Famille Gibelin de Florensolles

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Famille Gibelin de Florensolles :

Vieille famille originaire du Dauphiné et plus précisément de Florensolles, petit hameau situé en Ardèche près de Silhac et de Chalençon. C’est en 1666 que les Gibelin s’établissent en Haute Loire près de Brioude à La Voûte Chilhac, charmant village situé sur une boucle de l’Allier.

Les hommes semblent avoir tous été au service du roi : " Au nombre de titres que la famille produisit alors, se trouvait un acte de foi-hommage rendu par Hugues de Gibelin au fils aîné du comte de Valentinois, à cause du fief de Gibelin et de ses dépendances en 1328. Elle justifia en outre de sa filiation et de services militaires de ses ancêtres, depuis Antoine de Gibelin, vivant avant 1508."

Dans " Anciennes familles d’Auvergne" d’Ambroise Tardieu , on peut lire : " Noblesse originaire du Dauphiné, maintenue noble en 1666 à La Voûte près de Brioude. Connue dès 1328. Services militaires."

Image:Armoirie.jpg

ARMOIRIES : D’Azur à la Tour d’Argent azurée et maçonnée de sable, adextrée de deux fleurs de lis d’or, surmontées d’une étoile de même et senestrée de deux flèches posées en sautoir accompagnées en pointe d’un globe, le tout d’or.


Un parchemin trouvé aux Archives d’Alençon m’a renseignée sur la généalogie des Gibelin depuis Antoine, vivant au XV ème siècle, jusqu’à Jean, époux de Marie de Praissac. Louis Ribier dans son ouvrage : « Preuve de la noblesse d’Auvergne » donne les mêmes renseignements.

1 )Jean de Gibelin, fils à autre Jean Sieur de Florensolles demeurant à la Voûte, élection de Brioude, marié à demoiselle Marie de Preyssac, prouvé par leur contrat de mariage du 17 juin 1647, reçu Gironde, Grand Notaire Royal.

2 )Jean de Gibelin, fils à Pierre marié à damoiselle Paule Du Buisson, prouvé par leur contrat de mariage du 26 juin1601, reçu Bernard, Notaire Royal et par son testament et celui de sa femme, passés le 1er devant Catallan, Nre le 6 octobre 1624, le second devant Martin, Nre le 26 août 1629.

3)Pierre de Gibelin, fils à Louis, marié avec damoiselle Marguerite Ducroc, prouvé par leur contrat de mariage du 3 février1558 reçu Dunoyer, Nre et par son testament passé devant Filhol, Nre le 1er octobre1600 .

4)Louis de Gibelin, fils à Antoine, marié avec damoiselle Claude de Chambaud, prouvé par leur contrat de mariage du 8 février1508, «  par lequel le dit Antoine est Présent » ; reçu de Croze, Nre et par son testament du 4 janvier 1549.Reçu de Croze, Notaire Royal.

5)Antoine de Gibelin, écuyer, Seigneur du dit lieu, marié avec damoiselle Barbe de Marnas prouvé par le contrat de mariage de Louis ci-dessus (écuyer de la ville de Chalençon).

I. Louis de Gibelin :

Originaire de Silhac en Ardèche, il s’alliera à une très vieille famille : La famille de Chambaud, ( Seigneurs de Jonchères, de Gouvernet, de Barras, de Privas, de Vacherolles, de Combrailles et autres lieux ; noblesse antérieure à 1500 ) Cette famille paraît originaire du Vivarais, et depuis longtemps distinguée par ses services militaires et par ses alliances ; Elle fut maintenue dans sa noblesse le 15 janvier 1671, sur preuves remontant à Claude de Chambaud qui testa le 15 janvier 1529.( D’Aubais Tome II page 81).

Les de Chambaud étaient Barons de Privas et des états du Languedoc. La terre de La Tourette et celle de Chalençon, où l’on retrouve la famille de Chambaud, formaient les deux moitiés d’une baronnie de cour qui donnaient le droit à leurs titulaires d’assister, à tour de rôle, aux états du Languedoc.

Le château de Chambaud, qui a été le berceau de cette race chevaleresque, se dresse au sommet de rampes abruptes dominant l’Eyrieu, à 2kilomètres de Chalençon, en Vivarais. Qualifiée « illustre et d’ancienne noblesse d’armes » par les preuves de Malte, cette famille est connue dès le XI ème siècle.

Pierre de Chambaud fut témoin de l’acte par lequel Guigon de Chalençon, fils de Sylvion, fit une restitution à l’abbaye de Saint-Bernard de Romans ( 1088 ).

Le premier membre de cette antique race, qui eut des possessions en cette province, fut François de Chambaud, écuyer, sgr de Vacherolles, suivant acquisition qu’il fit de ce fief en 1559. Il fut chef protestant des troupes qui secondèrent Blacons dans son attaque du Puy en 1562. Un des personnages les plus légendaires de cette famille fut Jacques de Chambaud, protestant acharné : Au cœur des guerres de religions, une troupe protestante, tentant de s’emparer de la cité ( Verdette ) que commandait le passage entre la vallée du Rhône et la ville du Puy en Velay, fut repoussée après un combat acharné au terme duquel le capitaine des assaillants eut son casque « encloté » par une pierre. Néanmoins Jacques de Chambaud survécut et eut encore l’occasion de se distinguer au service d’Henri IV.

Reste à trouver la filiation entre Claude de Chambaud épouse de Louis de Gibelin, et les de Chambaud trouvés dans les différents ouvrages consultés !

Lire : « Nobiliaire du Velay, de Benoît d’Entrevaux, la revue du Vivarais, les annales de la société Académiques du Puy, le Nobiliaire d’Auvergne de Bouillet, dictionnaire des Anciennes familles d’Auvergne d’Ambroise Tardieu » :

ARMOIRIES : d’Azur, au lion d’or ; au chef d’argent, chargé de trois hermines de sable. ( Archives du Rhône, fonds de Malte. Pl. I. Fig. 13. )

Louis de Gibelin, marié en 1508 ne mourra, qu’en ou après 1549 ( testament du 4 janvier 1549), soit 41 ans plus tard. Il est dit « escuyer » de la ville de Chalençon. ( fonds Le Blanc, bibliothèque de Clermont ; ms 552 ; microfilms. )


II. Pierre de Gibelin :

Le 3 février 1558, Pierre de Gibelin sieur de Florensolles, ( fils du précédent ) épouse Marguerite du Croc; (déjà signalée ).

« Le dit Pierre a pareillement servy sous nos roys prédécesseurs de sa Majesté comme il nous a justifié par un certificat et ordre de Monseigneur de Montmorency du 16 janvier 1586. Nous a aussi justifié d’une bulle en latin accordé par sa sainteté …ce qui fait que la famille de Gibelin est fort ancienne et de tout temps considéré »

Dans son « dictionnaire généalogique des familles d’Auvergne » le comte de Remacle nous renseigne sur les origines de la famille du Croc. ( voir fichier du Croc ). Trouvé 2 enfants:

Jean qui suivra...

Balthazard, seigneur du Vilar et du Bacon, Capitaine de la ville du Malzieu et du mandement de Verdezun, membre dépendant du duché de Mercoeur. En premières noces, Balthazard épouse Louise de Langlade, sa seconde femme fut Claudine Armagier de Beauregard, Gabrielle d’Apchier née le 15 août 1595 fut la troisième ( le Remacle : Tome I pages 51 et 52 ) Marguerite d’Aurelles de Paladines fut la quatrième. Le mariage eut lieu le 22 septembre 1613, ( Le Remacle : Tome I page 93 ). De sa quatrième union, naîtra François, seigneur du Vilar, capitaine de Malzieu et Verduzon… qui épousera le 12 juillet 1650 Catherine de Chambeul, fille de François et de Madeleine Lastic. François de Chambeul donnera 3000 livres de dot à chacune de ses filles. Balthazard de Gibelin décèdera avant 1650.( Le Remacle, Tome I page 405 ).


III. Jean de Gibelin :

Il épouse Paule du Buisson le 26 juin 1601 et décèdera, sans doute en 1624, ( testament du 6 octobre 1624 ) ; sa femme en 1629, ( testament du 26 août 1629 ).Ils eurent au moins 4 enfants: Siméon, René, Jacques et Jean ( les trois premiers décédés avant 1624: Fonds Le blanc: ms 552 et 1222- bibliothèque de Clermont-Ferrand)

Famille Du Buisson: Noblesse de chevalerie ( XIIème siècle ). Seigneurs des Aix, d’Ambly, de Cressy en Bourbonnais, de Vibresac près de St Flour… On trouve plusieurs branches de cette famille éparpillées en Languedoc, en Rouergue, en Auvergne et en Bourbonnais, et dont le berceau commun serait le château du Buisson, commune d’Alleuze, prés de Saint-Flour, château qui fut pris d’assaut et démantelé par M. de Lastic, lieutenant du duc de Nemours, chef de la ligue en 1591, en la possession duquel il était entré...Cette famille est une des plus distinguées de l’Auvergne, tant par son ancienneté, ses domaines, ses alliances, que par ses charges et ses services. Jean du Buisson servit le roi Philippe de Valois en 1339. Le château du Buisson est sorti de la famille par le mariage de Dauphine du Buisson, qui épousa en premières noces en 1390, noble Pons Saisset de Saint-Flour ; elle eut un fils qui deviendra seigneur du Buisson. Le plus ancien membre connu est Chartard du Buisson, qui fut donnateur d’une dîme en 1201, et qui serait mort dans la croisade en Palestine; Géraud du Buisson (del Boysso ), son frère, était templier en 1324.

ARMOIRIES : D’or, à un buisson de trois tiges de sinople, terrassé de même. (Armorial général du Velay). Généalogie dans le livre d’or du Marquis de Magny…A trouver et à consulter !

IV. Jean de Gibelin :

Jean a servi de 1634 à 1643 ; il était à cette dernière date lieutenant d’une compagnie de carabiniers, suivant passeport fait à Cazal le 16 juillet 1643. Il a produit un acte de foi et hommage en latin extrait de la chambre des comptes de Grenoble, rendu par Hugues de Gibelin en 1328 à Aymard, fils aîné du comte de Valentinois, à cause du fief de Gibelin et de ses dépendances. Maintenue le 29 avril 1668.

« Le dit Jean a eu l’honneur de servir sa majesté plusieurs années comme il appert de certificats et commissions qu’il nous a représentés en date du 13 avril 1634,6 avril 16.. , 19 may 1639 en laquelle année il reçut commission de sa majesté de la lieutenance de capitaine des bataillons en considération de son mérite et services actuels… . » Jean de Gibelin de Florensolles ( du nom d'un village ardéchois) était également seigneur de Chabaud. Il reçut cette seigneurie de François d’Auzolles, écuyer seigneur de Chabaud, qui testa en sa faveur le 7 décembre 1657.( fonds Le Blanc, ms 1327, bibliothèque de Clermont.) La seigneurie de Chabaud passera à Pierre, son fils du premier lit, résident à La Voûte ; Pierre fit sa déclaration le 14 septembre 1710 pour son domaine de Chabaud. ( fonds Le Blanc, ms 1309 ) Jean de Gibelin épouse en premières noces Marie de Praissac le 16 juin 1647 à la Voûte Chilhac(43) et en secondes noces Catherine de Combettes le 20 avril 1671. Il meurt à La Voûte le 8 juin 1674.


La famille de Praissac était une des plus anciennes familles bourgeoises de La Voûte- Chilhac . On la trouve déjà dans une situation honorable dès la première moitié du xvème siècle. Guillaume Preissat (non qualifié ) fut établi sequestre des revenus du Prieuré de la voûte dans le procès d’Antoine Durfé intenté à Guillaume et Barthélémy Farge , par arrêt du parlement de Paris du 16 novembre 1453 . Guillaume de Preissac était fermier à la dîme à grain de Ragheade en 1463. Autre Guillaume était religieux et sacristain à La Voûte en1496 . c’est à lui que fut remise l’image miraculeuse de Notre Dame trouvée à la voûte le 8 août 1496 . François de Preissac était déjà notaire à la voûte en 1570 et l’était encore en 1584.

Dans la seconde moitié du XVI ème siècle on trouve Antoine (curé d’Aubuzat) et François ( notaire royal à La voûte )

François de Praissac aura 5 enfants :

1)Etienne, procureur d’office à La Voûte , qui suivra

2)Robert, docteur en droit

3)François, marchand à Langeac

4)Michel, marchand à Brioude

5)Marguerite, mariée à Annet Croze notaire royal en la juridiction de St Romain.

Etienne de Praissac épouse en secondes noces par contrat du 3 novembre 1601, (Claude Armagier et Mamet, notaires ) Antoinette Costet fille de Guillaume Costet et d’Antoinette Chaudon ( + avant 1631)

8 enfants :

1)François, élu en l’élection de Brioude, héritier de son père, ( l’était en 1630) qui suivra…

2)Benoit, fut parrain de Benoit de Gibelin le 23 mai 1650.

3)Philibert4)Jean

5)Marie, mariée à Jean Brunet du Puy ; fut marraine le 16 juin 1652 de Pierre de Gibelin.

6)Françoise, mariée à Nohet du Sap de La Voûte.

7)Antoinette, mariée à Berginhon , apothicaire au Puy.

8)Etienne, marié à Louise Mirial ; + le 17 septembre 1676.


François de Praissac, épouse en premières noces Marguerite D’Arles et en seconde noce Jeanne de Champirond de Montgranat. Du second lit naîtra, entre autres, une fille : Marie.

Jean de Gibelin et Marie Praissac resteront à La Voûte- Chilhac et auront 9 enfants, tous nés à La Voûte Chilhac. 1)Marie, née le 9 novembre 1648, son parrain Robert Praissat avocat, sa marraine Marie- Jeanne de Champirond, son aïeule.

2)Benoist, né le 23 mai 1650 ; son parrain Benoist Praissac.

3)Pierre, né le 16 juin 1652 , qui suivra…

4)Françoise, née le 29 septembre 1653.

5)François, né le 27 mai 1655 ; François Praissac est le parrain.

6)Jean, né le 5 août 1656.

7)Jean, né le 11 octobre 1657 ; sa marraine est Jeanne Praissac.

8) François, né le 16 octobre 1658 ; François de Praissac, sa marraine Gabrielle de Praissac.

9) Anne, née le 15 juillet 1660 ; sa marraine Anne Praissac.


V. Pierre de Gibelin

C’est très jeune, à 19 ans, que Pierre de Gibelin épouse à la Voûte, en premières noces, Marie Béraud dont il aura 3 enfants : Jean, né le 5 octobre 1672 (Jean de Gibelin, son aïeul, sera le parrain. ) Catherine née le 28 octobre 1673 ( la marraine sera Catherine de Combettes, la seconde femme de son aïeul.) et Etienne né le 23 octobre 1674.

De sa seconde femme, Marguerite Claire Despres de la Fouchère, Pierre de Gibelin aura 3 autres enfants:

1)Jean, né le 4 janvier 1686 qui suivra…

2)Jeanne Marie, née le 28 mars 1688

3)'Etienne,' né le 1er 1689 ; son parrain a été Etienne de Gibelin, son demi-frère âgé de 15 ans.

Aux Archives départementales d’Alençon, dans un dossier concernant la famille du Frou de Blinière, j’ai trouvé des documents sur les Gibelin de Florensolles. Rien d’étonnant à cela puisqu’il était le grand-père de Marguerite Brizard du Martray qui épousa à St Martin de Ré un capitaine du régiment de Saintonge : Jacques, Charles, François du Frou de Blinière.( arrière- arrière-grand-père de ma grand’mère : Yvonne Brousseau. Je note que Marguerite Brizard ne mourra qu’en 1841, mon arrière- grand-père avait 5 ans ! ) Mes différents déplacements, à La Rochelle et en Auvergne, la consultation de nombreux ouvrages, tout ce que j’ai pu découvrir m’a éclairée sur les origines et les alliances des Gibelin et avec un peu d’imagination, sur la vie de ceux qui m’ont précédée et dont j’ai parfois l’impression de partager l’existence.


VI. Jean Gibelin de Florensolles était né en Auvergne à La Voûte, le 4 janvier 1686 de Pierre de Gibelin seigneur de Florensolles et de Chabaud et de Marguerite Claire Despres de la Fouchère. Il a servi le roi et était, avant 1729, capitaine au régiment Royal Comtois.

Le 30 novembre 1729 : ( Sous le roi Louis XV : 1710-1774 )" Commission donnée par le roi au sieur de Florensolles, capitaine au régiment royal comtois, de la charge de major de la ville de Brouage, rendue vacante par la mort du sieur de Saint- Jacques, pour le temps de trois années : Louis par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre à notre cher et bien aimé le sieur de Florensol capne en notre régimen Royal comtois la charge de Major de la ville de Brouage… voulons que pendant le dit temps, en l’absence du Gouverneur et de notre lieutenant au gouvernement de Brouage, vous y commandiez tant aux hommes qu’aux gens de guerre qui y seront en garnison et leur donniez ce qu’ils auront à faire pour notre service, que vous fassiez vivre les habitants en bonne union et concorde les uns avec les autres, et les gens de guerre en bon ordre, police et discipline, que vous fassiez châtier qui oseront contrevenir aux règlements, que vous veilliez à la garde et sûreté de la place et que vous fassiez, pour sa conservation, tout ce que vous estimerez à propos de faire. MANDONS ET ORDONNONS au gouverneur ou commandant de la place de vous faire reconnaître en ladite charge de major, où vous commanderez en leur absence…CAR TEL EST NOTRE PLAISIR. Donné à Versailles le trentième jour du mois du Novembre l’an de grâce mil sept cens vingt neuf". Signé : LOUIS et plus bas PAR LE ROY.

Le régiment Royal Comtois (1685-1791). Régiment levé en août 1674 par le Marquis de Listenois.

La Franche comté est un ancien comté de la Bourgogne qui fut rattaché puis séparé du royaume de France à plusieurs reprises. Durant la guerre de trente ans elle est réclamée par Louis XIV comme faisant partie de la dot de sa femme, Marie Thérèse d’Autriche. Louis la conquiert en 1668 mais doit la rendre la même année par le traité d’Aix- la- Chapelle, il s’en empare de nouveau en 1674 et s’en fait confirmer la possession par le traité de Nimègue en 1678.


Le 9 août 1731 Jean de Gibelin épouse Margueritte du Moulard par contrat du 5 août chez Gariteau, notaire à La Rochelle : ( il a 45 ans et je suppose qu’il a dû déjà être marié…à chercher)

" Pardevant les conseillers du Roy notaire de Sa Majesté en la ville et gouvernement de la ville de La Rochelle Soussignés demeurant en laditte ville ont estés présents en leurs personnes Messire Jean de Gibelin escuyer sieur de florensole, major de la ville et gouvernement de Brouage en saintonge y demeurant, natif de la paroisse de La Voûte en auvergne, fils de deffunts Mre Pierre de Gibelin escuyer sieur de Chabaud et de Dame Claire Marguerite Després de la Fouchère son épouse ses père et mère d’une part ; et Damoiselle Marguerite Dumoulard demeurant en la citadelle de Lisle de Rhé paroisse de Saim Martin dudit lieu, fille de Messire Nicolas Moulard escuyer chevalier de L’ordre militaire de saim Louis Major de la citadelle de saim Martin de Rhé et de Dame Marianne Carnée Dumoulard son épouse ses père et mère D’autre part…. "

On peut lire que le marié a la permission de la cour, accordée à Fontainebleau par Monseigneur d’Angervilliers, ministre de la guerre ; la mariée, celle de ses parents et des supérieurs de son père à St Martin. ( Messire Michel Fernex escuyer chevalier de l’ordre militaire de saim Louis, lieutenant du Roy de la ditte ville de saim Martin ; Messire Claude du Coudray et de Messire Pierre Boyer commissaire de la marine et damoiselle Suzanne Desgrauilliers, amie de la ditte damoiselle future épouse..)

Il est convenu, à condition d’obtenir l’agrément de la cour, de céder au gendre la charge de Major de St Martin, moyennant des compensations pécuniaires à son beau-père. Si celui-ci continue à toucher ses appointements, il devra loger et faire vivre son gendre et sa famille :

Durant tout le Moyen Age, Brouage ( du nom commun : « brou » qui signifie « vase ») sera un grand fournisseur de sel. Commerce actif qui s’explique par l’importance du sel à cette époque là : c’était l’unique moyen de conserver les denrées périssables et surtout le poisson. A partir du XIV ème siècle, le sel de Brouage fait vivre tout un peuple de sauniers, marchands, mariniers, courtiers…( On retrouvera la même situation à l’île de Ré. ) et rapporte, grâce aux droits et taxes, de gros revenus au clergé, à la noblesse et au roi. C’est Philippe VI de Valois qui, en 1340, créera la gabelle qui donne à l’état le monopole de la vente du sel. En 1649, 1703 bateaux, toutes destinations confondues, ont emporté du sel de Brouage.

"Brouage au temps des prisons" du comité du mémorial, brosse un tableau désastreux de ce qui se passait dans la citadelle au XVIIème siècle :

Durant le XVIIème siècle les protestants furent particulièrement persécutés dans toute la région. Le plus zélé de tous les gouverneurs fut le marquis de Carnavalet qui se chargea d’appliquer la politique de Louis XIV bien au-delà de la volonté royale. Tous les moyens sont bons (et permis) pour obtenir des abjurations. On a du mal à comprendre comment cette importante communauté protestante a pu faire preuve d’une si grande soumission. Les protestants continueront d’être persécutés pendant encore de longues années. Après la mort de Louis XIV en 1715, Elles s’atténueront mais perdureront jusqu’à la révolution. Des milliers de protestants séjourneront dans les geôles de Brouage, d’autres s’exileront mettant à mal le commerce de la cité et même de grands centres comme La Rochelle dont l’activité portuaire était en presque totalité entre les mains d’armateurs protestants. On ne compte pas moins de 24.000 émigrants entre 1681 et 1763 ! J’ai relevé un grand nombre d’abjurations dans les documents consultés aux A.D. de La Rochelle :

Le 9 septembre 1733 Elie Conte, abjure le protestantisme en présence de messieurs de Florensole, major, Monmouton, Aubert et Vilatte, officiers de la garnison.

Brouage devient au fil du temps une petite ville de garnison oubliée. Les gouverneurs ne sont plus des personnages de premier plan, mais des officiers en fin de carrière que le roi veut récompenser. Le déclin militaire et commercial engendre le dépeuplement.


La lecture de : La Tour De Broue de D’Aussy, nous donne un aperçu de la vie de garnison à Brouage à l’époque où Jean de Gibelin en était le Major : " Le siège de l’amirauté et le bureau des fermes ont été transférées à Marennes ; en1730 on a retiré la garnison ; elle a été remplacée par six compagnies d’invalides ; à présent il n’y a qu’une compagnie dont 30 hommes au plus sont en état de servir…L’arsenal démoli est vendu…Les magasins et les maisons sont en ruines dont la pluspart des matériaux ont été enlevés… Les habitants sont réduits à 80 dont 60 sauniers ou cultivateurs du triste reste des marais… " Cet extrait d’un des cahiers de Brouage continue à restituer la plainte des habitants par une allusion à la manière stricte dont sont ouvertes les portes de la ville, trop tard le matin et trop tôt le soir, contraignant des sauniers à loger dans des « cases de paille où ils couchent la semaine "

Il ne semble pas étonnant qu’en épousant la fille du Major Nicolas du Moulard Jean ait envisagé de succéder à son beau-père dans la Majorité de St Martin ; la vie dans la citadelle de Brouage paraît sans grand intérêt, mais je peux me tromper… ! Il mourra à Brouage à la fin du mois de janvier 1741 en laissant une orpheline.

Laissons pour un temps le Major Jean Gibelin de Florensolles et intéressons-nous à son beau-père, le Major de St Martin de Ré : Le Sieur du Moulard. Je n’ai pas trouvé la région d’origine de la famille du Moulard.

Le 15 février 1704 ( Nous sommes sous le règne de Louis XIV ) le sieur du Moulard obtient une mission de commandement à Sarbourick :

" Louis par la grâce de Dieu Roy de France et de Navarre, a bien aimé le sieur du Moullart commandant le second bataillon du régiment de Siller…établir un commandement en la ville et château de Sarbourick, nous vous avons choisy à cet effet vu la confiance que nous prenons en votre valeur, courage, expérience en la guerre …bonne conduite, zèle, fidélité et affection..Nous vous avons commi, ordonné, estably signé de mé main…ordonne tant aux habitants qu’aux gens de guerre en bonne ordonnance militaire faire souvent chastier ceux qui oseront y contrevenir…Nous vous avons donné et donnons pouvoir, commission, autorité et mandement spécial…durant trois années vous jouissiez de la charge de commandant aux hommes autorité et prérogatives…et émoluments qui y appartiennent…mandon, ordonnon…aux habitants et gens de guerre de vous reconnaître en tout ce que vous leur ordonnez, CAR TEL EST NOTRE PLAISIR, donné à Versailles ce quinzième jour du mois de février de l’an de grâce mil sept cent quatre de notre règne..Signé LOUIS. "

Que fait-il entre 1704 et 1720 date à laquelle on le retrouve Major de la citadelle de St Martin de Ré ? Encore des recherches à faire ! . Les grades de major et aide major apparaissent au temps de Louis XIV. A l’exemple des troupes réglées, des unités de milices ont été spécialisées ce sont les Dragons :

Quoique les ordonnances de la garde-côtes ne fassent aucune mention de dragons des îles d’Oléron et de Ré, un corps de dragons garde-côtes existait dans chacune de ces îsles dès l’année 1735. Le 7 avril 1674, Colbert écrit à Demuin, intendant à Rochefort :

" Sa Majesté a été bien ayse d’apprendre que vous ayez trouvé 2400 hommes d’infanterie, 250 dragons et 60 cavaliers de milices dans l’isle (de Ré ). Elle ne doute pas que le sieur de Courcelles ne travaille avec soin à les discipliner et à les rendre, par le fréquent maniement des armes, capables de se bien défendre. "

Dans son « Mémoire sur l’isle de Ré » , écrit vers 1720, Claude Masse dit que les milices consistent en sept bataillons d’infanterie et trois cents dragons en six compagnies.

En 1735, le corps de dragons garde-côtes de l’ile de Ré était composé de cinq à six compagnies à la tête desquelles étaient un commandant et un major sous les ordres d’un capitaine général. Chacune de ces compagnies était commandée par un capitaine, deux lieutenants et une cornette. A compter de cette époque, le commandant, le major et les capitaines de ces compagnies de dragons ont été pourvus de commissions du Roy et le capitaine général donnait les commissions aux lieutenants et cornettes. ( Jean de Gibelin de Florensolles à Brouage et Nicolas du Moulard à St Martin de Ré) Charles Mathieu Brisard du Roc, inhumé aux Portes le 31 janvier 1748 ( dont un des fils, Charles Mathieu, épousera Marguerite Gibelin de Florensoles, la fille de Jean Gibelin et de Margueritte du Moulard ) était capitaine breveté d’une compagnie de dragons. Les dragons étaient nécessairement choisis parmi les notables les plus aisés parce que, si on leur fournissait l’armement, ils devaient se pourvoir d’un uniforme- bleu, (selon le Docteur Kemmerer) et d’une monture équipée et entretenue à leur frais.10 L’île ne fut jamais envahie et les dragons n’eurent jamais à se battre.

Lors d’une fête religieuse, le 6 juin 1734, Nicolas du Moulard présente le cierge à l’offrande  :

"Le 6 juin 1734, Monseigneur de Menou, Evêque de La Rochelle, …fait la bénédiction des drapeaux et étendarts du régiment de Fumé, milice du Poitou. Donne la tonsure à une personne. Le Major, chevalier de Saint Louis, du dit régiment, présente le cierge à l’offrande, il est suivi de tous les officiers du corps et de la milice bourgeoise. Les trois grandes allées de l’Eglise, sont bordées de deux rangs de soldats en grande tenue et ayant la bayonnette au canon du fusil. "

Nicolas Du Moullard décèdera avant 1735 : Il était mort à la naissance de sa petite fille, Anne Margueritte.

L’ingénieur Claude Masse, fait une description pleine d’humour de la citadelle de St Martin : " une des plus jolies du royaume, la plus grande enceinte neuve qui se soit bâtie sous le règne de Louis XIV », mais à demi vide, ne comprenant au début du XVIIIème siècle, que : «  718 maisons, 28 moulins à vent au dehors, 23 prêtres ou religieux, 580 hommes mariés autant de femmes, 60 hommes veufs, 194 femmes veuves, 271 garçons à marier, 401 filles à marier, 547 petits garçons, 430 petites filles, 91 valets, 161 servantes, non compris la garnison qui est ordinairement de 3 ou 4 bataillons, 120 chevaux, 140 moutons, 9 ou 10 vaches, 8 bourriques ".

Au XVIIIè siècle, St Martin, est un port très prospère, grâce aussi à la colonisation des Antilles. Il possède des installations relativement importantes, une bonne rade et des franchises douanières appréciées. La ville compte de nombreuses familles de négociants qui se succèdent de génération en génération ( l’Essentiel, septembre 2001.) Les marchands rétais étaient très riches, « 20 ou 30 familles qui sont fort riches » dit l’intendant Begon en 1698 ; les familles Baudin et Brizard en faisaient partie. L’examen des inventaires après décès des bourgeois prouve la variété de leur vestiaire ; pour l’un d’eux par exemple : habit de satin rayé doublé de taffetas vert, redingote, manteau…Le petit peuple n’est pas misérable. Le même Begon prétend qu’il n’y a pas un pauvre mendiant dans l’île. La population arrive à subsister malgré sa forte densité. L’appoint en protéines fourni par les coquillages et le poisson assure aux rétais une meilleure alimentation que sur le continent. Claude Masse attribue aux coquillages ces fourmilières d’enfants dont les garçons deviennent de bons matelots et résistent bien aux voyages au long cours. Les carrières maritimes s’offrent tout naturellement aux cadets des familles. (Nous trouverons des Brizard et des Baudin aux Antilles.). A l’inverse, les sauniers sont de pauvres diables qui n’arrivent pas à posséder une parcelle de marais (contrairement aux laboureurs et aux vignerons ). Il y eut en 1715 une grande crise du sel qui sera cause des nombreux décès de cette population sous-alimentée. « IL mourrait un grand nombre de jeunes enfants et de vieillards. ».

La citadelle est aussi une ville de garnison. Les militaires ont acquis de l’importance, avec un état major pour la place et un autre pour la citadelle. Un hôpital leur est même réservé : l’hôpital St Honoré, l’hôpital St Louis étant destiné aux femmes et aux enfants. Ils épousent, volontiers les riches héritières bourgeoises.( Jacques Charles François du Frou de Blinière, capitaine en garnison à St Martin, épousera en 1772 Marguerite Brizard…)

Revenons aux personnes qui nous concernent directement.

Rappelons que Jean de Gibelin de Florensolles a épousé Marguerite du Moullard le 9 août 1731, Il a 45 ans. Le couple aura une fille :

Anne Marguerite née le 13 février 1735 à Brouage. Sa marraine est sa grand-mère, Marie Anne Carnée, veuve de Nicolas du Moulard. Sa mère, Marguerite, décèdera des suites de couche le 24 février 1735.Elle sera inhumée dans l'Eglise. Jean de Gibelin, lui, décèdera fin janvier 1741; le feuillet est déchiré, on peut lire : " Aujourdhui…est décédé après avoir…l’Eglise messire jean…florensolle major…gouvernement de broua…six ans dont le corps…en ce lieu par moy soussigné…et des habitans… " Il avait 55 ans. Sa fille sera élevée par sa grand-mère maternelle.

Le premier décembre 1751, Anne Marguerite de Gibelin de Florensolles ( elle signe Gibelain ; elle aura 17 ans en février 1752) demande à être émancipée, on peut penser que c’est en vue de son prochain mariage en février 1752: (réf : A D de La Rochelle B 806 ) :

" anne Marguerite gibelain de florensolle Demoiselle, assistée de Me pierre Senneyé son procureur, qui pour elle nous a dit et exposé que Mre jean Gibelain son père Ecuyer Sieur de florensolle, major commandant de la place et gouvernement de la ville de Brouage, par acte du vingt neuf janvier mil sept cent quarante un …, controllé à Marennes le trois février suivant par Guyon, nomma pour tuteur et curateur à la demlle Comparante, sa fille, lors âgée d’environ six ans jacques gombaud me chirurgien de la paroisse de moïse, que peu de jours après étant décédé dans cette vollonté, ledit sieur gombaud…prêta le serment par devant nous le sept du même mois de février… que du depuis il aurait toujours géré et administré la tutelle et curatelle de la personne et biens de laditte demoiselle gibelain, qui étant parvenue à l’âge compétant pour pouvoir régir et administrer par elle-même ses dits biens, elle s’est pourvue en la chancelerie près la cour de parlement de Bordeaux et y a obtenu des lettres de bénéfice d’âge le onze septembre dernier, … laditte demoiselle gibelain idoine est capable d’avoir et faire la gestion et administration de ses biens par elle-même…" Le 9 février 1752, elle épouse à St Martin de Ré Charles Mathieu Brizard du Martray. Ils auront 11 enfants de 1752 à 1770. Voir Famille Brizard du Martray.