Second inventaire du chateau de Paulhac
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INVENTAIRE DU CHATEAU APRES LE DECES DE JACQUES DE BREZONS.
Des progrès réalisés, entre 1604 et 1635, dans l'ameublement et les approvisionnements du château.
L'inventaire de 1635 n'énumère guère plus de lits, d'armoires et de sièges que celui de 1604.
Mais les lits sont proprement décorés.
Quelques « cabinets d'Allemagne » ornent les chambres.
Dans les coffres abondent linceuls, nappes, collets et serviettes.
Dans un seul de ces coffres à linge les notaires inventorient quatre-vingt linceuls de toile bons ou mauvais, plus deux douzaines de serviettes de coutil presque neuves, plus cinq douzaines de serviettes de lin presque neuves, plus six douzaines de serviettes communes, plus six nappes fines, plus une grande nappe fine, plus quatre nappes communes, plus une pièce de serviettes fines de lin tirant vingt-trois aulnes.. .
Plus ladite dame a déclaré avoir chez le tisserand du fil de chanvre commun pour « faire cinquante aulnes de serviettes et dix-huit aulnes de nappes » .
Une femme, nommée Marguerite, est, du reste, attachée au château en qualité de lingère.
Toutes les pièces y compris la chapelle (car le château a maintenant sa chapelle) sont tendues de tapisseries.
Dans cette chapelle se voient « un tableau où on a peint un crucifix » et « deux petits tableaux de peinture ayans leurs cadres de bois ».
Un coffre qui s'y trouve contient des nappes et des serviettes fines, des aubes, des surplis de toile fine garnis de dentelle, deux chasubles « de taffetas à fleurs à fond blanc et vert », avec « les étoles et les manipules de messe ».
Le mobilier de la chapelle comprend en outre deux chandeliers et un bénitier de verre de Venise, un missel avec son carreau, deux « boites à serrer hosties » un calice d'argent avec sa patène, etc.
Après avoir énuméré, dans la cuisine, trois douzaines de plats et trois douzaines d'assiettes d'étain de Paris, trente plats et trente assiettes d'étain commun et trois grands bassins d'étain « à laver les mains », les notaires inventorient quatorze cuillères, six fourchettes et deux écuelles d'argent, l'une ayant son couvercle, « lesquelles ladite dame a dit lui avoir été « données par ledit seigneur défunt ».
Ailleurs, ils trouveront une croix d'argent, une tasse d'argent doré avec sa boîte et sa gondole de même façon, et un petit coquemar d'argent.
Après l’argenterie, les bijoux, car, dans un cabinet d'Allemagne à onze tiroirs, et près d'une armoire contenant sa bibliothèque « quarante-deux livres tant de dévotion que aultres, grands ou petits », Gilberte de St Aignan tenait serrés de nombreux bijoux et d'autres objets de valeur .
Parmi ces objets et ces bijoux: le portrait en miniature de feu M. de la Gastine, son père, une « montre de chambre sonnante de cuivre doré, des chaînes de cristal ou de pierres de couleur, des reliquaires, un agnus d'or et de perles, des boutons d'or fin, trois bagues « de diamant fin » et une « d'or esmaillée », des pendants d'oreille de diamant et rubis, des « cordes de perles », des chapelets de laiton doré, une cuillère de nacre de paille garnie d'argent.
Avec cela, quelques aunes de dentelle d'argent et de galon d'or et d'argent.
Dans la garde-robe : Un pourpoint et hauts de chausses de satin noir, ledit pourpoint doublé de satin rouge.
Un habit noir, le pourpoint de tabis tailladé avec dentelles et les chausses de satin, un habit de serge grise, le pourpoint doublé de taffetas orangé, un aultre habit, le pourpoint de gros de Naples moucheté et les hauts de chausses de drap d'Espagne, y ayant un petit passemant d'or et d'argent. Un autre habit, hauts de chausses et pourpoint d'escarlate .
Un autre habit, le pourpoint de peau, tailladé à ondes et les hauts de chausses d'escarlate. Un manteau de drap d'Espagne vert brun doublé de panne verte, ayant à l'entour d'icelluy dix passements d'or et d'argent.
Un manteau noir de satin doublé de panne. Un autre manteau de drap d'Espagne noir doublé aussi de panne.
Un vieux collet de buffle en broderie d'or et d'argent. Une mandille d'escarlate rouge ayant à l'ouverture d'icelle des boutons et passements d'or. Un habit noir de velours à Fleurs à la vieille mode.
Trois paires de hauts de chausses, l'une de Satin vert, l'autre de drap d'Espagne noir et l'autre de petite serge noire.
Un vieil habit de satin noir à la poulonnoise, une robe de chambre garnie de petits boutons, etc...
Jacques de Brezons était, comme on voit, un gentilhomme « brave » et bien accoutré, et qui devait mener large vie en son château de Paulhac, riche - comme il ressort de la fin de cet inventaire - en approvisionnements de toute sorte .
Dans les greniers au-dessus des tours pendent, le long des poutres, jambons, saucisses et autres salaisons.
Dans la « première cave » sont alignés vingt-cinq tonneaux assis sur leurs plumards. Dans la seconde, on en compte sept. Un réduit voûté, proche « la grand' porte » du château abrite six fourmes du Cantal et huit grands « burres ».
Les greniers dessus des écuries regorgent de froment, d'avoine, seigle, le tout provenant des « cens, dixmes et rentes « dues à la seigneurie de Paulhac ».
Dans les écuries cinq chevaux avec leur harnachement, et deux poulains plus deux mules portant litière de ladite dame, ladite litière recouverte de cuir et garnie intérieurement de velours vert avec les rideaux de même.
Dans la boulangerie, deux grandes mayes à pétrir, plus un « grand chaudron à faire lessive ».
Dans le cuvage, un pressoir et sept cuves.
Dans la grange proche le château, environ trente charretées de foin et quatre de paille .
Une fois dressé l'état du mobilier, les notaires procédèrent, comme avaient fait leurs prédécesseurs en 1604, à l'inventaire des titres et papiers.
Des papiers, quittances, transactions, obligations, contrats de mariage et testaments, contrats d'acquisition, de vente, de limites de terres et de justices, terriers des cens, rentes, droits et devoirs des seigneuries de Paulhac, Saint-Hérem, Balsac et Rioumartin - il en traînait un peu partout, au château.
Mais, dans un cabinet voûté, dit « le trésor », étaient conservés les plus précieux .
On comptait, parmi ces documents, l'acte de fondation, en 1472, par Rauffet Il de Balsac, sénéchal de Nîmes et de Beaucaire, de quatre vicairies dans l'église cathédrale de Brioude, le droit de présentation à ces vicairies étant réservé aux seigneurs de Paulhac, qui l'exercèrent jusqu'à la Révolution….






