Histoire du Québec
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Avant l'arrivée des Français, le Québec était habité par des tribus amérindiennes plus connues aujourd'hui sous le nom de Premières Nations. En effet, le gouvernement québécois reconnaît onze nations autochtones sur son territoire : les Inuits, les Mohawks, les Innus, les Cris, les Algonquins, les Atikamekw, les Micmacs, les Hurons-Wendat, les Abénaquis, les Malécites et les Naskapis. Ils totalisent aujourd'hui environ 75 000 personnes.
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La Nouvelle-France (1534-1763)
Parti de Saint-Malo le 20 avril 1534 avec 61 hommes sur deux navires, Jacques Cartier est considéré comme le premier explorateur européen en terre canadienne(cependant John Cabot en 1497 avait circulé dans le golfe du Saint-Laurent). Il planta une croix à Gaspé en 1534 et navigua sur le fleuve Saint-Laurent dès son second périple en 1535. Cartier s'aventura jusqu'au village iroquois d'Hochelaga (futur Montréal) où l'équipage passa l'hiver : 20 personnes moururent du scorbut avant que Cartier n'obtienne des Amérindiens une recette (à base de feuilles de cèdre blanc) contre cette maladie. Décidé à établir une colonie, le Royaume de France donna le commandement d'une nouvelle expédition à Roberval. La nouvelle colonie connut un hiver difficile qui coûta la vie à plus de 50 individus. Ayant d'autres préoccupations, en particulier les guerres européennes, la France cessa de s'intéresser au Canada pendant plus d'un demi-siècle. Cette période est communément appelée les « vaines tentatives ».
En 1603, les colons français, menés par Samuel de Champlain, s'allièrent aux tribus amérindiennes des Hurons et des Algonquins contre les Iroquois. À cette époque, on comptait environ 30 000 Hurons et 15 000 Iroquois mais une série d'épidémies abaissa la population des Hurons à 12 000 tandis que celle des Iroquois demeura inchangée. En 1608, le père de la Nouvelle-France, Samuel de Champlain, fonda la Ville de Québec qui devint un simple comptoir de traite. En 1627, la création par Richelieu de la Compagnie de la Nouvelle-France (ou des Cent-Associés) permit à cent actionnaires de développer le Canada. L'année suivante, la première expédition, qui comptait 400 personnes, tomba entre les mains des Britanniques et ne parvint jamais à destination. De 1629 à 1632, les Anglais occupèrent le Québec et l'Acadie. Champlain fut fait prisonnier et s'ensuivit la faillite de la compagnie des Cent-Associés. Suite au traité de Saint-Germain-en-Laye, le Royaume de France reprit possession de la colonie en 1632. La ville de Trois-Rivières fut fondée en 1634. En 1640, la Nouvelle-France ne comptait que 500 personnes. Les guerres iroquoises et les maladies furent les causes principales de mortalité dans la colonie française. En 1642, Paul de Chomedey de Maisonneuve fonda Ville-Marie (futur Montréal) qui n'était, à l'époque, qu'un fort servant de protection aux attaques des Iroquois (la première grande guerre iroquoise dura de 1642 à 1667).
De 1627 et 1663, la population passa de 100 habitants à quelque 2500. En 35 ans, environ 1250 immigrants français vinrent augmenter la petite population d'origine; la natalité doubla le contingent. Certaines provinces jouèrent un rôle prépondérant: la Normandie, l'Aunis, le Perche, Paris et l'Île-de-France, le Poitou, le Maine, la Saintonge, l'Anjou, la Bretagne, donc, surtout des provinces du Nord-Ouest, du Centre-Ouest, de l'Île-de-France et du Sud-Ouest. Le Midi et les Alpes ne participèrent que très peu.
Les immigrants originaient principalement des régions côtières et des villes portuaires, ainsi que de la grande région parisienne.
En 1663, le ministre des finances Colbert mit en place un gouvernement royal en Nouvelle-France. Le territoire devait être administré comme une province française sous l'égide d'un gouverneur. En 1665, le régiment de Carignan-Salières (régiment d'élite) arriva dans la colonie pour vaincre les Iroquois. En 1666, l'intendant de la Nouvelle-France Jean Talon organisa un premier recensement qui dénombra 3215 habitants. Grâce aux politiques d'encouragement des naissances de Talon ainsi qu'à l'envoi par Louis XIV de 900 jeunes filles à marier, les fameuses Filles du Roy, la population de la colonie passa à 6700 habitants en 1672. En 1684, encouragés par les Britanniques, les Iroquois dirigèrent une seconde série d'attaques contre les établissements français. En 1686, les Français s'emparèrent de trois forts anglais de la baie d'Hudson. Sous la gouvernance de Frontenac, les Français menèrent une série de raids contre les postes de la Nouvelle-Angleterre et chassèrent les Anglais de l'Acadie, de Terre-Neuve et de la baie d'Hudson. Cependant, en 1687, la France et l'Angleterre signèrent le traité de Ryswick qui mit fin à la première guerre intercoloniale. En 1701, la paix fut signée avec les Iroquois. La colonie comptait moins de 15 000 habitants. Avec la signature des Traités d'Utrecht, en 1713, la France céda à la Grande-Bretagne l'Acadie (Nouvelle-Écosse), Terre-Neuve et la baie d'Hudson. De toute l'activité économique de la colonie, la traite des fourrures demeura l'activité dominante avec 70 % des exportations contre 20 % pour les produits agricoles.
La guerre de Sept Ans (1756–1763), entre la Grande-Bretagne et la France, prit un tournant décisif en Amérique du Nord. En effet, les colonies britanniques s'unirent pour en finir avec la Nouvelle-France. En 1755, ils déportèrent plus de 7000 acadiens vers la côte américaine, le gouverneur de la Nouvelle-Écosse (Lawrence) craignant leur intervention dans le conflit. En 1756, le gouverneur Louis-Joseph de Montcalm arriva en Nouvelle-France avec trois mille hommes. En 1759, le général britannique James Wolfe et son armée assiègèrent pendant dix semaines la Ville de Québec qui capitula après une célèbre bataille sur les plaines d'Abraham (durant laquelle Montcalm et Wolfe furent blessés mortellement). L'année suivante, en 1760, les Britanniques s'emparèrent de Montréal : la Nouvelle-France était conquise. La plus grande colonie française ne comptait plus que 55 000 habitants alors que la population était de près d'un million de colons avant la guerre. La population amérindienne, quant à elle, représentait alors environ 600 000 individus.
Le Haut et le Bas-Canada après l'Acte constitutionnel de 1791.
Le Québec (brun) en 1867
Le Québec (brun) aujourd'hui[modifier]
Le régime britannique (1763-1867)
La Grande-Bretagne prit possession de la Nouvelle-France proclamée par le traité de Paris en 1763 qui mit fin à la guerre de Sept Ans. Le roi Louis XV et ses conseillers choisirent de conserver la Guadeloupe pour son sucre plutôt que le Canada, alors considéré comme un vaste territoire de glace sans importance pour le royaume de France. Seules les îles Saint-Pierre et Miquelon restèrent françaises (pour permettre aux Français de pêcher en Amérique). Suite à ce traité, la plupart des aristocrates retournèrent en France. La Grande-Bretagne, alors souveraine, rédigea une constitution (la Proclamation Royale) pour la Nouvelle-France qui devint la «Province of Quebec» (qui se traduit en français par «Colonie de Québec», car le terme Province de Québec désignera plus tard la province dans le Canada). Cette constitution prévoyait l'assimilation à plus ou moins long terme des Canadiens français. Près de 2000 d'entre eux retournèrent en France entre 1760 et 1770.
Jusqu'en 1766, les Britanniques luttèrent contre des tribus amérindiennes (tels que les Abénakis) alliées à la France qui se révoltèrent sous la direction du chef Pontiac. Pour éviter que les troubles dans les colonies américaines ne se répandent jusqu'au Canada, le gouvernement britannique décida d'être plus ouvert face aux Canadiens français et révoqua la Proclamation Royale qui, entre autres, faisait de la religion protestante la seule religion officielle. En 1774, on rédiga l'Acte de Québec qui venait atténuer les vélléités d'assimilation exprimées 11 ans plus tôt et établissait les droits des francophones et qui agrandissait le territoire de la province (elle s'étendit jusqu'aux Grands Lacs). On reconnut les lois civiles françaises et on accorda aux catholiques le droit de pratiquer leur religion.
Les Américains (avec à leur tête Montgomery et Arnold) décidèrent de rallier les Canadiens par la force à leur lutte pour l'indépendance. Ils commencèrent l'invasion de la province du Québec (toute la région de Montréal passa entre leurs mains) mais, l'année suivante, ils échouèrent dans leur tentative de prendre la Ville de Québec. Des renforts britanniques arrivèrent en grand nombre et les Américains furent forcés de quitter la province. Les Canadiens français restèrent plutôt neutres dans le conflit, suivant les recommandations de l'Église catholique qui prenait le parti des Britanniques. Suite à l'indépendance américaine, des Loyalistes américains s'installèrent au Québec. Insatisfaits des nombreux privilèges accordés aux Canadiens, les Canadiens français demandèrent des réformes et on leur répondit par l'Acte constitutionnel de 1791 qui divisait le territoire depuis la rivière des Outaouais, créant le Haut-Canada (l'Ontario d'aujourd'hui) et le Bas-Canada (le Québec d'aujourd'hui). Le Haut-Canada anglophone et peu peuplé devenait donc l'égal du Bas-Canada francophone fort peuplé, ce qui satisfaisait les intentions assimilationnistes des Britanniques. Le parlementarisme britannique fut adopté mais les limites du système colonial furent très vites critiquées et contestées.
En 1834, les radicaux du Parti Patriote (tels les Papineau, Elzéar Bédard et Augustin-Norbert Morin) rédigèrent et présentèrent, à titre de programme politique et de revendications, 92 résolutions qui exprimaient une véritable perte de confiance dans les institutions monarchiques britanniques. En 1835, Lord Gosford arriva à Québec pour tenter de se lier rapidement avec les patriotes, ayant reçu le mandat de se concilier l'Assemblée. Mais en 1837, une rébellion survint. Les Canadiens (français et britanniques) réclamèrent des gouvernements responsables (c'est-à-dire des gens élus qui prendraient les décisions à la place d'un gouverneur imposé par Londres). Le Bas-Canada prit les armes, avec à sa tête Louis-Joseph Papineau (député nationaliste et chef du Parti Patriote). Le Haut-Canada se révolta sous les ordres de William Mackenzie. Ces deux soulèvements furent écrasés par Londres.
La déroute des Patriotes marqua la fin de l'emprise des esprits libéraux sur la société québécoise, le clergé reprenant désormais les commandes et étendant son pouvoir. Lord Durham fut envoyé par Londres pour faire enquête. Dans son célèbre rapport (le rapport Durham), il recommanda qu'il fallait procéder à l'assimilation intégrale de la collectivité canadienne-française par une unification des deux Canada et l'adoption d'un gouvernement responsable. L'Acte d'Union de 1840 fut voté à Londres. Il donna au Haut-Canada le même nombre de députés qu'au Bas-Canada et fit de l'anglais la seule langue officielle. Le Canada-Uni comptait alors 500 000 anglophones et 600 000 francophones. Lord Durham prévoyait que les anglophones seraient bientôt plus nombreux et qu'ils domineraient ainsi l'Assemblée. Graduellement, les anglophones adoptèrent le nom de « Canadians » (que les habitants d'origine française se réservaient depuis le XVIIe siècle). En réaction, ceux-ci commencèrent donc à s'appeler les « Canadiens français ».
Les troubles politiques continuèrent, atteignant un nouveau paroxysme en 1849, alors que des émeutiers incendièrent le parlement du Canada-Uni situé à Montréal depuis 1843. Le gouvernement avait voté une loi pour dédommager les victimes innocentes des troubles de 1837-1838, ce qui enragea des extrémistes britanniques. Le parlement migra alors entre Québec et Toronto jusqu'en 1867.
Ce n'est qu'en 1849 que s'établit le gouvernement responsable par le parti réformiste. Les francophones n'étant plus majoritaires, le parti réformiste fut alors dirigé par Robert Baldwin dans le Haut-Canada et Louis-Hippolyte Lafontaine dans le Bas-Canada, ces deux divisions territoriales formant le Canada-Uni. Grâce à l'obtention du gouvernement responsable, un certain calme régna sur la scène politique canadienne. En 1864, les élites politiques entamèrent des discussions concernant une potentielle confédération canadienne. Londres donna alors son appui au projet d'union fédéral et fit même pression sur les gouverneurs en poste dans les colonies pour qu'ils l'acceptent.
La confédération canadienne (1867)
Suite à un accord de principe conclu entre le parti conservateur de John Alexander MacDonald et le parti libéral de George Brown, appuyé par George-Étienne Cartier, l'Acte de l'Amérique du Nord britannique créa la confédération canadienne qui fut proclamée le 1er juillet 1867 et à laquelle se joignirent le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. Elle résulta en une seconde division administrative qui forma les provinces de Québec et de l'Ontario.
Cet Acte de l'Amérique du Nord britannique (la Loi constitutionnelle de 1867, de son nouveau nom) définit la répartition fondamentale des pouvoirs entre le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux. Les fondateurs du Canada étaient déterminés à créer un gouvernement central fort tout en attribuant d'importants pouvoirs aux assemblées législatives des provinces. On attribua au parlement fédéral la responsabilité de la défense et de la politique étrangère, du commerce, des transports, des communications et des terres réservées aux Indiens ainsi que des pouvoirs extraordinaires, notamment les pouvoir résiduaires (la responsabilité de tous les secteurs qui n'ont pas été expressément assignés aux assemblées législatives provinciales), le pouvoir de désaveu (qui lui permet de désavouer des lois provinciales) ainsi qu'un [[pouvoir de taxation illimité (ne laissant aux provinces que le pouvoir de percevoir des impôts directs dans les limites du territoire provincial). Les assemblées législatives provinciales reçurent compétence dans les domaines tels que l'éducation, les hôpitaux, la propriété, les droits civils, les ressources naturelles et les « travaux et entreprises d'une nature locale ». Dans deux secteurs, l'immigration et l'agriculture, la compétence fut partagée entre les deux paliers de gouvernement.
La Loi constitutionnelle de 1867 renfermait des dispositions et des clauses spécialement conçues pour préserver le caractère distinct du Québec. Elle consacrait la reconnaissance du Code civil du Québec en ce qui a trait au droit privé comparativement à la Common law britannique en vigueur dans les autres provinces, prévoyait l'utilisation du français et de l'anglais au Parlement ainsi qu'au sein de la Législature et des tribunaux du Québec, et établissait des écoles séparées financées par les fonds publics pour les minorités protestantes et catholiques du Québec.
De Chauveau à Duplessis
Le 15 juillet 1867, Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, du Parti conservateur, devint Premier ministre. Dès 1868, il créa le ministère de l'Instruction publique dont il devint titulaire. Mais ce ministère fut vite dénoncé par le clergé qui rejetait ainsi l'école neutre, gratuite et obligatoire, qu'il croyait une menace maçonnique. Boucherville abolit le ministère en 1875 et le système de 1867 fut rétabli. En 1876, un candidat libéral de Charlevoix, qui fut défait aux élections à cause de la pression de l'Église sur les électeurs, réussit, à l'aide d'une nouvelle loi fédérale, à faire annuler l'élection. L'année suivante, le pape envoya son représentant pour forcer l'Église québécoise à minimiser ses interventions dans le domaine électoral. En effet, en 1887, les religieux représentaient 48 % des instituteurs des écoles catholiques.
En 1910, le petit-fils de Louis-Joseph Papineau, Henri Bourassa fonda le journal « Le Devoir » qu'il consacra à la défense des Canadiens français. Il s'opposa vigoureusement à la conscription de 1917 qui força les Canadiens à participer à la première guerre mondiale. Des 400 000 militaires canadiens envoyés outre-mer, plus de 60 000 Canadiens moururent au combat. Son « successeur » en tant que défenseur des droits des francophones fut l'historien et chanoine Lionel Groulx, considéré par plusieurs comme le père spirituel des indépendantistes québécois. En 1931, s'étant gagné une grande crédibilité en participant à la première guerre et aux négociations qui suivirent, le Canada se vit accorder par le Royaume-Uni une pleine autonomie par le Statut de Westminster (formation du Commonwealth).
En 1936, l'Union Nationale, fondée en 1935, prit le pouvoir au Québec. Son chef, Maurice Duplessis, fut au pouvoir jusqu'en 1939, puis de nouveau de 1944 à 1959. Il se voulut autonomiste, protégeant son esprit conservateur sous le couvert du nationalisme. Duplessis maintint le Québec en retard sur le reste du Canada en matière d'éducation, d'économie et dans les lois sociales. Le pouvoir religieux occupa une place prépondérante dans les affaires sociales, économiques et politiques du Québec. En effet, l'Église catholique, en étroite collaboration avec le gouvernement, usa de son influence pour convaincre les citoyens de la nécessité de préservation du gouvernement conservateur de Maurice Duplessis, qui prit, en outre, des mesures contre les réformes sociales et le syndicalisme. Après sa mort, le pouvoir de l'Église s'affaiblit rapidemment sous le gouvernement libéral de Jean Lesage. Durant les années 1960, le Québec entra dans une grande phase de modernisation accélérée, grâce notamment à une série de réformes d'ordre économique entreprises par le gouvernement de Lesage. Cette période est souvent qualifiée par les historiens, sociologues ou politologues de Révolution tranquille.
Modernisation et contestation (1960 à aujourd'hui)
La modernisation du Québec raviva l'idée de l'indépendance et le mouvement souverainiste prit corps. Ces revendications indépendantistes se firent plus nombreuses et une Maison Québécoise ouvrit ses portes à Paris en 1961, faisant office de Délégation officielle. Ce mouvement prit une ampleur sans précédent dans la seconde moitié des années 60, les revendications indépendantistes se faisant largement entendre et s'organisant sous des formes diverses, comme le Rassemblement pour l'indépendance nationale qui lanca le slogan : « le Québec libre ».
Le 23 juillet 1967, le Général Charles De Gaulle débarqua à Québec et prononça un discours dans lequel il insistait sur l'identité des Français et des Canadiens francophones. Le lendemain, il emprunta le Chemin du Roy qui sépare la ville de Québec de celle de Montréal. A chaque étape, il fut salué comme un libérateur par une foule qui agitait des pancartes sur lesquelles était inscrit : "France libre", "Québec libre", "Vive le Canada français !". Arrivé à Montréal, il fut reçu par le maire, Jean Drapeau, et s'adressa du balcon de l'hôtel de ville à une foule débordante d'enthousiasme, terminant son discours par les mots célèbres : « Vive Montréal ! Vive le Québec ! Vive le Québec libre ! Vive le Canada français et vive la France ! »
Un groupe de séparatistes extrémistes, le Front de Libération du Québec (FLQ) avait eu recours depuis le début des années 1960 à des attentats terroristes sur le sol québécois contre plusieurs intérêts canadien britanniques et symboles du Royaume-Uni. Le climat social de la fin des années 1960 dégénéra en fréquentes manifestations ouvrières et parfois en émeutes. En octobre 1970, le FLQ enleva un diplomate britannique puis un ministre du gouvernement québécois, Pierre Laporte, qui fut assassiné dans des circonstances nébuleuses. Cet assassinat entraîna l'intervention de l'armée canadienne dans les rues mêmes de Montréal, à la demande du premier ministre Robert Bourassa et du maire de Montréal Jean Drapeau prétextant une insurrection appréhendée. Plus de 500 leaders d'opinions québécois furent arrêtés, parmi lesquels des syndicalistes, des artistes et des étudiants. Des commissions d'enquête subséquentes (entreprises par la Gendarmerie royale du Canada et le juge Keable) conclurent que l'action des gouvernements fédéral et provincial, illégale sur le plan moral, visait essentiellement à rallier l'opinion publique et à abattre une opposition légitime plutôt qu'à réprimer une insurrection appréhendée. Ces événements marquèrent la fin de l'extrémisme au sein du mouvement indépendantiste.
C'est en 1968 que se forma le Parti québécois, parti souverainiste dirigé par René Lévesque. Ce parti gagna les élections provinciales de 1976 et instaura une série de lois faisant la promotion et la défense de la langue française. C'est avec la mise en place de la Loi 101 que le français devint la langue officielle du Québec en 1977.
En 1980, le projet de René Lévesque, appelé souveraineté-association, fut appuyé par 40 % de la population lors d'un référendum. Le gouvernement canadien de Pierre Elliott Trudeau rapatria la constitution en 1982 avec, sur avis de la cour suprême, l'accord d'une forte majorité des provinces, mais sans l'appui du Québec, le gouvernement du Québec ne devint donc pas partie à la constitution, suite aux événements controversés de la Nuit des longs couteaux. De 1985 à 1994, le Parti libéral du Québec gouverna le Québec sous Robert Bourassa et Daniel Johnson. La problématique constitutionnelle fut une fois de plus discutée et un consensus fut approuvé avec l'accord du lac Meech en (1987). Cependant, celui-ci s'effondra en 1990. Une troisième entente, l'Accord de Charlottetown, qui devait spécifier juridiquement le statut du Québec avec le reste du Canada, fut rejetée par un référendum pancanadien et un référendum québécois en 1992.
Le Parti québécois, mené par Jacques Parizeau, revint au pouvoir en 1994 avec la promesse de tenir un nouveau référendum sur la souveraineté du Québec. Tenu le 30 octobre 1995, ce référendum vit la proposition souverainiste rejetée à 50,6 %. Jacques Parizeau quitta le poste de premier ministre le 29 janvier 1996 et fut remplacé par le chef du Bloc québécois fédéral, Lucien Bouchard. Bouchard et son successeur péquiste, Bernard Landry, laissèrent de côté l'accession à la souveraineté, privilégiant l'assainissement des finances publiques, la dette québécoise n'ayant cessé de croître ces dernières années.
Développements politiques actuels
Le 14 avril 2003, le Parti québécois fut battu par le Parti Libéral, dirigé par Jean Charest. Devenu premier ministre, Charest mène jusqu'à présent une politique de désengagement de l'État, notamment en favorisant les partenariats public-privé, dans le but de contenir la dette de plus de 119 milliards de dollars du gouvernement québécois. Ce nouveau premier ministre est quelque peu controversé et selon certains sondages, plus de 70% de la population Québécoise ne serait pas satisfaite de ses actions.
En 2004, le scandale des commandites rendit le gouvernement fédéral de moins en moins populaire auprès des québécois. En effet, la vérificatrice générale du Canada affirma qu'une caisse noire avait été utilisée à partir de 1995 pour promouvoir l'unité canadienne pendant et après le référendum sur la souveraineté du Québec. Elle révéla également que, malgré les lois référendaires québécoises, neuf fois plus d'argent avait été utilisé par le camp du « Non » (appuyé par le gouvernement fédéral), au détriment du camp du « Oui ». De plus, différents témoignages mirent en lumière que le gouvernement fédéral avait accéléré le processus de naturalisation des immigrants pour contrer le référendum. Ces révélations, ainsi que le scandale d'Option Canada révélé fin 2005, mettent en doute, aux yeux des souverainistes, les résultats du référendum de 1995 au Québec rejeté par une marge extrêmement mince.
Le 15 novembre 2005, André Boisclair est devenu le nouveau chef du parti québécois après une course à la chefferie du parti politique l'opposant, entre autres, à Pauline Marois.
En février 2006 un nouveau parti politique est fondé. Né de la fusion de l'Union des forces progressistes (UFP) et d'Option citoyenne, Québec solidaire est représenté par Françoise David et Amir Khadir. Le parti de gauche regroupe écologistes, féministes, démocrates, altermondialistes et indépendantistes.
Même si le Québec n'a toujours pas ratifié la Constitution canadienne, celle-ci est implicitement en vigueur sur le territoire, le Québec faisant parti de la Fédération canadienne.






