ouvrage ("Interbellumarchitectuur in Ronse" de Patrick Devos, ouvrage en néerlandais) a été publié en 2005.

Le bâtiment constituant la gare de Renaix, en style classique et dont l'architecte était Auguste Payen, date de 1844. Ce bâtiment, primitivement situé à Bruges, fut reconstruit à Renaix en 1879, mais curieusement, la façade de l'immeuble fait face aux voies du chemin de fer. Il s'agit donc ici de la plus ancienne gare du continent européen. La photo ci-contre date du début du XXème siècle.

Pour une description (en français) des collines de Renaix que sont le mont de l'Hotond (ou Hootond), le mont de Musique (Muziekberg), la Cruche (Cruysberg), etc., on se reportera à l'ouvrage d'Achille Boterdaele paru il y a près d'un siècle, en 1912 : "Nos Ardennes flamandes". Ce livre donne une foule de renseignements descriptifs, géologiques, historiques, anecdotiques et légendaires sur tout le Massif renaisien. Ainsi, on y apprend qu'un poète inconnu du Moyen-Âge avait composé un "lied", dans lequel il est question de Renaix, qui aurait fourni le libretto du Tannhaüser. Une persistante tradition voudrait que le Mont de Musique (Muziekberg) soit le "Venusberg" où aurait séjourné durant sept ans le Tannhaüser belge...

Familles-souches de Renaix

Ci-après suivent les noms des vieilles familles ayant vécu à Renaix de la fin du XVIe siècle jusqu’au XVIIIe siècle. Ce sont les familles que le généalogiste Joseph Jacquart nommait les « familles-souches » de Renaix, c’est à dire les familles qui forment la « souche » de la population renaisienne du XXe siècle. Seuls sont mentionnés les noms des familles ayant compté au moins 30 naissances durant la période considérée. Les noms des familles ayant compté au moins 90 naissances sont suivies d’un (+) et les familles ayant compté au moins 180 naissances sont suivies d’un (++). Les Vancoppenolle comptèrent plus de 1000 naissances ! Prises dans leur ensemble, ces familles procréèrent deux-tiers de tous les enfants renaisiens aux siècles considérés. Pour quelques noms, certaines variations orthographiques ont été négligées et il a été considéré que ces variantes visaient le même nom. Les particules flamandes « Van » et « De » ont aussi été accolées au nom dans tous les cas. On notera aussi l’importance des noms à consonance romane.

Aelvoet (+), Ameels (+), Anrys, Anton, Arnould, Backauw (+), Baert (++), Ba(t)taille (+), Bauwens, Beatse (+), Beaucamp, Beausire, Bellin, Bellinck (+), Belsie, Benoit, Bernard, Bersez, Beufkens, Blancquaert, Bockstal (++), Boelaert, Borgie (+), Bouchez, Boulaert, Bourgeois, Bourlez (+), Bouvrie, Braeckeleer, Bridou (+), Brootin, Bruggeman (+), Bruneel (++), Brutyn, Bufkens (++), Buys, Callewaert (+), Cambier, Camphin, Cantart, Cappelle, Cardon, Carlier (+), Carteus, Cauterman (++), Claris, Claesens, Clément (+), Clop, Cnudde (+), Colbrant, Couchie, Coussaert, Coessens, Couvreur (+), Cranskens, D’Anvaing, Debacker, Debisschop (++), Deblock (+), Debouverie, Debrakeler, Debunderie, Debuysscher (+), Declercq (++), Decock (+), Deconinck (+), Dedoncker, Dedonder, Dehondt, Dejonghe (++), Deketeleere, Dekeysere, Delanghe, Delannoy, Delaruelle (++), Delattre, Delbar, Delcoigne (++), Deletenre, Delfosse (++), Delie, Delinck, Delivinne (+), Delmeul, Delmotte, Deloose, Delouvroy, Delplancke, Delrue, Delville, Delvoye, Demalander, Deman, Demanez, Demelander, Demey (+), Denachtergael, Denonvervaerden, Depaepe, Deparis, Depé, Depoortere (+), Depottere, Deprez, Depriester, Derodere (+), Derore, Derudder (+), Derycke (+), Desaeytijdt, Descheppere, Desmet (++), Devlaeminck, Devoet, Devos (+), Dewadripont (+), Dewaele (++), Dewitte, Dewolf (++), Deworm (+), D’Hondt, Dierman, Dubois, Dujardin, Dupont, Duvivier, Everaert (+), Febvrier, Fonteyne (+), Fort, Fostier (++), François, Frarain, Geenens (+), Gereyt, Gheerolfs, Gilleman (+), Gobert, Goebier, Gosse, Grandsier, Gyselinck, Haelters, Hanson (+), Hantson (++), Haustraete (++), Herman, Heylens, Hoeckman, Hooghstoel (+), Hooreman (++), Huvenne, Jolyt, Joris, Kerkhove, Kielemoes, Kint, Landrie, Landriez, Lammont, Laurent, Lebrun, Leclercq, Ledru, Lefebvre (+), Lelong, Lepé, Lermain, Leroy, Lesenne (+), Libbrecht, Maelreyt, Maerheyt (+), Maes (++), Mahieu, Mahu, Malengreau, Malrein, Manhaege, Mareyt, Massez (++), Mechens, Meerschaert (++), Meuleneyser, Moerman, Monart, Mondet (++), Monier, Mora, Moreau (+), Moreels, Morel, Moyart, Murez, Okerman (+), Ooreman (+), Opsomer (+), Paternot, Penson, Piers (+), Pladuste, Portois, Pot (+), Procureur, Provot, Puissant, Raevens (++), Renard, Roman, Roose, Rousseau, Ruyffelaert (+), Rysselinck, Saegeman, Salé, Sanglan, Sanspeur (+), Sarteel, Schallon, Schamps (+), Seghers, Seys, Sibille, Sierkens, Simoens, Simonart, Snacke, Soudan (++), Spiers (+), Spileers (+), Stevens, Stichelboet, Stockman (+), Surquin, Temmerman, Tessein, Thienpont, Tkint (+), Tonneau (+), Torcq (+), Tranoy, T’sock, Vallé, Vanbaeten (++), Vanbosterhaut (+), Vanbutsele, Vanclarebeke (+), Vancoppenolle (+++), Vandecappelle (+), Vandenberghe (+), Vandendaele (++), Vandendoorne (+), Vandendriessche (++), Vandeneede, Vandeneynde (++), Vandenhende (++), Vandenhoecke (++), Vandenhole (++), Vandennieuwenhove, Vandepladutse, Vanderaspaille (++), Vanderburcht, Vandercoilden (+), Vandercapelle, Vandercuylle, Vanderdonckt (++), Vandereecke (++), Vandergheynst (++), Vanderhaeghe (+), Vanderlucht, Vandermeersch, Vanderspiegele (+), Vandevelde (+), Vandevrye, Vandewalle, Vandewiele, Vandystadt (++), Vanerpe (+), Vangaert, Vangermeersch, Vanhoecke, Vanhoolant, Vanhove, Vankerckhove, Vanmoorleghem, Vannieuwenhove (+), Vanopbroecke (+), Vanovertveldt, Vanrokeghem (+), Vanschurebeke, Vanwaeleghem, Vanwinghene (++), Vanwymeersch, Velghe, Verbeke, Verdonck, Vereecke, Vergeynst (+), Verhaeghe (+), Verhelle, Vermeulen, Verplancke, Verpoest, Verpoort, Verschelden, Vinoy, Vivier, Vlaminck, Waignart, Walmacq (+), Wambersie, Weymes, Wymeels.

Patronymes renaisiens les plus répandus de nos jours

Les noms les plus répandus à Renaix sont, de nos jours, d'après les statistiques publiées, les suivants :

Geenens (avec 190 porteurs du nom), Vancoppenolle (148), Spileers (148). Viennent ensuite les noms Hantson (109), Devos et De Vos (183 avec les deux orthographes du nom), Roos (98), Vandendaele (96) Maes (87), Baert (85), Aelvoet (78), Haelters (77), Vandenabeele (73), Stockman (72), Dewolf et De Bock (66 porteurs du nom chacun), De Smet et Declercq (65), Laurier (60) et Van Overmeeren (57).

Toponymes renaisiens

Le document transcrit ci-après date d'avant 1684, année durant laquelle fut finalisé le cadastre de Renaix. Ce document est l'évaluation des terres de labours et prairies ("La Prisée de Renaix"). Il reprend la plupart des toponymes renaisiens et permet de comparer la valeur des terres :

La Prisée des terres dans les seigneuries du Pays de Renaix, dont on a coutume de se servir pour les Impositions

Premièrement,

Le Leen-velt, Le Pickel-dooren, Le Grand Cautereel, Le Petit Cautereel, Les deux Steen-velde, Le Ten driessche, Le Helle, Le Brugge-velt, Le Camme-landt, Le Bront-straetken, Cokel-beke, Le Smisse, Le Biest-mortele, Le Maeter-velt, Lievens-velt, Kel, Le Borreken, Le Heckens-velt, Le Maryve, Le Wint-meulen-velt, t’Hooge Putte-velt, Les deux Huys-bergen, St Cornelis-velt, Ronsse Cauter, Le Putkens-velt, Dnoris-velt, Les deux Berch-cauter, Le Letter-velt, Le Breul-meulen-velt, Winkele, D’ys-meulen-Cauter, Le Craye-velt, Les deux Savelen, Schur-velt, Letter-velt,

Ce que dessus à vij sols, chacun journal,

Dale, Le Fremeerschberghe, Le Hooghe-velt, Le Pael-vulghe, Capel-cautere, Dast ende Cruyce, Somerie, Den hooghe wegh, Le Bollen-velt, Den Assche, Den Ryst, Den Groen-wech, Le Hoelbecke, Le Pacht, Le Haeghe-velt, Wrinck, Docke-velt, Schaepe Cautere, Le Grooten Daele, Quae-beke-cauter, Le Solle-velt, La Priesterye, Le Langhe-velt, Le Hanins-velt, Le Spenissen-bergh, Le Lindeken, Le Bouchaege, Le Barick, Le Pacht ten Audenbrouck, Ten oppen-brouck,

Tout cecy dessus à cinq sols, chacun journal,

St Martens Pacht, Le Backereel-cauter, Le Nulschke Beykens-velt, Le Jolijt, Paillart, Le Pacht ter beken, Le Paillaert-velt, Le Soemerie, Le Perrekens-velt, Le Wolfs-velt, Le Pacht te Waeyenberghe, Le Lysen-berghe, Le Schape-cauter, Trecht, Le Pacht ten Nieuwenhove, Le Boem, Le Meyereye, Les deux Berghen, Le Barick, Cuelle Cauterken, Le Schelde-cauter, Le Cleen Maryve, Le Stoc-cauter, Le Hens-bergh, Le Groot-velt, Waegh-brugghe, Le Heer-weghen, Les deux Berghen, L’Eek-haut, Slos-velt en Berghe, Bosschaers-velt, Le Trogerye, Le Huy borreken, Le Langhe-velt onder de Craeyen, Pape Cauter, Le Hase-velt, Meulen Dam, Le Keerserye, Le Pacht ter Folye,

Tout ce que cy dessus à iv s. par. chacun journal,

Le Biest Cauter, Le Suerendriesch, Le Voor cauter, Neer deurne, Le Cleen cauter, Le Snabbaert, Le Craeyen brouck,

Tout ce que dessus à iij sols vj den. chacun journal,

Le Blanckaert, Le Roo eerde-velt, Le Ecke-velt, Le Hootom, Schaerpen berghe, Eenen houck in den heyns-dale, Steen-velt, Le Moortel velt, Le Geneerde velt, Le Mier hul, Hultkens-bosch, Le Meyars-velt, Tot den Vroonen-bosch, Meerghele, Ponceel-heye, Le Pacht, Le Huevele, Le Clermont, Le Plas-velt, Le Wolf-veldeken, Le Burreken te deurne, Le Gucht-velt, Schassaert, L’Eecken bergh, Schaessendaele, Le Speel-berch, Hooghen landts putte, Le Huys-borreken, Coppenolle, Le Putte, Le Rocht, Le Grootvelt te deurne, Le Jans-velt, Le Velt onder den borsch, Blanckaert, L’Eenissche-velt,

Tout ce que dessus à iij sols par. chacun journal,

Hooghe Schoon-boucke, Tombeele, Mallaize, Ter Heyen, Tot Hooghe deurne, Tot Onder de Pot eerde,

Tout ce que dessus à ij sols par. chacun journal,

Ce qui suit est la prisée des Preries,

Premièrement,

Les deux Langhe Meersschen, L’Eppen-brouc-meersch, Le Bloote Meersch, Plancke Meersch, Le Beloc, Le Fiertel Meersch, Le Deuren Meersch, Le Meste Weede, Hesse plancke, Le Capitel meersch, Le Ronsche meersch,

Ces Preries à x sols par. chacun journal,

Le Brem-borsch-meersch, Le Vloet, Troost, Le Baeremeersch, Le Haegh meersch, Tot den Eechaut vyver, Lorinaert, Le Peerde meersch, Le Ponseel meersch, Le Rouge Pretz, Le Drepe meersch, Le Bunder meersch, Quae-beer meersch,

Celles cy à vij sols par. chacun journal,

Waets-Brugh-meersch, Hoogh-Deurne-meersch, Willekens-meersch, Stry-meersch, Le Ghevers-meersch ten brouc,

Celles cy à v sols vj den. chacun journal.

A savoir pour vos recherches généalogiques

Le dépôt d'archives

Beaucoup de villes de Flandre possèdent un dépôt d'archives communal. Ce n'est pas le cas pour Renaix. En effet, en exécution d'une convention passée entre la ville de Renaix et les Archives Générales du Royaume, les archives de la ville de Renaix ont été déposées en 1964 aux Archives de l’Etat à Renaix, rue Van Hove 45, 9600 Renaix ; téléphone et télécopieur : (+32) 055/21.19.83, courriel : Rijksarchief.Ronse(arobase)arch.be

Ainsi, sauf pour l'état civil de moins de cent ans, toutes les recherches sont à effectuer aux Archives de l'Etat à Renaix.

A noter qu'aux Archives de l'Etat à Renaix, les documents en libre accès peuvent être consultés également le samedi (sauf en juillet et en août). La plupart des documents intéressant le généalogiste sont disponibles en libre accès. Comme tous les dépôts d'archives de l'Etat, ce dépôt est fermé le lundi.

Du point de vue pratique, disons que le dépôt d'archives est situé à quelques minutes à pied de la gare de Renaix (face à la gare, s'engager dans la rue de la Gare et aller jusqu'à la place Franklin Roosevelt puis, arrivé au début de la rue au Vin, prendre, à gauche, la rue du Château : le dépôt d'archives est au bas de la rue du Château, à l'angle de la rue Van Hove) et facilement accessible en voiture (l'automobiliste peut se garer sans problème, et gratuitement, dans la rue même du dépôt d'archives ou dans les environs immédiats de celui-ci). Le généalogiste du Nord de la France prendra, sur l'autoroute Lille-Bruxelles, la sortie "Frasnes" pour se diriger alors vers Renaix ou venant de Leuze-en-Hainaut, se dirigera vers Renaix. Pour des "expéditions" généalogiques de plusieurs jours, mentionnons que des hôtels accessibles et des restaurants et snacks très corrects sont situés à proximité du dépôt.

Les registres d'état civil et les registres paroissiaux

Sont notamment consultables aux Archives de l’Etat à Renaix :

  • les actes d’état civil de 1795 jusqu’à la fin du XIXe siècle avec des tables décennales, sous la forme de microfilms, accessibles en libre accès. Ces actes sont rédigés en français ou en néerlandais suivant les époques considérées.
  • les registres paroissiaux antérieurs à 1796 avec un index alphabétique (non filiatif) cumulatif moderne, sous la forme de photocopies. Ces registres sont rédigés en latin. Les registres photocopiés sont disponibles en libre accès.

Les registres paroissiaux de Renaix débutent en  :

Les registres de Saint-Hermès, comprenant au maximum quelques dizaines d’actes par an, n’ont pas fait l’objet d’une indexation.

Les états de biens

A l’appui et en complément des registres paroissiaux, l’on consultera prioritairement les actes de dévolution successorale et de tutelle ( les « états de biens », « staten van goed » en néerlandais) passés devant les échevins de Renaix jusqu’en 1795.

Ces "états de biens" n'existent pas dans d'autres régions : il s'agit d'une source spécifique à la Flandre. Ces actes étaient établis, et sous la supervision des échevins de la ville, lors du décès d'une personne lorsque l'un des héritiers était mineur. Comme on était majeur à 25 ans, et que l'on perdait souvent fort tôt ses parents en ces périodes-là, beaucoup de successions donnèrent lieu établissement d'un "état de biens". Certes, il fallait bien qu'il y ait l'un ou l'autre bien dans la succession, mais des successions très modestes impliquaient un état de biens.

Un "état de biens" commence d'abord par des données généalogiques : qui est le défunt, qui est son conjoint ou ses conjoints successifs, de qui est-il l'enfant, quels sont ses enfants et ses descendants, qui sont les tuteurs désignés de ses enfants et de leurs descendants (généralement des grands-parents ou des oncles), etc. Lorsque le défunt n'avait pas de descendance, la succession était attribuée aux enfants des ses frères et soeurs, voire aux descendants de ses oncles et tantes. On peut donc obtenir un tableau généalogique assez inespéré en ne recherchant pas uniquement des états de biens relatifs aux ascendants directs, mais en reconstituant toute la famille élargie. Après les données généalogiques, l'acte donne les biens puis les dettes du défunt. Il est ainsi possible de voir un cliché du cadre de vie d'un ancêtre lors de son décès, en y retrouvant une description de son habitation, de ses terrains, de ses livres (parfois !), de ses bijoux, de son métier à tisser, bref de tout ce qui fit sa vie.

Pour Renaix, ces actes sont généralement établis en flamand de l'époque (donc bien avant la normalisation du néerlandais usité aujourd'hui en Flandre) mais parfois aussi, beaucoup plus rarement, en français. L'écriture des actes n'est pas toujours facile à déchiffrer.

Ces actes sont consultables sous forme de microfilms (pour les plus anciens) ou en originaux. Les renseignements généalogiques contenus dans ces actes ont été analysés en 1878-1879 par le capitaine van den Bemden qui les a transcrits sous la forme de petits schémas (Archives de l’Etat à Renaix, inventaire n° 110, n° 2027). Ce document a été dactylographié par Georges H. Hooreman en 1937. Cet ouvrage est consultable en libre accès dans la salle de lecture des Archives de l’Etat à Renaix et a été diffusé auprès des principales association généalogiques belges (O.G.H.B. et S.C.G.D. à Bruxelles, V.V.F. à Anvers-Merksem et Ostende, etc.). Un index onomastique – reprenant en plus quelques « états de biens » retrouvés depuis lors – a été réalisé par les Archives en 1988 (AER, inventaire n° 110bis).

L'ouvrage de MM. van den Bemden et Hooreman analyse les états de biens de manière parfois assez sommaire. Dans l'esprit de ses auteurs, cet ouvrage constitue plus un index renvoyant aux actes eux-mêmes qu'une analyse se suffisant à elle même. C'est pourquoi, une nouvelle transcription des états de biens de Renaix, qui sera de toute grande qualité et très détaillée, est en cours. L'auteur de celle-ci, M. André Lafort, pense pouvoir publier l'ouvrage à l'été 2009. Comme toutes les publications de M. Lafort, l'ouvrage pourra être consulté en libre-accès aux Archives de l'Etat à Renaix ou être acquis à prix coûtant par tout généalogiste intéressé auprès de M. André Lafort que l'on peut déjà contacter pour réservation d'un exemplaire à l'adresse suivante : andre.lafort(arobase)skynet.be

Le droit de bourgeoisie

Il est intéressant de noter que, contrairement à beaucoup de petites villes de Flandre, Renaix ne donnait pas le droit de bourgeoisie. Celui-ci, pour les habitants de Renaix, se prenait normalement à Alost (Aalst en néerlandais) ou à Grammont (Geraardsbergen en néerlandais). Il n'y avait donc pas de "bourgeois de Renaix", seulement des bourgeois "forains" (= "du dehors", "extérieurs", à rapprocher de "foreign" en anglais, ou en néerlandais, "buitenpoorters") d'Alost ou de Grammont résidant à Renaix. Résidaient également à Renaix l'un ou l'autre bourgeois de Bruges, de Tielt, etc.

Cette qualité de bourgeois était généralement obtenue moyennant finances, mais aussi par héritage (avec généralement un payement annuel d'une somme relativement modérée). Pour Alost ou Grammont, la qualité de bourgeois forain n'impliquait pas que le bourgeois de ces villes ait résidé dans la ville dont il possédait la bourgeoisie. De nos jours, on peut comparer la qualité de bourgeois à une (sous)-nationalité. Etre bourgeois et bourgeois forain d'une ville, c'était bénéficier de la protection de cette ville, en étant, par exemple, jugé par d'autres bourgeois de la ville, en sachant que son patrimoine successoral sera exempté du "droit de meilleur catel" (droit pour le seigneur du lieu de s'emparer du meilleur bien mobilier présent dans la succession), etc. Etre bourgeois (forain ou non) d'une ville en Flandre, n'impliquait pas un statut social supérieur même si ceux qui ne possédaient rien (n'ayant donc pas non plus la possibilité de payer la taxe annuelle) ne remplissaient pas les formalités pour obtenir ou conserver la qualité de bourgeois d'une ville. Les listes de bourgeois sont intéressantes à étudier car elles mentionnent bien souvent le prénom du père du bourgeois, les dates d'admission, etc.

La liste des bourgeois forains d’Alost résidant à Renaix, transcrite par Georges Hooreman, a été publiée dans la revue « L’Intermédiaire des Généalogistes » en 1963 et 1964.

Les inventaires d'archives

Les archives d’Ancien Régime ont fait l’objet d’inventaires détaillés, comprenant un index onomastique, par Herman van Isterdael (« Stad en Baronie Ronse », AER, inventaire n° 110) et Guy Gadeyne (« Kapittelkerk en parochiekerken van Ronse », publié en 1979, plus un supplément publié en 1988). Ces deux inventaires permettront au généalogiste de se diriger aisément dans les archives d'Ancien Régime, et livreront à l'historien des familles quantité de renseignements utiles pour replacer ses ancêtres dans leur cadre de vie. Guy Gadeyne a également réalisé l'inventaire des archives contemporaines de la ville de Renaix, publié en 1988, "Stad Ronse (Hedendaagse periode). Deel I: 1796-1918".

Un fonds intéressant pour le généalogiste est celui des "Archives des familles et des personnes" ('Familie- en persoonsarchieven"). Il a été inventorié par Herman Van Isterdael, Marc Decrits, Emmanuel Vercaemst et Guy Gadeyne. Cet inventaire - deux volumes - a été publié par les Archives Générales du Royaume en 2001 et 2003. Une table onomastique termine les deux ouvrages, qui sont bien évidemment consultables aux Archives de l'Etat à Renaix. Il ne faut certes pas s'exagérer l'importance de ce "fonds des familles", qui concerne aussi bien des villages aux alentours de Renaix, mais on y fait parfois des trouvailles dignes d'intérêt, certainement pour étoffer une généalogie. Le chercheur à Renaix réservera donc assurément une attention particulière aux deux volumes publiés.

Par ailleurs, jusqu'en 1795, l'appel des décisions de justice était, pour Renaix, dévolu au Conseil des Flandres, la plus haute cour de justice du comté de Flandre, siégeant à Gand depuis 1407. L'inventaire des archives du Conseil des Flandres a été effectuée par J. Buntinx, et publié de 1964 à 1979 par les Archives Générales du Royaume, en neuf volumes : "Inventaris van het Archief van de Raad van Vlaanderen". Cet inventaire comprend une importante table onomastique. Les archives proprement dites sont conservées aux Archives de l'Etat à Gand, mais un exemplaire de l'inventaire est consultable aux Archives de l'Etat à Renaix.

Enfin, il est intéressant de noter que Renaix appartenait au diocèse de Cambrai jusqu'en 1559, puis à l'archidiocèse de Malines, diocèse de Gand en 1801. Des dispenses matrimoniales sont à trouver dans les archives de ces institutions.

Quelques sources généalogiques publiées

Certaines sources généalogiques intéressantes ont été publiées dans la revue du « Cercle Historique et Archéologique de Renaix et du Ténement d’Inde » (C.H.A.R.T.I.). Les articles sont en français ou en néerlandais. Les Archives de l'Etat à Renaix disposent d'une collection complète de ces "Annales de Renaix". On lira avec intérêt :

  • les Annales 1956, 1973 et 1974 sur les « signes manuels » des habitants de Renaix au XVIe siècle et au XVIIe siècle, par Yvo Brouwers et Paul van Butsele,
  • les Annales 1961 sur l'incendie de Renaix de 1719, avec la liste des sinistrés, souvent leur profession, et l'emplacement exact de leur habitation, par Henri Bockstal,
  • les Annales 1967 et 1968 sur les conscrits renaisiens sous les Aigles impériales, et les réformés, par Laurent Wasseuil,
  • les Annales 1964, 1968 et 1975 sur les Renaisiens à l'Université de Louvain, par Jacques Deconinck et Marc Decrits,
  • les Annales 1975 sur le recensement des foyers de Renaix vers 1600, par Paul van Butsele,
  • les Annales 1981 et 1983 (et autres livraisons ultérieures) sur le fameux compositeur flamand (de madrigaux notamment) Cyprien de Rore (Cipriano de Rore, Cyprianus de Rore, Ciprianus Rorus...), né à Renaix en 1515/1516 (et non à Malines ou ailleurs...) et mort à Parme en 1565. L'article donne une généalogie exhaustive de la famille renaisienne de Ro(de)re et des indications sur les alliés, par Albert Cambier,
  • les Annales 1985 sur les habitants de Renaix en 1567 et sur les victimes de l’inquisition espagnole, par le colonel Albert de Lannoy et Jacques Deconinck,
  • les Annales 1991 sur les nombreux habitants de Renaix mentionnés dans la charte de 1637 accordée à Renaix, par Paul van Butsele,
  • les Annales 1994 sur la généalogie de la famille Fostier, complétée et ornée de blasons, par Eric Devos,
  • et biens d'autres articles encore : un index de tous les articles publiés figure dans les annales 2001.

Les autres sources

D’autres sources très intéressantes sont consultables aux Archives de Renaix, telles

  • le cadastre de 1684, avec le détail des biens et leur localisation,
  • les « erfenissen » (actes de vente d’immeubles principalement) sous forme de microfilms, en libre accès,
  • etc.

Le capitaine van den Bemden, qui fut l'un des premiers archivistes de Renaix dans la seconde moitié du XIXe siècle, a déposé à l'Université de Gand ses travaux généalogiques relatifs à plusieurs familles renaisiennes. Ces travaux sont consultables à la bibliothèque de l'Université. Un inventaire sommaire a été publié dans les Annales de Renaix.

Quelques indications bibliographiques

A noter aussi quelques ouvrages intéressants :

  • l'ouvrage de Jacob Henri Bekouw, « Bannelingen en vluchtelingen uit Ronse (Renaix) » (Bannis et fugitifs de Renaix lors des troubles religieux du XVIe siècle),
  • la liste des Renaisiens émigrés à Leiden suite aux troubles religieux du XVIe siècle établie par Paul van Butsele (ouvrage dactylographié du V.V.F.-Vlaamse Ardennen),
  • la liste des étrangers morts à Renaix (Ancien Régime) par Paul van Butsele (manuscrit du V.V.F.-Vlaamse Ardennen),
  • l' «Armorial de Renaix, extrait du manuscrit généalogique Fostier» dans la revue «Le Parchemin» de 1965,
  • l'étude du Colonel Albert de Lannoy, « Les origines tournaisiennes de la famille Cambier de Renaix », dans «Le Parchemin» de 1982, ainsi que plusieurs livraisons ultérieures sur la famille Cambier (notamment en 1999 et 2000).
  • l'ouvrage du Docteur Oscar Delghust "sur les Magistrats communaux de la ville de Renaix de 1300 à 1951", paru en 1951.
  • les "Recherches historiques sur l'Hôpital Saint Eloi à Renaix" par le docteur Oscar Delghust, paru en 1920.
  • "Sandou, le brigand des Collines" par Michel Provost, paru en 1995, sur une bande de brigands dans la région de Renaix, à l'extrême fin du XVIIIe siècle.
  • l'ouvrage "Le Renaisis pendant la seconde guerre mondiale", deux volumes, par Noël Deconinck, paru en 1975 et 1980, qui donne notamment la liste des Résistants renaisiens, le Martyrologe de la Région, etc.

Familles notables

Ancien Régime

Parmi les familles notables de Renaix sous l'Ancien Régime, et qui ont fait l'objet d'une étude généalogique, on citera notamment les familles :

  • Mondet, étudiée par le docteur Oscar Delghust (Annales de Renaix, 1965),
  • Fostier, étudiée par Eric Devos (Annales de Renaix, 1994),
  • Van Hove, étudiée par le docteur Oscar Delghust (Annales de Renaix, 1965),
  • van Winghene, dont le membre le plus éminent fut Hermes van Winghene, professeur de Droit et recteur à l'Université de Louvain, membre du Conseil Privé, sous Charles Quint. Cette famille est étudiée par le docteur Oscar Delghust (Annales de Renaix, 1965),
  • Waignart, étudiée par Caroline Bouchez et Frédéric Thomaes (publication prochaine),
  • Merry, étudiée par Godefroy Declercq (Annales de Renaix 1978),
  • Anrijst ou Anrys, famille également établie à Russeignies, et sur laquelle est parue une courte notice dans les Annales de Renaix de 1985,
  • Reighersvliet, étudiée par Jacques Deconinck et le Colonel Albert de Lannoy pour les XIVe et XVe siècles (Annales de Renaix 1974),
  • Baccau ou Baccauw, étudiée par Jacob Henri Bekouw,

D'autres familles importantes n'ont pas encore fait l'objet de publications. On citera à titre d'exemples certaines familles que l'on retrouve notamment parmi les membres des magistrats communaux de la ville de Renaix :

  • Bufkins ou Bufkens, une des plus anciennes familles de Renaix,
  • de Malander, qui donnera la famille de l'Arbre de Malander, dont une descendante, Isabelle, s'allia en 1971 au prince Philippe Erasme de Liechtenstein, fils cadet du prince régnant de Liechtenstein,
  • Materlinc, dont est issu l'écrivain Maurice Maeterlinck, prix Nobel de littérature en 1911,
  • de Pottere, famille qui émigra à Gand, et qui fut étudiée par Ferdinand van den Bemden en 1878 (ouvrage manuscrit),
  • Van Bosterhout, étudiée par Ferdinand van den Bemden en 1878 (ouvrage manuscrit),
  • Baert, étudiée par Ferdinand van den Bemden en 1878 (ouvrage manuscrit),
  • Van Boulaere, étudiée par Ferdinand van den Bemden en 1878 (ouvrage manuscrit),
  • Cauterman, étudiée par Ferdinand van den Bemden en 1878 (ouvrage manuscrit),
  • Haustraete,
  • Van Coppenolle, famille comptant de nombreux représentants à Renaix,
  • Torcq, dont un membre fut secrétaire du Chapitre de Renaix,
  • Mariscault,
  • Meerschaert, famille de marchands,
  • Battaille, dont un membre fut premier magistrat de Renaix durant une partie de l'occupation française,
  • etc.

Période moderne

Les familles influentes qui jouèrent un très grand rôle dans la prospérité économique de la ville, de la seconde moitié du XIXe siècle jusqu'à la seconde Guerre Mondiale sont essentiellement, par ordre alphabétique, les familles :

  • Cambier, étudiée notamment par le Colonel Albert de Lannoy (voyez la revue "Le Parchemin", de l'Office Généalogique et Héraldique de Belgique),
  • Dopchie, étudiée par le docteur Oscar Delghust (voyez les Annales de Renaix, 1966)
  • Guisset, mentionnée dans le "Dictionnaire des Patrons en Belgique" de Ginette Kurgan, 1996,
  • Lagache, mentionnée dans le "Dictionnaire des Patrons en Belgique" de Ginette Kurgan, 1996,
  • Thomaes, mentionnée dans le "Dictionnaire des Patrons en Belgique" de Ginette Kurgan, 1996 et dont la généalogie se trouve sous le lien suivant : http://www.rafvanderdonckt.be/genea/parenteelthom/index.htm L'industriel textile Camille Thomaes (né à Lede-Saint-Denis en 1838 et mort à Renaix en 1879) et sa femme Marie Gevaert (née à Eyne en 1835 et morte à Renaix en 1888) sont à l'origine de la la branche renaisienne de cette famille Thomaes. Leur fils Oscar Thomaes "le vieux", industriel en teintures et apprêts, échevin de Renaix (né à Gand en 1867 et mort à Renaix en 1937) avait épousé Euphrasie Wienar (Renaix 1871 - Renaix 1966), descendante de l'ancienne famille scabinale Waignart, de Renaix. Leur fils, Oscar Thomaes "le jeune" (Renaix 1902 - Renaix 1974), épousa Elisabeth Cambier, descendante de la famille d'industriels textiles Cambier, de Renaix.

Les seigneurs de Renaix

Plusieurs familles furent seigneurs de Renaix. On lira avec intérêt :

  • les seigneurs de Renaix issus de la Maison de Dampierre, dite de Flandre ou de Namur (1280-1402), par le professeur Paul van Butsele, dans les Annales de Renaix 1979 (étude en néerlandais),
  • la famille "de la Hamaide" ou "van der Hameyden", seigneurs de Renaix depuis 1402, par le professeur Paul van Butsele, dans les Annales de Renaix 1980 (étude en néerlandais),
  • la Maison de Granvelle, lorsque Nicolas Perrenot de Granvelle acheta la baronnie de Renaix en 1549, et que la seigneurie passa ensuite par mariage aux la Baulme, comtes de Saint-Amour, par le docteur Oscar Delghust, dans "la Seigneurie de Renaix",
  • la généalogie des seigneurs de Renaix, étude sur les Nassau-Siegen, seigneurs de Renaix par achat de la baronnie de Renaix en 1629, par Jacques et Johny Deconinck, dans les Annales de Renaix 1965 et 1987.
  • la généalogie des seigneurs de Renaix, étude sur les Mérode, seigneurs de Renaix par achat de la baronnie en 1745, par Jacques et Johny Deconinck, dans les Annales de Renaix 1965 et 1987.

Les Renaisiens soumis à une contribution de guerre en 1586

Ci-après suivent les noms des Renaisiens qui furent soumis à un impôt spécial en 1586. Le rôle de l’imposition mentionne le lieu-dit où habitaient les redevables. Le document original, consultable aux Archives à Renaix, mentionne aussi le nombre de vaches et de chevaux que possède chaque redevable de l’impôt ainsi que le montant acquitté.

  • Cruystraete beghinnende boven de Bursse (La rue de la Croix)

Les percepteurs (les « pointres ») de l’impôt sont Jacob Cornel et Gilles de Wadimont.

Daneel Vanderlucht, Meeus Van Nieuwenhove, Pieter Delfosse, Jaens de Roose, Jacob Cornel, Machiel de Cock, Antheunis de le Cambe, Gilles Vandenhoele, Gilles de Wadimont, la veuve d’Hermès de Jonghe, Pieter Vanderborcht, Stoffle Vogaert, la veuve de Loys Schietcatte, Jan Van de Velde, Gheeraert Kykempoost, Gilles Bruneel “le vieux”, Jan Venckier, Cornelis Vandendriessche, la veuve de Loys Bosschaert, la veuve de Loys Hughes, Jan Vandenberghe cordonnier.

  • Thuyn, Plasch (le haut de la rue au Vin et la place Roosevelt)

Pointres : Machiel Bruggheman et Claes Fostier

La veuve de Joos Vandenhole, Claes Wackeneels, Antheunis Vancoppenolle, Pieter Meerschaert, Arend Vandercappellen, Gilles de Rore, Pieter Van Winghene, Willem Vanderbeken, Claeys Van den Hende, Goynaert Inghels, Jan Dewaele, Roulandt Deblaes, Pieter Declercq, Hermes Van Winghene, Jan Ravins, Machiel Bruggheman, Willem van Wadimont, David Fraryn, Jacob Vogaert, Claes Fostier, Willem Gobbeert, Hermes Bufkins, Hubrecht Bufkins, Claeys Bufkins, Joos Baert, Daviet Hughe, Gheraert Manaeghe, Hermes Leens, Simon Bellins, Jan Maelreyt, Lambrechts Desmedt, Alewyn Vandevyvere, Hubrecht De Blaes, Joos Pauwels, Raessen Leens.

  • Maert, Bruel (La Grand Place et le Brul)

Pointres : Pieter Bufkens et Adrien De Bieze

Claes Bellins sergent, Jacob Vandendaele, Meeus Velain, Willem Vanderbeken, Jaspaert Ghaert, Pauwels Macheline, Joos Declercq, Franchois de Prérieu, Hermes Bufkens, Adrien Vanderlinden, Joos Bellins, Cornelis Vancoppenolle, Willem Meerschaert, Gilles Van Aersdaele, Willem Van de Pladutse, Hermes Van de Pladutse, Jan de Monier officier, Franchois Delvoie, la veuve de Loys Bufkins, Hubrecht de Vlaeminc, Roulandt van Copenole, Adrien du Jardin, Jacob Tournis, Jan de Wannemaekere, Willem Maes, Gaultier Cousaert, la veuve de Jan de Cubbere, Hermes Vander Eecken, Gheeraert Sigiberti, Adriaen De Bieze, Pieter Bufkens, Jan Maes, Antheunis Bufkens.

  • Lambeke, Neerduerne, Stock, etc. (Le Lambeke, la Basse-Durenne, l’Etôt)

Pointres : Troelin Maelreyt et Claes van Nieuwenhove

La veuve de Loys Roels, Abraham Maelbrancke, la veuve de Simon de Craekere, la veuve de Gilles Maelreyt, Dierick Piens, Claes Van Nieuwenhove, Machiel de Fymenante, Hermes Van Rockeghem, Troelin Maelreyt, Daneel Moeyaert, Walrand Crostaert, Gilles Oorman.

  • Biest, Crommestraete, etc.

Pointres : Pieter de Melandere et Joos Van Winghene

Jacob Vogaert propriétaire, Roulant Rammaert, Hermes Delvoye, Jan Rodiers, Steven Van Rockeghem, Jacob Vandenabeele, Jan de Melandere, Jacob Ruyfelaert, Joos Van Winghene, Gilles Billuet, Daneel Cantaert, Adriaen Baert, Willem Vancoppenolle, Cornelis Biluet, la veuve de Jaspaert Aemeels, Pieter de Melandre, la veuve de Loys Mondet, Goynaert Cantaert, Jan Baccau, Franchois Gereyt, Joos Van Roost, Jan Vanden Hende, Antoine Malscal, Joos de Manghelaere, Loys Peyns fs Adriaens, la veuve Jacques dite Schavetz, Loys Caulet, Jan Rybault, Jacob Vandercappellen, Pieter Vanderhaeghen.

  • Terbeke, Bouchaute, etc.

Pointres : Meeus Heyns et Jan Gobbeert.

Joos Vandendooren, Andries Vandewalle, Loys Rysselinck, Hermes Vander Cappellen, Hermes Dewolf fs Hermes, Jan Maelreyt, Pauwels Haylet, Pieter Focket, Martin Vandekerkhove, Joos Vanbutsele, Abraham Maeterlinc, Hermes Dewolf fs Naercx, Adriaen Huysman, Antheunis Schamp, Gilles Piers, Maerc Van den Obbroecke, Jan Van der Straeten, Joos Huysman, Joos Donvervaerde, Hubrecht Huysman, Jan Aelvoet, Joos Dewolf, Jacob Desmedt, Abel snacke, Oste Van de Woestyne, Jan Gobbeert, Meeus Heyns.

  • Driesche, Waetsbrugghe, Hoocheyde, Hoochdeurne.

Pointres : Pieter Vande Respaeillen, Jan Moeyaert et Daneel Delpreet.

Hermes De Wevere, la veuve de Jan de Wevere, Roelandt Van de Respaeillen, Joos De Woerme, Jan Moeyaert, Pieter Van de Respaeillen, Gilles Leureins Meka, Hubert van de Pladutse, Gilles De Woerme, Willem Annycke, Franchois de Ryckere, Steven Tabbaert, Jacob de Hont, Loys Delroo, Jacob de Braeckelaere, Hermes de Lannoit, Waelrant Prinscar, Hermes de Vlaeminc, Willem Toornis, Jacques Remy, Daneel Delpreet.

  • Broucke

Pointres : Claeys Delinc et Jacob Vanderhaeghen

Antheunis Vanderhaeghen, Claeys Delinc, Jaspaert Vandergheynst, Christiaen Kerrins, Cornelis Vancoppenolle, Michiel snake, Anna Vanderhaeghen, Jacob Vanderhaeghen, Loys Vanderhaeghen, Loys Stockman, Hermes Rysselinck.

  • Lancvelde

Pointres : Jan Jolyt, Gilles Hoochstoel et Claeys Vogaert.

Jan Jolyt, Jan Canborre, Jan de Jonghen, Griete Flyps, Steven De Mets, Joos Vancoppenolle, Daneel Van Roost, Claeys Vogaert, Andries Vandenhende, Joos De Jonghe, Loys Haylet, Josse Colle, Cornelis Vandenhoele, Loys Demets, Jacques Vandenhoele, Pieter Coucke, Adrien Vandystat, Jacob Sarteel, Olivier Haillet, Olivier Deltan, Jan Van Driessche, Bantson Delfosse, la veuve de Caerlo De Jonghe, Gilles Piers fs Jaspaert, Gilles Hoochstoel, Gilles Maelreyt, la veuve de Jan Van Nieuwenhove, Clement De Bisschop, Davidt Van Coppenolle, Pieter Vandenhoele, Jan De Weert, Gilles Bruneel fs Gilles, Jan Tournois, Adrien Vandereecken, Philips Van Vryen, la veuve de Jan de Bischop vacher, Willem Vandevelde.

  • Ismolenstraat

Pointres : Bauwen Declercq et Pieter Haustraete

Jacop Symoens, Gilles Scamp, Pieter Pot, Bauwen Declercq, Jan de Hont fs Willem, la veuve de Colaert De Backere, Adrien Van Overvelt, Adriaen De Rore, Gilles Simoens, la veuve de Jan de Wevere, la veuve de De Coeninck, Hermine De Wannemaekere, Loyse Vanderhaeghen, Pieter Haustraete fs Pieter, Joos Simoens, Machiel Vanopbroucke, Jan Oorman, Waelrant Sierkens, Jan Vanderhaeghen, Loys De Cueninc.

  • Vryheyt (La Franchise)

Gille Van Heilbrancke, Jan Ghereyt, La femme de Claeys Costry, Laurem De Mesmaekere, Davidt Stockman, la veuve de Jaspaert Vandereecken, Martin Rubbens, Jan de le Cambe, la veuve Vancoppenolle, Hermes De Roer, Jan de Gand, Maître Jaspar Van der Mynsbrugghe maître d’école, Jooris De Vlaeminc, Jan de Hont, Claeys Van den Hende, Jacob Van Heibrouck, Hermes Van Claerebeke, Franchois Manhaeghe, Hermes Wesemaele, Christiaen Bourgeois, la veuve d’Hubrecht van de Kerkhove, Hermes De Jonge, Hermes Sierkins, Gheraert Baert, la veuve d’Adrien Baert, la veuve d’Antheunis de Calewe, Ghysel de Paepe, Maître Loys Van Hauwaert, Inghele Lambrecht, la veuve de Colaert Bruggheman, Goris Key, la veuve de Meeus Key, la veuve de Gillis de Visschere, Jan de Pottere, Monsieur de Henyn.

La somme totale fut transportée par Franchois Delvoye. Jan van Varnewyck, bailli, ayant encore prêté un complément et Willem Maes ayant également prêté une somme à valoir sur la Table des Pauvres.

Les maïeurs, maires et bourgmestres

Comme l'écrit le Docteur Oscar Delghust, sous l'Ancien Régime, le Magistrat de la ville était l'organisme administratif le plus important. Il se composait de sept échevins, dont le premier portait le titre de Bourgmestre et il était présidé par le Maire (Meyer). Ce dernier occupait plus ou moins longtemps ses fonctions alors que les échevins devaient être renouvelés, au moins partiellement, tous les ans. Ils étaient nommés par le Seigneur (puis Baron) de Renaix, et ils constituaient ce que l'on nomme le "Magistrat". Ils rendaient la justice, au nom du seigneur, conjointement avec la cour féodale pour la justice criminelle et seuls pour les autres cas. Au début, leurs sentences étaient sans appel, puis le Conseil de Flandre servit de cour d'appel et plus tard encore, le Grand Conseil de Malines devint la cour suprême de justice dont relevait Renaix en dernier ressort. Les échevins étaient également officiers publics pour recevoir et authentifier les contrats de toute nature. En outre, ils administraient les biens communaux, votaient les taxes diverses, et veillaient à tout ce qui concerne les mineurs (notamment l'établissement des "états de biens" en cas de succession).

Aujourd'hui, le bourgmestre est le président du collège échevinal ("collège des bourgmestre et échevins"). Les élections communales se tiennent tous les six ans.

Prénom(s) NOM Mandat Observations
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Jacob Vanderbrugghen 1410 Meyer
Willem Materlinc 1414 Echevin
Lodewycx Vanderbeken 1415 et 1420 - 1422 Meyer
Jan Gobbeert 1416 - 1420 Meyer
Lodewycx Vanderhaghen 1422 - 1427 et 1437 - 1441 Meyer
Lodewycx Payen 1427 - 1430 et 1432 - 1433 Meyer
Pieter Vandenberghe 1430 - 1432 et 1433 - 14737 Meyer
Jacob Vanderbeken 1441 - 1443 Meyer
Jacquemaert Cousaert 1443 - 1451 Meyer
Jan Gobbeert fils de Martin 1451 - 1480 Meyer
Loys Vanderbeken 1482 - 1491 Meyer
François Gobbeert 1491 - 1506 et 1509 - 1510 Meyer
Jan Gobbeert 1506 - 1509 Meyer
Jan du Prérieu 1510 - 1529 Meyer
Loys Vanderbeken 1529 - 1539 Meyer
Maercq Ravins 1539 - 1540 Meyer
Hermes Ravins 1540 - 1553 Meyer
Loys Jolyt 1553 - 1560 Meyer
Adriaen Van Hauwaert 1560 - 1572 Meyer
Gilles Van den Bogaerde 1572 - 1573 Meyer
Jacob Mahieux 1573 - 1577 Meyer
Jan Maes 1579 - 1587 Meyer
Niclaeys Pasman et Queryn De Bisschop 1581- 1582 Seuls échevins en fonction suite aux troubles
Jan de le Cambe 1587 - 1597 Meyer
Pieter Van Rokeghem 1597 - 1599 Meyer
Willem Maes 1599 - 1601 Maïeur
Jan Maes 1601 - 1611 Maïeur
d'Heer Bauldric du Jardin 1611 - 1638 Maïeur
d'Heer Jan du Jardin 1638 - 1654 Maïeur
Pieter Fostier 1654 - 1686 Maïeur
Frans Mondet 1686 - 1716 Maïeur
Nicolas Fostier 1716 - 1727 Meyer
Philippe Antoine van Meldert 1727 - 1745 Meyer
Jean Baptiste Lermain 1746 - 1747 Meyer par interim
Liévin Tayart 1747 - 1753 Meyer
Pierre François Vanhove 1753 - 1773 Meyer
Hilduard Vanhove 1773 - 1796 Meyer
Charles Deschryver 1796 Président de la Municipalité
B. Mouroit-Debaere 1797 Président de la Municipalité
P.J. Dujardin 1798 Président de la Municipalité
Charles Deschryver 1798 - 1799 Président de la Municipalité
Pierre Antoine Battaille 1800 - 1801 Maire
Ferdinand Eugène Fostier 1801 - 1808 Maire
Alexandre Louis Van Hove 1808 - 1812 Maire
Jean François Delplace 1812 Maire faisant fonction
Jean Joseph Magherman 1813 - 1817 Maire puis bourgmestre
Ferdinand Eugène Fostier 1817 - 1823 Bourgmestre
F.R. Dumont 1824 - 1830 Bourgmestre
Emmanuel François Vanhove 1830 - 1840 Bourgmestre
Edouard Joly 1840 Bourgmestre
Ives Sabin Magherman 1841 - 1848 Bourgmestre
Emmanuel Bernard Mouroit 1848 - 1861 Bourgmestre
Joseph Benoît Desclée 1861 - 1869 Bourgmestre
Jean-Baptiste Dekeyzer 1869 - 1872 Bourgmestre
Ephrem De Malander 1872 - 1895 Bourgmestre
Oswald Ponette 1895 - 1910 Bourgmestre
Oscar Delghust 1911 - 1926 Bourgmestre
Cyr Cambier 1917 Bourgmestre faisant fonction
Oscar Thomaes 1918 Bourgmestre faisant fonction
Eugène Soudan 1927 - 1958 Bourgmestre
Leo Vindevogel 1941 - 1944 Bourgmestre de guerre
Jacques Piessevaux 1959 - 1964 Bourgmestre
Marcel Vanderhaeghen 1965 - 1977 Bourgmestre
Robert Van Wingene 1977 - 1982 Bourgmestre
Orphale Crucke 1983 - 1994 Bourgmestre
Walter Kerckhove 1995 - 2000 Bourgmestre
Luc Dupont 2001 - ... Bourgmestre
- - -

Les prévôts du Chapitre de Renaix

La ville de Renaix, en son territoire urbain, comprenait une enclave, totalement autonome du point de vue juridique : la Franchise de Renaix. Le prévôt qui était le représentant du Chapitre de Renaix, était donc le seigneur temporel de la Franchise - ou le Sire souverain comme l'on disait autrefois. Il exerçait, dans la Franchise, la justice haute (ou criminelle), moyenne (justice civile ordinaire) et basse (disciplinaire et de petite police). Le prévôt exerçait aussi le "droit de meilleur catel", percevait la dîme dans toutes les possessions du Chapitre ainsi que les taxes dans la Franchise. Il nommait le maître d'école de la Collégiale, les coutres des églises Saint Pierre et Saint Martin de Renaix. Il défendait tous les biens, droits et privilèges du Chapitre. Le prévôt était ainsi à la tête des chanoines mais n'était pas nécessairement lui-même chanoine. Ci-dessous les prévôts à partir du XVIe siècle jusqu'à la suppression, par les Révolutionnaires français, du Chapitre de Renaix.

Prénom(s) NOM Mandat Observations
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Jacques Pochon 1499 - 1504 Chanoine de Saint Hermès, mort en 1504
Daniel de la Chapelle 1504 - 1528 Prêtre, chanoine de Saint Hermès et de Cambrai
Jean Mathon 1528 - 1529 Chanoine de Condé
Wolfgang d'Ottignies 1529 - 1549 -
Lodewijk van Winghene