Rechercher nos ancêtres

Un article de GeneaWiki.


Sommaire

Rechercher

Dans cette seconde partie, il faut entendre « Rechercher » au sens de rechercher des données pour compléter sa généalogie puisque nous garderons la recherche de documentation pour la 3ème partie de cet exposé.

Lorsque l’on recherche des données généalogiques, ou des pistes pour avancer dans ses recherches, il est important de se demander quelle est l’origine des informations que l’on trouve.

Je distingue 3 types d’origine d’informations que nous allons illustrer par quelques exemples : è On peut tout d’abord trouver des données issues des dépouillements systématiques réalisés le plus souvent par des associations ou des cercles généalogiques ; è On parlera ensuite des données issues des recherches personnelles des généalogistes et publiées sur leurs arbres en ligne ou simplement indexées sur Internet sous la forme de listes éclair. è Enfin, on abordera le mise à disposition par les pouvoirs publics des actes numérisés, c’est-à-dire la source première et originelle de l’information, malheureusement la substantifique moelle la moins répandu sur le Net (à quelques exceptions près…).

Mais revenons sur chacun de ces type de données.

1/ Les données issues du monde associatif

Les données issues du monde associatif sont tout d’abord parfois accessibles sur le site Internet de l’association, librement ou en accès réservé aux membres.

Il existe aujourd’hui 3 principales bases de données qui comptent chacune plusieurs millions d’informations et qui tentent de centraliser ces informations.

Ces bases, qui sont l’équivalent des anciens dépouillements « papier » que l’on peut ou que l’on pouvait se procurer auprès des associations, nécessitent un sésame pour y accéder dans le sens où aucune n’est en accès réellement libre

Le point commun de ces 3 bases de données est que la structure qui les exploite, commerciale ou non, n’est ni propriétaire ni à l’origine des données qu’elles contiennent. Dans les 3 cas que nous allons voir, il s’agit d’associations qui ont réalisé les dépouillements d’actes et qui en confient la diffusion à l’un ou l’autre de ces sites, parfois à 2 d’entre eux, voir aux 3 en même temps.

Créée à l’initiative de la Fédération Française de Généalogie et exploitée par la société Triatel, Bigenet propose aujourd’hui l’accès à 14 millions de relevés d’actes.

Accès en partie libre puisque l’on peut effectuer des recherche et consulter jusqu’aux tables décennales des mariages, accès en partie payant lorsque l’on souhaite accéder à la fiche détaillée du dit mariage pour en obtenir par exemple la filiation.

Points forts : une très grande majorité d’actes filiatifs et un navigation simplifiée Points faibles : un nombre d’actes inférieur à celui des bases concurrentes et peu de communication jusqu’à ce jour autour du site pour le faire connaître auprès du grand public. Par ailleurs, Bigenet étant issu de la Fédération, le site ne s’adresse qu’aux associations fédérées. http://www.bigenet.org


  • Recherche d’un nom

Ce site est proposé par la société SWIC, et accessible, entre autres, à partir de GeneaNet. La société SWIC est bien connue des généalogistes puisqu’elle proposait jusqu’alors les données des associations sur Minitel. SWIC migre actuellement ses millions de données du minitel vers Internet. 26 millions d’extraits d’actes accessibles en ligne + environ 5 millions de données dans une cinquantaine de bases historiques avec un objectif annoncé de 40 millions de données en mai 2005.

Points forts : la plus grande base, en progression constante. Points faibles : Parfois une navigation un peu fouillie dans la recherche. Fonctionnement pas toujours clair pour les non-initiés et des doublons dans la base. Mais le site s’améliore très régulièrement. http://etat-civil.geneanet.org


GeneaBank a un statut un peu à part des 2 précédents sites puisque ce site est géré par une association et non par une société commerciale. GeneaBank propose aux associations de déposer leurs données dans sa base en échange de points qui permettent de consulter cette base. L’association distribue ensuite ces points à ses membres pour leurs permettre d’accéder à l’intégralité des 13 millions de dépouillements d’associations actuellement en ligne.

Point fort : Système d’échange sans transaction monétaire et orienté réellement vers les associations Point faible : C’est le revers de la médaille… GeneaBank ne dispose pas de structure « commerciale » (et pour cause) et par conséquent ses moyens sont limités aussi bien en termes de communication qu’en termes de prospection de nouvelles données. Par ailleurs, le système est réservé aux membres des associations adhérentes à GeneaBank ce qui limite considérablement le nombre d’utilisateurs potentiels...


Recherche d’un nom et GeneaBank sont indexés sur GeneaNet.

Il existe ensuite des plus petits sites qui hébergent des relevés d’actes parmi lesquels on peut citer, à titre d’exemple, les 2 sites dont nous avons parlé au sujet des listes de diffusion :

La plupart de ces sites permettant d’accéder à des dépouillements librement consultables sont référencés sur Geneactes.

2/ Les données issues des recherches des particuliers ou de groupes de bénévoles

C’est sans doute une des grandes richesses d’Internet pour les généalogistes. La très grande majorité des fournisseurs d’accès mettent à la disposition des internautes quelques Mégaoctets sur leurs serveurs afin qu’ils puissent publier sur Internet leurs « pages persos ». Cette possibilité est de plus en plus utilisée par les généalogistes internautes et nous y reviendrons dans la dernière partie de cet exposé consacrée à la publication sur Internet.

Néanmoins, arrêtons-nous un instant sur la richesse que l’on peut trouver sur ces arbres en ligne personnels.

A partir d’un simple moteur de recherche généraliste comme Google, il suffit de taper son nom pour trouver très rapidement des sites personnels consacrés à des généalogies où ce nom apparaît. Parfois, pour éliminer bon nombre de sites sans réel rapport avec les recherches généalogiques, il suffit de taper plusieurs mots comme un patronyme + une commune ou un patronyme + le mot « généalogie » et l’on est souvent agréablement surpris par le résultat.

Je voudrais vous proposer 2 exemples vécus lors de mes recherches personnelles.

Sur l’une de mes branches, originaire de l’Eure-et-Loir, je souhaitais savoir si une sœur de mon ancêtre, Louis Adolphe LEVEQUE, nommée Marie Thérèse Pélagie LEVEQUE, qui avait épousé un Gasparin Eugène POYAU au milieu du 19ème siècle, avait eu une descendance.

Exemple Google

Au delà des arbres généalogiques personnels, on découvre parfois des trésors. Une autre de mes branches est originaire de la région de Palaiseau dans l’Essonne, de la commune de Champlan.

Exemple Google

Champlan + dépouillement = http://perso.wanadoo.fr/g.alhinc/Champlan/

Ces 2 exemples sont du vécus !

Mais vous serez sans doute surpris que je ne vous ai pas encore parlé de GeneaNet... Il est temps d’y venir.

www.geneanet.org

Pour bien comprendre GeneaNet, il est important d’en connaître la genèse.

L’histoire de GeneaNet a démarré en 1995, presque en même temps qu’Internet. Un jeune étudiant en informatique, Jérôme Abela, commence alors sa généalogie et rejoint un groupe de discussion sur Internet. Il s’amuse alors à étudier une longue liste éclair pour y chercher d’éventuels ancêtres. Il arrive au bout de la liste sans avoir trouvé la trace d’un nom connu mais se promet de ne plus recommencer ayant trouvé la tache fastidieuse. Il créé alors un petit site qu’il nomme « Liste des patronymes de France » qu’il est possible de mettre à jour à partir d’un simple e-mail contenant sa liste éclair. Lorsque l’on envoie sa liste éclair sur son site, on obtient en retour la liste des internautes qui disposent des mêmes patronymes dans leur liste !

C’est alors la rencontre avec Jacques Le Marois qui a eu une idée similaire et tous deux mettent à profit leurs compétences généalogiques et informatiques pour créer GeneaNet sur la base du travail initial de Jérôme. La suite, vous la connaissez, GeneaNet grandit pour devenir 8 ans après un site incontournable et je le dis sans fausse modestie ou pudeur n’étant pas à l’origine de cette idée géniale et n’ayant rejoint GeneaNet qu’il y a 2 ans après en avoir été un utilisateur assidu. Entre temps, une société a été créée pour permettre la pérennité du projet puisque qu’avec 500 000 visiteurs chaque mois, vous imaginez bien qu’il faut des ressources aussi bien humaines que techniques pour faire tourner le site.

L’objectif de GeneaNet reste néanmoins le même depuis sa création et est affiché en exergue en haut de sa page d’accueil : il s’agit de donner accès à toutes les données généalogiques existantes dans le monde, accessibles ou non sur Internet, gratuites ou payantes, afin de rendre la pratique de la généalogie accessible à tous.

Concrètement, une recherche sur GeneaNet consiste à taper un patronyme, une commune ou un couple patronyme / commune pour interroger la base GeneaNet qui n’est autre qu’une « mega-base » de listes éclair où des centaines de milliers de généalogistes sont venus déposer la leur. Le résultat d’une recherche sur GeneaNet vous indique quel autre généalogiste a, dans sa liste éclair, tel patronyme ou telle commune ou l’association de tel patronyme avec telle commune. Plus nous spécifions des critères de recheche, plus nous trouvons des informations pertinentes.

Prenons l’exemple d’une recherche par département sur GeneaNet. Sélectionnons tout d’abord l’onglet de recherche par pays, la France est sélectionnée par défaut puisque le site a reconnu que nous consultions de France (j’en profite pour vous rappeler que GeneaNet est accessible en français mais également en 7 autres langues). Notre notion de département n’existant pas dans tous les pays du monde, nous la retrouvons ici sous l’appellation « sous-région ».

Recherche sur LARDY en Saône-&-Loire Sélection de l’identifiant gbusseu -> affichage de sa page Contact – Explication des infos de la page contact en insistant sur l’importance de donner de bonnes infos et en rassurant l’auditoire sur la présence de l’adresse e-mail.

Nous reviendrons dans la dernière partie de notre exposé sur les arbres en ligne lorsque nous parlerons de la publication.

Le célèbre FranceGenWeb vous propose l’astucieux CousinsGenWeb dont il faut dire un mot ici. http://www.francegenweb.org/cgw/ CousinsGenWeb se décline en autant de sites qu’il existe de départements français.

Sur chacun de ces sites, chaque généalogiste est invité à envoyer sa liste éclair (patronymes + communes). A partir de ces listes éclairs, vous pouvez consulter à partir de chaque commune la liste des patronymes étudiés et le nom de chaque généalogiste correspondant.

Mais les particuliers, regroupés ou non en associations, effectuent également un travail remarquable dans la mise à disposition de tous de données « historiques ».

Le même FranceGenWeb.org nous permet d’accéder à différentes bases de données mises à jour par des bénévoles de façon contributives parmi lesquelles :

  • NotairesGenWeb, recensement des notaires de France
  • MemorialGenWeb, relevés des noms sur les monuments aux morts
  • MairesGenWeb, recensement des maires de France

Arrêtons-nous également un instant sur le célèbre site des Médaillés de Saint-Hélène. http://www.stehelene.org/

Les médaillés de Sainte-Hélène sont les 405 000 soldats encore vivants en 1857 qui ont combattu aux côtés de Napoléon Ier pendant les guerres de 1792 à 1815. Près de 40 % de ces soldats ont été identifiés grâce à un travail de bénévoles et plus de 155 000 fiches de médaillés sont déjà présent dans cette base.

Recherche sur le patronyme MAYRAN

Cette base est un exemple parmi tant d’autres de ce que des généalogistes passionnés et bénévoles peuvent partager sur le Net pour l’intérêt public.

3/ Les données généalogiques issues des pouvoirs publics

Si les associations commencent à diffuser plus largement sur Internet leurs données (après un processus de décision interne souvent long et souvent sous la pression des adhérents), c’est, nous venons de le voir, les particuliers qui donnent le la de la diffusion sur Internet. Et les pouvoirs publics ?

Il faut le reconnaître, ce n’est pas encore une priorité de nos élus ou de leurs administrations à quelques notables exceptions près.

Est-ce un manque de moyen ? Un manque d’intérêt ? Un peu des 2 sans doute. Le mouvement semble néanmoins lancé mais à quelle vitesse ???…

Mais là encore, arrêtons-nous davantage sur ce qui marche et qui a fait ses preuves.

Tout généalogiste internaute rêve aujourd’hui d’avoir des ancêtres en Mayenne. http://www.lamayenne.fr/?SectionId=107 En effet, Joël Surcouf, le directeur des Archives Départementales de la Mayenne à Laval, fait figure de pionnier et a pris une sacrée longueur d’avance sur ses collègues des autres départements. Dès 1996, les Archives commencent la numérisation de l’ensemble de l’Etat-Civil de la Mayenne et ouvre leur accès sur Internet en 2002. Aujourd’hui, ce sont des centaines de visiteurs par jour qui consultent 40 actes en moyenne. Depuis quelques jours, il est également possible de consulter les listes nominatives de recensement jusqu’au recensement de 1903 !

Démo : Recherche des parents des parents de Perrine BARON. Son acte de mariage que nous possédions, le 20/05/1813 à Chailland, nous donne sa date de naissance : 12/01/1786 dans la même commune. Il ne reste plus qu’à aller consulter cet acte pour obtenir les noms de ses père et mère - Pierre BARON et Magdelaine BLOT. On y apprend au passage que son père était voiturier.

La Savoie propose également la consultation de son Etat-Civil sur Internet… mais avec un abonnement payant. Citons pour mémoire la Ville de Rennes, le département des Yvelines ou encore de la Vendée qui, suivant l’exemple de la Mayenne, ont ouvert leurs archives aux internautes.

Autre exemple notable connu de tous : le site Mémoire des Hommes http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Lancé par le Secrétariat d’Etat aux Anciens Combattants, ce sont actuellement les fiches individuelles des 2 millions de morts pour la France de la Première Guerre Mondiale ainsi que les Morts Pour la France de l’Afrique du Nord entre 1952 et 1962 qui sont consultables en ligne. D’autres bases suivront comme la très attendue Garde impériale de Napoléon… en espérant que ce site gardera son accès ouvert à tous gratuitement…