Internet au service du généalogiste
Un article de GeneaWiki.
Généalogie et Internet ? Pour quoi faire ?
[Le texte qui suit est extrait de la conférence "Internet et Généalogie" prononcée par Christophe Becker, directeur de GeneaNet, le 12 décembre 2004 dans le cadre de la 4ème Biennale de Généalogie et d'Histoire des Familles à Paris.]
Les généalogistes sont chaque jour plus nombreux en France. Le journal « NotreTemps » les estimait récemment à près de 6 millions. Parallèlement, les internautes sont également en forte progression. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi de m’adresser aujourd’hui à tous les types de publics, en restant le plus possible compréhensible aux moins expérimentés d’entre nous.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, à savoir « quel apport Internet peut-il avoir dans vos recherches généalogiques ? », il me semble important de revenir sur les raisons de ce véritable engouement des généalogistes amateurs pour Internet. Je dis « généalogistes amateurs » mais je sais que de nombreux professionnels parmi lesquels Jean-Louis Beaucarnot, que l’on ne présente plus, ou encore Myriam Provence, la présidente de la Chambre Syndicale des Généalogistes et Héraldistes de France, utilisent chaque jour Internet pour leurs recherches et consulte régulièrement en particulier un site que je connais bien…
Alors quelles sont les raisons de cet engouement ?
J’en dénombre quatre :
- La première raison tient au fait même du développement de l’Internet en France et tout particulièrement du Haut-Débit. Fin octobre 2004, Médiamétrie estimait les internautes à 23 millions [c’est-à -dire, 23 millions d’individus de plus de 11 ans s’étant connecté à Internet au cours de ce mois].
- France Telecom, de son côté, évalue à 6 millions le nombre d’abonnés au Haut-Débit en cette fin d’année, [plaçant la France au 2ème rang européen derrière l’Allemagne].
- A titre de complément, sachez que les visiteurs de GeneaNet était 55 % en mars 2004 à accéder à notre site par une liaison Haut-Débit (ADSL ou câble).
- La seconde raison est sans doute liée à l’intérêt que la presse porte à la généalogie en générale et à son utilisation sur Internet en particulier. Après avoir consacré plusieurs dossiers à ce qu’ils présentaient comme une nouvelle mode, les journalistes ont compris qu’il ne s’agissait plus d’une mode mais d’un véritable loisir, bien spécifique à la France. Certains disent même que la généalogie constitue aujourd’hui le 3ème loisir des Français en nombre de pratiquants derrière le jardinage et le bricolage !
- La troisième raison expliquant cet engouement est à mon sens le bouche-à -oreille. N’avez-vous jamais entendu un de vos correspondants, un membre de votre association, vous dire « Tiens, depuis que les dépouillements de la Marne arrivent sur Internet, j’ai retrouvé la piste de mon SOSA 256 ! » Et oui, il ne sera bientôt plus la peine de vous rendre aux Archives Départementales de Reims pour retrouver la trace d’un ancêtre né dans la région champenoise.
- Mais c’est sans doute la quatrième raison qui explique le mieux l’engouement spécifique des généalogistes pour Internet : Internet facilite les échanges entre chercheurs et les rend immédiat. Souvenons-nous : il n’y a pas encore longtemps, nous écrivions à la revue de notre association ou de notre cercle pour poser une question relative à nos recherches. Nous pouvions également poser cette même question à la rubrique Questions/Réponses de l’un des magazines spécialisés. Ensuite, nous attendions, 2, 3, voire 4 mois avant que notre question soit publiée et souvent autant pour lire dans un numéro suivant une éventuelle réponse…
- Aujourd’hui, Internet nous permet d’entrer en contact très facilement et très rapidement avec d’autres généalogistes qui effectuent des recherches sur la même région que nous, voire sur la même famille. On découvre régulièrement de nouveaux cousins et ces contacts nous permettent d’avancer dans nos recherches, de débloquer une branche d’une ou deux nouvelles générations, parfois beaucoup plus !
La première conséquence du développement d’Internet est de nous faire gagner du temps dans nos recherches d’Etat-Civil et de pouvoir en consacrer davantage sur l’étude, au delà des noms, des prénoms et des dates, du mode de vie et de l’histoire de nos ancêtres.
La seconde conséquence que l’on peut observer est un rajeunissement des généalogistes ou plus exactement l’arrivée de nouveaux généalogistes, plus jeunes, à cette formidable passion. Jérôme et moi en sommes sans doute un bon exemple. L’un comme l’autre ne serions pas venus à la généalogie et en particulier à l’envie d’aller passer des heures dans des dépôts d’archives si Internet ne nous avait pas mis un jour le pied à l’étrier. L’arrivée de plus jeunes générations à cette activité ne pourra sans doute que ravir les plus anciens d’entre nous puisqu’il est toujours plus agréable de pouvoir transmettre sa passion plutôt que de la laisser en guise de testament…
Je mettrais néanmoins une réserve par rapport cet engouement : avant de se lancer dans la quête de ses ancêtres sur Internet, le généalogiste doit avant tout apprivoiser l’outil informatique et apprendre à utiliser Internet.
Je me souviens d’un sketch, il y a quelques années, où l’on voyait une personne appeler la hot-line d’un constructeur d’ordinateur pour se plaindre que son PC ne marchait plus. Le technicien, au bout du fil, trouvait très vite la solution : il s’agissait de commencer par brancher l’ordinateur à la prise de courant puis d’actionner l’interrupteur de l’ordinateur… Et tout était rentré dans l’ordre ! Si nous n’en sommes plus là , heureusement, aujourd’hui, il n’est pas rare de constater que les principales difficultés rencontrées par les chercheurs sur Internet viennent de leur méconnaissance de l’informatique et du réseau.
Car justement, Internet est avant tout un réseau, un réseau de communication qui met à la disposition de ses utilisateurs différents services.
- Au premier rang de ces services, le plus utilisé, c’est le courrier électronique ou l’e-mail.
- Le second service d’Internet, ce sont les sites Web que nous consultons à l’aide de notre navigateur.
- Mais il existe d’autres services sur Internet, parfois moins connus, souvent moins utilisés, parmi lesquels l’échange de fichiers d’un ordinateur à l’autre par ce l’on appelle le ftp [qui sont les initiales de Files Transfert Protocole]. Les discussions en direct avec plusieurs interlocuteurs, c’est aussi Internet et c’est ce qu’on appelle le « chat » ou l’IRC. Enfin, l’on peut également citer les échanges entre plusieurs interlocuteurs, plus en direct cette fois-ci, mais via un outil qui nous permet de poser des questions sur un espace public et à d’autres d’y répondre en fonction de leurs compétences. Ce sont les forums ou newsgroups.
Ces différents services, dont l’ensemble constituent Internet, sont plus ou moins faciles d’accès et d’utilisation !
Entrons maintenant dans le vif du sujet !
La question posée est de savoir ce qu’Internet peut apporter au généalogiste et comment Internet peut modifier la façon d’appréhender la généalogie ?
Je voudrais tout de suite vous mettre en garde sur le principal piège auquel tout généalogiste qui cherche sur Internet est confronté : NON, on ne trouve pas sa généalogie toute faite sur Internet et si même cela était le cas sur l’une ou l’autre de nos branches, il faut ABSOLUEMENT garder en tête qu’Internet n’est qu’un outil ! Internet ne doit pas nous empêcher de garder un esprit critique. Internet donne des pistes, donne parfois des solutions mais ne dispense pas de toujours vérifier les sources des informations trouvées.
Pour moi, Internet est donc un outil qui apporte des services et qui peut faciliter mes recherches, pas les faire à ma place ! Ce qui serait, soit dit en passant, assez frustrant et nous enlèverait beaucoup de plaisir…
Voyons maintenant plus en détails, comment, nous, généalogistes, pouvons utiliser cet outil et quels services nous procure-t-il ?
J’ai distingué 4 types de services.
Internet nous permet :
- De communiquer et de partager avec d’autres généalogistes,
- De rechercher nos ancêtres,
- De nous documenter au delà des simples noms, prénoms, dates et lieux,
- De publier nos travaux.
[Cliquer sur chacun des liens ci-dessus pour accéder au développement de cette section.]
Conclusion
Ma conviction est qu’Internet a définitivement modifié la façon de faire des recherches généalogiques en permettant avant tout un gain de temps indéniable qui permet d’aller directement à l’information là où elle se trouve (ce qui ne dispense pas néanmoins de chercher avec un certain nombre d’outils).
- Avec Internet, l’information est à portée de clic. Nous n’avons plus besoin de nous déplacer.
- Et elle est accessible 24h/24, 7 jours sur 7. Il n’est plus nécessaire d’attendre les horaires d’ouverture comme aux Archives Départementales ou les permanences de l’association qui possèdent les données que nous souhaitons consulter.
Attention néanmoins au risque de rester assis sur notre fauteuil et de ne plus sortir de chez nous...
Mais la fréquentation régulière des manifestations consacrées à la généalogie (Biennale, Congrès, Salons, journées portes ouvertes d'associations) me rassure sur ce point et démontre, si cela était nécessaire, que les généalogistes ne rechignent pas à aller à la rencontre de leurs coreligionnaires.
Quelles sont les perspectives et les prochaines étapes ?
Je crois que l’on va continuer à assister à une meilleure cohabitation entre accès payant et accès gratuit aux informations. Le généalogiste accepte un service payant sur Internet 1/ s’il ne peut l’obtenir gratuitement 2/ si ce service lui apporte une vraie valeur ajoutée.
Parallèlement les associations s’ouvrent de plus en plus sur l’extérieure et acceptent beaucoup plus que par le passé de partager leurs données.
Je pense que l’on va assister, sous la pression des particuliers, pour ne pas dire des électeurs, à une ouverture progressive de tout type d’archives permettant aux généalogistes d’accéder à de nouvelles sources d’information. Mais avant d’envisager d’ouvrir différents types d’archives, laissons nos Archives Départementales suivre l’exemple de la Mayenne. Ce sera un très bon début.
Et puis on peut rêver de voir un jour en ligne les archives notariales...
Le partage de la connaissance, la juxtaposition des travaux personnels, des travaux collectifs (ceux des associations) et des travaux des service publiques vont permettre à de nouveaux généalogistes de venir grossir nos rangs. Mettre le savoir à la portée du plan grand nombre, c’est finalement là le défi d’Internet !






