Premier inventaire du château de Paulhac

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Inventaire du château, réalisé le 10 août 1604, par Mes Chandon et Granet, notaires royaux, accompagnés de Me Flandin, bailli de Brioude, de La Chalm, procureur d’office et Magaud, notaire à Paulhac.
Dans la cave creusée dans la roche : Six tonneaux remplis de vin rouge ou clairet, plus un tonneau à demi rompu, cinq tonneaux vides, quatre bacholles, et, dans une petite cave joignant la grande, trois tonneaux pleins, mais de vin poussé, et quelques tonneaux vides.
Dans la grande salle basse joignant à la basse-cour du coté de bise, un long banc tourné de chêne, une maye à pétrir, un chaudron sans anses, deux trépieds de fer, une paire de boutes de cuir .
Dans la sommellerie, une table de sapin, un buffet de noyer tout rompu, un autre buffet de sapin usé, ayant deux armoires et deux layettes. Trois arches de sapin sans clefs ni serrures, contenant des serviettes, des nappes, des linceuls de toile, trois nappes à communier. Un châlit, deux escabeaux, trois arquebuses à mèche suspendues à un râtelier. Deux landiers et un astier de fer, une grille, une pelle, deux pots et une cuillère de fer, une lèchefrite, une poêle à frire, une broche de fer, un chaudron, des plats, des assiettes, des chandeliers, des pots et des salières d’étain .
Dans une salle voûtée, une table de noyer, des bancs, un dressoir de chêne, deux landiers garnis de cuivre .
Dans la chambre de la défunte dame : Deux tables de noyer à piliers tournés, l’une recouverte d’un tapis de serge grise usé et taché. Un buffet de chêne de peu de valeur. Le long des murs, huit pentes de tapisserie à feuillages. Des chaises et des tabourets garnis de tapisserie, une chaise de repos, des escabelles, un damier de noyer garni de ses tables. Devant la cheminée, une pièce de tapisserie « faite à personnages ». Un grand miroir carré. Deux petits landiers de fer. Trois châlits de noyer, un lit de camp « garni de camelot noir fait à l’impériale », deux grands lits « garnis de leurs courtines de Felletin et rideaux, l’un blanc et rouge et l’autre de cadis vert ». Un petit coffre de noyer.
Dans le cabinet joignant la susdite chambre, un râtelier de bois portant quatre mousquets avec leurs fourchettes et deux arquebuses à mèche; deux moules « pour faire balles », un fourniment et pulvérin de Milan garni de ses houppes de soie verte. Une lance, deux épées, un poignard à garde surdorée.
Dans un bahut, cinq pentes de tour de lit de Felletin. Dans un coffre, onze linceuls communs et usés, un manteau de velours noir usé, doublé de peluche. Sur une table, une pièce de toile de quinze aunes et une pièce de serviettes « à la petite Venise ».
Dans des chambres (« chambre dite des trois degrés, chambre des nourrices, » etc.) donnant sur une galerie au haut de l’escalier à vis: Des dressoirs et des buffets, des tables, des chaises, des escabeaux. Des « branloires de petits enfants », deux armures complètes et des pièces d’armure, casques, cuirasses, brassards. De nombreux lits, l’un d’eux « garni avec couvertures de velours cannelle, les franges de blanc et gris, et les rideaux de camelot de Lille bleus » un autre « de tiretaine rayée de blanc avec tour de lit et rideaux ». Des couchettes avec leurs couettes et leurs couvertures.
Dans l’une de ces chambres, sept pièces de tapisserie, « l’une d’icelles étant ouvragée de Felletin », les autres « tissées de gris et de bleu, avec les montants de vert et de rouge » .
Dans une autre, « cinq pentes de tapisseries de Felletin, les unes faites en chasses, les autres en bergeries ».
Dans le galetas, deux arches de sapin sans serrure et une grande échelle servant pour la réparation du couvert dudit château.
Rien dans la grande écurie, ni dans les écuries voûtées.
Dans le cuvage, un pressoir et six cuves de chêne.
Dans les greniers au-dessus des écuries, deux selles de mules .
Dans la grange dépendant du château « un grand mousseau de quarante chars de foin pourri ».