Famille Stackler

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STACKLER

Une très ancienne famille du Tyrol

dont les formes primitives sont, indistinctement, orthographiées :

STACKHLER / STÄKKELER / STAGGLER / STACKL / STÖCKL

L'étymologie de ce surnom provient du vieil haut-allemand stachilla, c'est-à-dire : zugespitzter Stab / bâton dont l'une des extrémités est taillée en pointe.En dialecte tyrolien, il est appelé le Stackl.

Origines

Le premier cité, autour de 1190, est Enricus Stokelinus, à Bozen / Bolzano, localité toute proche de Meran / Merano, alors capitale du Tyrol établie sur le versant italien de la voie romaine qui, passant par le Col du Brenner, dans les Alpes Centrales, relie Innsbruck à l'Italie du Nord et Venise.

Puis, le second cité, en 1266, est Herr Stokelinus de Materei - aujourd'hui Matrei-am-Brenner - sur le versant tyrolien de cette même voie romaine, la vallée de Wipp.

D'autres suivent : Wernher Staechel en 1307, Peter des Staechellers / Stagglers en 1369, Hans Stakeler / Stäkkeler en 1401 ... dans la vallée du Stubai, importante vallée glaciaire aux versants réguliers tapissés de mélèzes, affluente de celle de Wipp.

En 1432, à la demande de Frédéric IV de Habsbourg dit "à la bourse plate", est achevé le premier Recensement des habitants de la vallée du Stubai, dans lequel figure la famille Stackler. Un second recensement intervient en 1775, sous le règne de l'impératrice Marie Thérèse de Habsbourg, mentionnant toujours les Stackler qui se perpétuent de nos jours, dans cette même vallée et ses alentours.

Aujourd'hui encore, on dénombre une vingtaine de noms attestés dans cette vallée en

1432, puis en 1775 et toujours représentés : Egger, Ferchl, Kindl, Nocker, Ragg, Zorn ...

Lieux éponymes

La Charte de Meinhard II, comte de Görtz Tyrol (1258+1295) mentionne, dès 1288, le Schwaighof ze Stekkel, importante cour fermière d'élevage de bétail,construite à près de 1.600 mètres d'altitude dans cette même vallée du Stubai.

Il n'en reste aujourd'hui qu'un important alpage, le Stöcklenalm, attesté depuis 1765.

Une autre édification, sans doute postérieure, située en aval à environ 1.200 mètres d'altitude, le Stacklerhof, est divisée en Oberen- et Unteren-Stacklerhof, vers l'an 1600.

L'augmentation du nombre des habitants de cet ensemble conduit à un morcellement supplémentaire en 1627.

En ce début de XXI ème siècle, ce lieu est un hameau appelé Stackler où s'élèvent une douzaine de maisons et un hôtel, à l'enseigne du Stacklerhof.

Ce hameau fait partie de la commune de Neustift-im-Stubaital, la seconde commune la plus importante du Tyrol en termes de superficie, distante de 25 kilomètres d'Innsbruck, capitale de la province. Dans les Pays antérieurs autrichiens, en Haute Alsace :

Le premier mentionné, à ce jour, dans les actes alsaciens, se nomme, comme le premier du nom connu au Tyrol, Henri Stackhler. Il est Prévôt de Battenheim.

L'appartenance du village de Battenheim aux Habsbourg est rappelée dans ses armoiries : "de gueules à la fasce d'argent (qui est Habsbourg), au fer de cheval d'or brochant sur le tout".

Sous les lys, l'Armorial Général de France les enregistrera ainsi modifiées : "d'argent à un fer de cheval de sable".

Henri meurt le 21 janvier 1646 à Ensisheim, siège de la Régence autrichienne.

Sa descendance, toujours représentée, conserve la charge de Prévôt de Battenheim jusqu'à la Révolution de 1789 et reste, longtemps, essentiellement implantée aux environs de ce village.

Elle est archétypique, dans un temps situé entre le Traité de Westphalie et la fin des institutions de l'Ancien Régime, d'un milieu social alsacien dont les alliances successives forment un groupe homogène se transmettant, de père en fils ou d'oncle à neveu, les fonctions locales de pouvoir et de justice. Au XIXème et au XXème siècle, de nombreux descendants assument cette hérédité en exerçant des fonctions édilitaires.

La lignée des Prévôts de Battenheim :

Henri laisse deux fils survivants :

  1. Samuel, Prévôt de Battenheim,
  1. Michel, son cadet, qui épouse, vers 1640/1645, Elisabeth Enderlin / Enderler-in.

Parmi les enfants de Michel :

  1. Madlen épouse, vers 1670, Jean Conrad Hoffmann', Prévôt de Rumerheim-le-haut.

Dans leur descendance, signalons, au quatrième degré : Victor Schoelcher (1804 + 1893, inhumé au Panthéon, à Paris en 1949). Sous-Secrétaire d'Etat au Ministère de la Marine du gouvernement provisoire de la République, il présente, le 27-4-1848, le décret portant abolition de l'esclavage dans les colonies françaises. Sous la III ème République, il sera nommé Sénateur inamovible.

  1. Samuel II épouse Marie Madeleine Schütz-in. En 1674, il est Receveur du péage de Cernay. Cette fonction consistait à percevoir les taxes exigées des personnes et des biens transitant par la ville de Cernay pour le compte de cette dernière.

Parmi les petits-enfants de Michel : Christophe III a notamment deux enfants :

  1. Jean Michel, Garde général de la forêt royale de la Harth, de la Maîtrise des Eaux et Forêts d'Ensisheim, qui épouse, en 1732, Marie Anne Reymann, fille du Prévôt de Munchhouse.
  1. Anne Marie qui épouse, en 1720 à Feldkirch, Richard Pfulb (°1682 +1761). Elle meurt en 1734. Sa pierre tombale est toujours conservée au cimetière de Feldkirch. (Thiébaut Walter - Alsatia superior sepulta) Sa fille Marguerite P. épouse, en 1742 à Feldkirch, son cousin issu de germain François André Ernst, Prévôt de Feldkirch.

Né vers 1615, Samuel épouse, vers 1640, Elisabeth Schrott / Schrotter-in, peut-être la fille de Jacques, Prévôt de Wittenheim. Succédant à son père comme Prévôt de Battenheim, il apparaît, dès 1659 - grâce aux registres de la paroisse voisine de Sausheim plus anciens que ceux de celle de Battenheim qui sont conservés à partir de 1731 seulement, et encore très lacunaires jusqu'en 1770 - comme un personnage important, souvent sollicité pour être parrain lors de baptêmes ou témoin lors de mariages.

En juillet 1662, il figure dans une correspondance échangée entre Mulhouse et Battenheim au sujet du moulin de Modenheim, tenu par Jean Ulrich Reinhard (Archives de la Ville de Mulhouse). L'inventaire de sa succession est rédigé en juin 1699. Le partage est réalisé entre ses cinq enfants survivants :

  1. Anne Marie qui épouse, en1664, Jean Ottmar Brodhag, Prévôt d'Ottmarsheim
  1. Christophe, Prévôt de Battenheim
  1. Barthélemy, Conseiller de Battenheim
  1. Jean Henri, né en1645 à Ensisheim, qui épouse Marie Cléophée Ampringer-in
  1. Marie Christine qui épouse, en 1696 à Zillisheim, Jean François Rossé, originaire d'Altmunsterol / Montreux-Vieux et Prévôt de Zillisheim.

En sa qualité d'aîné, Christophe, qui possède alors la charge de Lieutenant des Chasses du Roi, fait enregistrer en 1697 les armes de sa famille : " de sinople au lion d'or lampassé de gueules " sous le registre Brisack de la Généralité d'Alsace, dans l'Armorial Général de France dressé par Charles d'Hozier sur l'ordre du roi Louis XIV.

Le document original attestant l'enregistrement du blason est toujours conservé dans les archives familiales.

Son nom est orthographié Stacker dans ce manuscrit qui est l'armorial français le plus ancien traitant de la Province d'Alsace. De telles erreurs de transcription par l'administration française des noms à consonance germanique y sont, d'ailleurs, si nombreuses qu'elles feront l'objet d'un ouvrage rectificatif, publié au XIXème siècle.

Succédant à son père, en 1698, comme Prévôt de Battenheim, Christophe prête volontiers de l'argent. Avec son frère Barthélemy, il figure, en 1700, parmi les créanciers des frères Jacques et Michel Mensch, de Ruelisheim dont la dette contractée, afin d'acquérir une ferme à Ruelisheim, s'élève à plus de 2.000 livres bâloises. (BERGHA 66) En 1702, il représente la communauté villageoise lors de la rédaction d'un bail emphytéotique portant sur un pré situé près du moulin de Battenheim dont le locataire est le meunier Georges Dietsch (BERGHA 50).

A Battenheim, il possède plusieurs propriétés dont celle qu'il habite : "zuem Leüwen", maison d'habitation avec grange, étable et dépendances, estimée 2.600 livres bâloises. A Rixheim, une autre propriété lui appartient également, avec maison d'habitation, grange, pressoir, jardin et dépendances estimée 2.000 livres bâloises, ainsi qu'une maison "située au milieu de la ville d'Ensisheim", vendue pour 900 livres bâloises.

Christophe meurt le 25 octobre 1708, à Rixheim.

Il laisse cinq enfants de son premier mariage avec Veronica Ebel / Ebelin, fille de Jean, Prévôt de Hirtzfelden, parmi lesquels :

  1. Christophe II qui, succédant à son père, en 1708, comme Prévôt de Battenheim, habite également la propriété "zuem Lewen". Sans postérité de son mariage en 1708, avec Marie Barbara Schoof, fille du Bailli de Rixheim et belle-soeur du Prévôt de Rumersheim, ils fondent ensemble des anniversaires et testent en faveur de l'église de Battenheim. Christophe II meurt en 1732.
  1. Imier, ainsi prénommé en l'honneur du saint auquel l'église de Battenheim est dédiée, ordonné prêtre en 1710, curé de Bergholtz, Oderen et Hésingue où il décède en 1746. (Kammerer, Répertoire du Clergé d'Alsace)
  1. Anne Marie qui épouse François Hertzog, Prévôt de Bartenheim.

et cinq autres enfants de son second mariage, le 12 juin 1691 à Habsheim, avec Anne Marie Abbt-in, soeur de Jean-Baptiste, Prévôt et Juge d'Ensisheim, Conseiller du Roi,Greffier de Habsheim et du Baillage de Landser, marié à Anne Marie Weissrock - elle-même fille du Prévôt d'Ensisheim, et alliée à la famille, de robe, de Schwilgué - dont :

  1. François Antoine, Jésuite depuis 1712, et Procureur au Collège des Jésuites, à Strasbourg, en 1743.
  1. Marie Anne qui épouse, en 1719 à Herrlisheim, Jean-Jacques de Brobèque / Brotbecker, issu d'une famille de robe de Turckheim.
  1. François Joseph qui épouse, en 1719, Salomé Eckhenschwiller-in. Puis, succédant à son frère, en 1732, comme Prévôt de Battenheim, il se remarie, en 1733 à Baldersheim, avec Francisca Tritsch-in. A cette occasion, son nom est orthographié Stagler. Il meurt en 1741.

L'une de ses trois filles, Marie Anne, épouse Béat-Jacob Muller, Prévôt de Bartenheim.

Barthélemy épouse, le 26 avril 1678 à Flachslanden, Marie Salomé Burner-in, fille et petite-fille du Prévôt de Flachslanden.

Parmi leurs six enfants survivants :

  1. Marie Cléophée' épouse Jean Georges Libs / Lipps de Sausheim.
  1. Jean Henri II épouse, en 1706, Elisabeth, soeur de Jean Georges L. Il meurt en 1743.
  1. François Antoine II, né en 1696, ordonné prêtre en 1720, chapelain de Steinbrunn-le-haut, curé de Hegenheim y décède en 1730. (Kammerer, opus cit. )

A cette époque, la branche puînée, fondée par Barthélemy, devient l'aînée subsistante. Elle le demeure aujourd'hui.

Parmi les quatre enfants survivants de Jean Henri II :

  1. Jean Imier épouse, en 1728, Marguerite Christen de Balschwiller.

Il devient Prévôt de Balschwiller. Veuf, il épouse, en 1751, Eve Beck-in.

  1. Jean Henri III, Prévôt de Battenheim est l'auteur de la branche aînée.
  1. François Antoine III, Prévôt de Meyenheim est l'auteur de la branche cadette...

Jean Henri III (°ca 1715 +1790) succédant au cousin germain de son père, en 1741, comme Prévôt de Battenheim, épouse, en 1742 à Ottmarsheim, sa cousine issue de germain Catherine Brodhag-in, fille de François Joseph, Prévôt d'Ottmarsheim et d'Anne Catherine Ebel-in, petite-fille, nièce et soeur du Prévôt d'Hirtzfelden.

Ils ont quatre enfants survivants :

  1. François Joseph II (°1745 +1815) figure sur la liste des miliciables, en 1766. Le scribe précise, sans doute pour tenter une exemption de service, qu'âgé de 21 ans, il tient l'un des plus grands labourages de la commune. Il meurt sans alliance.
  1. Jean-Baptiste (°1746 +1793) auteur du rameau aîné dit de Benfeld, quitte Battenheim pour aller s'installer en Basse Alsace, à Benfeld où il épouse, en 1773, Anne Marie Muller, veuve de Mathias Bootz, Maître de la Poste aux chevaux de Benfeld, fils du Prévôt de Rossfeld.

Par ce mariage, Jean-Baptiste hérite cet important relais, situé sur la route de Strasbourg à Bâle. Reconstruit en 1742, il peut abriter jusqu'à 28 chevaux de relais et 8 de diligence et reste en fonction jusqu'à l'utilisation de la ligne de chemin de fer Strasbourg - Bâle, terminée en 1841. La descendance de Jean-Baptiste le conserve jusqu'à son arrière-petit-fils qui le vend, vers 1882, à un parent, Constant Andlauer de Kogenheim.

Exploitant en même temps un grand train de culture, Jean-Baptiste est une personnalité locale et l'un des plus gros propriétaires fonciers de l'arrondissement. Il est également directeur du dépôt de tabac de Benfeld. Il laisse six enfants.(Nouveau Dictionnaire de Biographie Alsacienne)

  1. François Xavier (°1751 +1814) est l'auteur du rameau puîné dit de Battenheim. Adjoint puis, succédant à son père comme dernier Prévôt de Battenheim, il est également Maître de la poste aux chevaux de Battenheim. Il devient Maire de Battenheim, après la suppression de cette charge lors de la Révolution. Son épouse Marie Anne Heinrich de Wettolsheim est la soeur de Jean Jacques H., Dominicain, déporté durant la Révolution, et de Marie Félicité Rose H., Dominicaine au couvent d'Unterlinden à Colmar, expulsée en 1792.
  1. Catherine épouse, en 1782, Jean Sohler de Sausheim, Docteur en médecine.

François Antoine III (°1719 +1789) auteur de la branche cadette dite de Rouen, Prévôt de Meyenheim, Conseiller du Roi et son Procureur en la Prévôté royale d'Ensisheim, épouse, en 1748 à Soultz, Marie Agathe Richard-in, fille du Prévôt de Bollwiller et de Marie Elisabeth Schmidt / Schmidlin dont le portrait de la mère, Elisabeth Meich (°1668 +1750), est conservé au musée d'Unterlinden, à Colmar.

Il laisse trois enfants survivants :

  1. Marie Anne Rosine (°1750 +1808) épouse de Louis Vaillant, Conseiller Secrétaire du Roi, Maison et Couronne de France de la Chancellerie établie près le Conseil Souverain d'Alsace et Procureur fiscal du Val d'Orbay.
  1. François Antoine IV, né en 1752, fréquente le Collège royal de Colmar avant d'entrer au Séminaire de Porrentruy (Jura suisse). Ordonné prêtre en 1777, il est nommé Chapelain de Saint Wolfgang, à Orschwihr en 1783. Sa famille obtient pour lui, et contre son gré, le bénéfice de la cure fort lucrative de Neuve-Eglise, dans le Val de Villé. En 1791, il refuse de prêter le serment constitutionnel. En 1793, il émigre à Vitznau, dans le canton suisse de Lucerne. Le 24-12-1795, il rentre dans sa paroisse. Dénoncé au Directoire de Strasbourg, ce dernier décide de l'arrêter. Transféré à Strasbourg, cité devant le Tribunal criminel du Bas-Rhin, il refuse de renier sa foi : son arrêt de mort est prononcé. Le 3-2-1796, il est guillotiné sur l'échafaud dressé Place d'Armes. Son frère arrive à la hâte avec un ordre de déportation pour la Suisse, hélas trop tard.

De nombreux livres sont consacrés à sa biographie. (N.D.B.A. opus cit.)

  1. François André (°1759 +1855) épouse, en 1786 à Colmar, Henriette de Reiset, fille du Conseiller du Roi, Subdélégué de l'Intendant d'Alsace et Grand-Bailli d'Ensisheim et de Marie Thérèse Carré de Beaudoin. Reçu Avocat au Conseil Souverain d'Alsace (1782) après des études de droit à Strasbourg, il obtient la charge de Bailli de Schoppenwihr, puis de Greffier de la Ville et Bailliage de Ribeauvillé où il s'établit. Premier Maire de Ribeauvillé en 1790, puis de 1792 à 1793. Il crée une manufacture de siamoises à Sainte-Marie-aux-Mines à partir de 1795 qui devient la plus importante de cette cité sous l'Empire, employant jusqu'à 300 ouvriers. Conseiller Général du Haut-Rhin durant la première Restauration, il est confirmé pendant les Cent-Jours et à nouveau, lors de la seconde Restauration. Juge de paix à Sainte-Marie-aux-Mines, puis à Colmar, il est nommé Juge au Tribunal d'instance de Colmar, en 1823. Conseiller à la Cour royale de Colmar en 1834, il conserve cette fonction à titre honorifique jusqu'en 1849. Décoré de l'Ordre du Lys. (N.D.B.A. opus cit.)

Lors de la Révolution de 1789,l'orthographe du nom est fixée sous sa forme actuelle : Stackler.

Plusieurs personnages émigrent "pour se soustraire aux violences du parti révolutionnaire", tels François Joseph, de Zimmersheim, réfugié en Suisse avec son épouse Catherine Berger et leurs jeunes enfants ou Antoine, de Baldenheim.

Au XIX ème siècle :

de la branche aînée,

rameau aîné dit de Benfeld, issu de Jean-Baptiste

  1. François Joseph III (°1778 +1821) épouse, en 1808, sa cousine au 4ème degré Marie Henriette Heimburger, fille du Procureur fiscal de Sierentz, Membre du District d'Altkirch (1790) puis, le premier Juge de paix du canton de Landser. (1791)
   Veuf, il épouse, en 1813 à Matzenheim, sa cousine au 5ème degré, Marie Adélaïde Rohmer, fille du Maire de Matzenheim et de Marie Anne Herrenberger, issue d'une famille alliée, pendant quatre siècles, aux oligarchies des villes de Basse Alsace où elle s'est illustrée, et soeur de Louis R. Maire de Benfeld (1830-1831), puis Capitaine Commandant de la Garde nationale de Benfeld (1831).
   Ayant pris la succession de son père comme Maître de poste et directeur du dépôt de tabac de Benfeld, et malgré les édits de la Terreur qui ont aboli les privilèges dont bénéficiaient les Maîtres de poste, sa fortune est évaluée à 50.000 F en 1807, ainsi que 45 ha de terres dont une grande partie plantée en tabac.
   En 1828, sa veuve reçoit, dans son relais, le Roi Charles X, lors de sa visite en Alsace. (N.D.B.A. opus cit.)
 # Sa soeur, Anne Marie Elisabeth (°1785 +1855) épouse, en 1806, son cousin germain François Joseph Bootz, Maire de Rossfeld, fils et petit-fils du Prévôt de Rossfeld.
 # Son autre soeur, Marie Antoinette (°1788 +1811) épouse, en 1808, François Xavier Riegert, Maire de Benfeld (1831-1840).
 # Son fils cadet, Jean-Baptiste II (1816 +1881) est Conseiller municipal de Benfeld (1845-1867) et Conseiller Général du Bas-Rhin (1861-1867). Membre de la Société des Sciences, Agriculture et Arts de la Basse Alsace depuis 1862, du Comité de l'Instruction publique et du Comité de Bienfaisance, directeur du dépôt de tabac à la suite de son père et de son grand-père, il est le dernier Maître de la Poste aux chevaux de Benfeld et un agronome distingué qui compte parmi les plus grands propriétaires terriens de l'Arrondissement de Sélestat. (N.D.B.A.opus cit.)
 # Son unique petit-fils, Charles Joseph (°1843 +1914) ayant perdu son père à sa naissance, s'engage, à dix-sept ans, et participe aux campagnes d'Afrique et du Mexique et reçoit la Médaille du Mexique à vingt ans. Sur les instances de son oncle Charles Hecht, négociant en laine à Sedan, il quitte l'Alsace et vient s'installer dans cette ville. Durant la guerre de 1870, capitaine, à vingt-sept ans, d'un bataillon de mobiles crée par lui-même, il est fait prisonnier mais, s'évade. A la fin des hostilités, il fonde une manufacture de draperie et deviendra l'une des figures les plus écoutées de la draperie sedanaise. Maire de Sedan (1896-1903), Président de la Chambre de Commerce. Chevalier de la Légion d'Honneur à titre militaire (1872). (N.D.B.A.opus cit.)
   Une avenue de Sedan perpétue, aujourd'hui, le nom de Stackler.
   du rameau puîné dit de Battenheim, issu de François Xavier
 # François Xavier II (°1779 +1863) habite le Moulin, à Battenheim.
 # Son fils, Xavier (°1817 +1859) après des études secondaires à Colmar, puis à Strasbourg, est reçu Docteur en médecine en 1841. Il va perfectionner ses connaissances à Paris, puis s'établit à Mulhouse à la fin de1842. Membre de la Société médicale du Haut-Rhin en avril 1843. Médecin-chef de l'Hôpital civil de Mulhouse, son nom deviendra synonyme de droiture et de bonté auprès des humbles.
   (N.D.B.A.opus cit.)
 # Son petit-fils, Henri (°1852 +1945) sera également Docteur en médecine.
   Réfugié avec sa mère à Paris lors de l'Annexion, il y fait ses études. Reçu Interne des Hôpitaux de Paris, il devient Membre de la Société anatomique et de la Société clinique. Il consacre sa vie à effectuer des travaux dans le domaine de la recherche médicale sur les produits antiseptiques solubles et laisse des ouvrages sur ce même sujet. (N.D.B.A.opus cit.)
   A la fin de la Première Guerre, il retourne en Alsace pour épouser Cécile Laugel, soeur de l'homme politique et mécène Anselme Laugel (°1851 +1928). (N.D.B.A.opus cit.)
 # Joseph Henri (°1783 +1864) épouse, en 1809, sa cousine issue de germain Marie Anne Heinrich de Gueberschwihr. Très estimé par ses contemporains, il est le dernier Maître de la poste aux chevaux de Battenheim, Maire de Battenheim, Conseiller Général du Haut-Rhin, Chevalier de la Légion d'Honneur, Décoré de la Médaille de Sainte Hélène. En 1846, son seul fils survivant, Jean-Baptiste, meurt sans alliance. Joseph Henri liquide ses affaires et vit retiré du monde. (N.D.B.A. opus cit.)
 # Sa fille, Anne Marie (°1820 +1897) épouse, en 1846, Jean-Baptiste Rudolf (°1823 +1893), Maire de Battenheim (1881-1893), Conseiller Général du Haut-Rhin et Membre du Landesausschuss (1874-1891). (N.D.B.A.opus cit.)
 # Son petit-fils, Henri Joseph R. (°1847 +1935) épouse, en 1876, sa double cousine germaine Marthe R., fille de Jean Louis et de Marie Anne Louise Stackler, soeur d'Anne Marie. Conseiller municipal d'Ensisheim, Conseiller Général du Haut-Rhin (1891-1934), Vice-Président du Conseil Général du Haut-Rhin à plusieurs reprises, Membre fondateur du Landwirtschaftsrat d'Alsace - Lorraine et du Landwirtschaftsrat de l'Empire allemand, Chevalier de la Légion d'Honneur. (N.D.B.A.opus cit.)
 # Sa petite-fille, Iphigénie R. épouse, en 1872, Jean-Baptiste Fleurent (°1837 +1903), issu d'une famille bisontine installée à Colmar depuis 1760. Il succède à Camille Schlumberger comme Maire de Colmar, en1896. C'est l'une des figures de proue du parti catholique local. Bibliophile de renom, il laisse une importante collection d'alsatiques. (N.D.B.A.opus cit.)
 # Marie Thérèse, veuve d'André Pfulb de Feldkirch, épouse, en 1826 à Meyenheim, Auguste Amédée Delaville (°1788 +1868), Maire de Meyenheim, Conseiller Général du Haut-Rhin (1833-36, 1845-52), Chevalier de la Légion d'Honneur, fils de Jean-Baptiste D. Juge de paix. (Annuaire de la Sté d'Histoire de la Hardt et du Ried No 14, 2001, N.D.B.A.opus cit.)
 # Ernest (°1857 +1927) fils de Charles Henri et de Christine Eschbach, s'établit à Paris et devient Inspecteur des Services électriques à la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans (P.O), l'une des grandes compagnies privées de l'époque. Il invente un système électrique d'émission de signaux d'annonce destiné à équiper les voies uniques: implanté dans les gares et aux passages à niveau et qui a pour fonction principale d'annoncer le départ d'un train de l'une ou l'autre des gares encadrantes. Ce système prend le nom de relais Stackler et reste en fonction bien au-delà de la fusion des réseaux qui constituent la S.N.C.F.
   de la branche cadette dite de Rouen, issue de François André
 # Marie Félicité Henriette (°1787 +1874) âgée d'à peine 10 ans, assiste à la décapitation de son oncle, Place d'Armes. Elle épouse, en 1811, son cousin au 3ème degré Jean Chrysostome Louis, baron de Muller (°1774 +1851), fils du Commandant de la place de Lauterbourg guillotiné à Colmar en 1794 et d'Anne Marie Pauline de Rosières. Régisseur général des vivres de l'Armée impériale (1813), Maire de Sainte-Marie-aux-Mines (1816), puis de Colmar (1817-1830), Président du Conseil Général du Haut-Rhin (1827-1830), Officier de la Légion d'Honneur, Chevalier de Saint Louis, Chevalier de l'Ordre de Léopold d'Autriche.
 # Thomas André (°1789 +1848) a pour parrain Thomas Pitt, Lord Camelford, baron de Boconnoc, petit-fils et neveu des ministres anglais. Il épouse, en 1825, sa cousine germaine Marie Anne Marchand de la Martellière, fille de Laurent Marchand, baron de la Martellière, Intendant militaire de l'Hôtel royal des Invalides (1820-1822), Commandeur de la Légion d'Honneur, Chevalier de Saint Louis, Chevalier de l'Ordre de Léopold d'Autriche, et nièce de Louis Auguste Marchand, général baron de Plauzonne, tué à la Bataille de la Moskowa (1812). Thomas André seconde son père dans l'entreprise de siamoises de Sainte-Marie-aux-Mines jusqu'à la liquidation de cet établissement en 1819. Puis, sur les instances de son oncle Jacques de Reiset, alors Receveur général des finances du département de la Seine Inférieure, il quitte l'Alsace et vient créer, en 1822, une importante manufacture d'indiennes près de Rouen, à Saint Aubin - Epinay, où il attire plusieurs chimistes-coloristes alsaciens, comme le Colmarien Edouard Gastard et les Mulhousiens Jean Gerber et Léonard Schwartz. (N.D.B.A. opus cit.)
 # Son fils unique, Henri André (°1828 +1891) est manufacturier comme son père. Poussé par ses convictions catholiques, il prend d'importantes initiatives charitables, soutient de multiples oeuvres, surtout religieuses : école libre, bibliothèque de prêt ... et finance une mutuelle ouvrière : la société philanthropique de Saint Aubin. Vice-Président du Syndicat des indienneurs de Rouen. Maire de Saint Aubin - Epinay (1851-1891)

Au XX ème siècle :

   de la branche aînée de Benfeld, installée à Sedan :
 # Jean Joseph, né en 1877, manufacturier, associé aux affaires de son père, meurt pour la France à Berry-en-Santerre le 17-9-1916. Croix de Guerre avec palmes (2-10-1914) 4 Citations, Chevalier de la Légion d'Honneur le 17-9-1916, agonisant sur la ligne de front.
 # Son fils aîné Ivan (°1905 +1978) représente la troisième génération de manufacturier.
   Après ses études secondaires à Sedan, il entre à l'Ecole Supérieure de filature et de tissage de Mulhouse d'où il sort ingénieur textile (promotion 1924) et rejoint l'affaire familiale Stackler et fils afin de poursuivre l'oeuvre industrielle.
   Avec Guy (°1906 +1974) son frère cadet, également ingénieur textile de Mulhouse (promotion 1925), Vice-président de la C.C.I. de Sedan, Chevalier de la Légion d'Honneur, ils développent des activités de filature de laine, tissage, teinture, apprêts et emploient jusqu'à 250 ouvriers.
   En 1973, son fils aîné Gilles (°1947) représentant de la quatrième génération, vient les seconder.
   Cependant, compte-tenu de l'évolution de la mode du prêt-à-porter féminin depuis l'après-guerre, Ivan décide d'arrêter la production et de procéder à la dissolution de l'entreprise par liquidation à l'amiable. Il reste encore 110 salariés.
   Maire-adjoint de Sedan (1941-1944), Vice-président de l'Union syndicale patronale industrielle du textile de France. Croix de Guerre, 1 citation.
   du rameau puîné de Battenheim :
 # Joseph (°1896 +1985) est le descendant au 4 ème degré du dernier Prévôt de Battenheim. Membre du Conseil municipal de Battenheim pendant 35 ans (1924 -1959), Maire de Battenheim, il est le dernier propriétaire-exploitant du moulin de Battenheim et d'un important train de culture de plus de 40 ha.
   de la branche cadette de Rouen :
 # Gustave (°1872 +1926) représente la troisième et dernière génération de manufacturiers de cette branche; l'entreprise disparaissant en 1906. Maire de Saint Aubin - Epinay (1919 -1926) Chevalier de l'Ordre de Léopold de Belgique.
 # Son fils René (°1900 +1984) est avoué à la Cour d'appel de Rouen. Maire de Saint Aubin - Epinay (1926 -1943), Maire de Rouen (1943 -1944), Maire de Saint Aubin (1947 -1965) A la demande du Cardinal Petit de Julleville, il prend la charge de Président diocésain de la Fédération Nationale de l'Action Catholique des Hommes (F.N.A.C.) pour le diocèse de Rouen pendant 17 ans dont 4 ans de Vice-présidence nationale.
   Chevalier de la Légion d'Honneur, Commandeur de l'Ordre de Saint Grégoire le Grand.
 # Sa fille cadette Anne (°1918) sans alliance, est Maire de Saint Aubin de1971 à 1989.

Hors de France

en Autriche

   Il reste, à notre époque, une dizaine de foyers porteurs du nom de STACKLER, essentiellement localisés dans la province du Tyrol.

en Allemagne

   La présence de STACKLER est attestée dès 1617, à Ulm avec le baptême de Gotthart STAEKLER, fils de Pierre. Peut-être en provenance de la vallée tyrolienne du Stubai ?
   Aujourd'hui, il subsiste, également dans ce pays, une dizaine de foyers, porteurs du patronyme STACKLER / STAECKLER appartenant, sans doute, à des lignées distinctes.

Une lignée a pour auteur Pierre STÄCKLER, né vers 1746, près d'Heidelberg.

Soulignons qu'une importante propriété a longtemps existé à Sinsheim, près d'Heidelberg également, dont il ne reste, aujourd'hui, que le souvenir perpétré par une rue et une station de tramway appelées : am Stackler.

Une autre lignée, dont l'auteur Hubert STACKLER aurait quitté Battenheim à l'époque révolutionnaire, est installée depuis le début du XIX ème siècle à Hanovre et à Leipzig. Aujourd'hui, on la trouve également à Berlin.

Au Canada

   dans la province du Québec, le Lac Stackler, proche de Saguenay - Lac Saint Jean, est ainsi appelé en mémoire de deux frères, originaires du Haut-Rhin mais non rattachés à ce jour.
   Successivement Supérieurs d'une Congrégation catholique missionnaire active dans cette contrée, ils sont morts à la fin du XIX ème siècle.

Source: CDHF - Centre Départemental d'Histoire des Familles du Haut Rhin